23/10/2004

Balibar + Ill Ease = deux bonnes soirées

Dans cette semaine chargée en escapades botaniques, les sirées se sont suivies sans se ressembler, c'est le moins que l'on puisse dire.

 

Mercredi, il y avait beaucoup plus de monde que prévu pour le duel bruxello-parisien Charline Rose - Jeanne Balibar. L'ex-comparse de l'ami Marc Dixon époque Fast Forward sur Canal +, accompagnée par un traditionnel trio guitare-basse-batterie consensuel et routinier, manquait de conviction dans ses interprétations, et finalement tout cela manquait d'étincelles et de passion. Peu servie il est vrai par des textes de Jacques Duvall (pourtant LA caution morale de l'album de la miss) d'une banalité assez confondante, la musique de Charline Rose n'a jamais réussi à véritablement décoller, à sa décharge, il n'est guère aisé de débuter une carrière scénique directement sur une grande scène comme celle de l'Orangerie. A revoir lorsque la formule aura pris plus de bouteille, donc...

Tout autre fut la prestation de Jeanne Balibar, accompgnée du Meteor Band de Monsieur Rodolphe Burger  himself. Autant comédienne que chanteuse sur scène, l’ex de Mathieu Almaric ne chante certes pas toujours juste (et c’est un euphémisme de le dire) mais sa décontraction, son sens de l’occupation de l’espace scénique et ses airs graves et touchants m’ont séduit. Mais finalement, la véritable star de la soirée était le toujours aussi génial Rodolphe Burger, guitariste libre et inspiré qui entoure les chansons de Jeanne d’un halo grandiose de mystère tragique et de grandeur héroïque. Et malgré quelques ratés de dimension, j’en suis ressorti avec l’impression tenace d’avoir participé à un grand moment de bonheur scénique.

 

Changement de décor radical hier soir, avec Ill Ease aka Elizabeth Sharp entourée pour l’occasion d’un excellent guitariste et d’un non moins bon bassiste. Jouant devant une vingtaine de personnes (à tout casser) au Witloof Bar du Botanique, les trois New Yorkais ont démontré que l’esprit des Pixies des débuts était toujours bien vivace. Adeptes d’une musique radicale pleine d’une sauvagerie furibarde, le trio US, tel un dragster lancé à toute allure, a livré un set sans concessions, dans une tension perceptible, chaque morceau balançant entre sortie de route fracassante et décollage inopiné. Hormis sur un titre bien peu convaincant où Elizabeth Sharp a abandonné sa batterie pour simplement chanter (problème de balance ?), la prestation courte mais pantagruélique d’Ill Ease a prouvé que la liberté de ton permet bien des miracles sonores.





15:19 Écrit par Fab | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

bon week-end! ...

Écrit par : sodeva | 23/10/2004

Bon ouiquainde ! Et vive la musique ! Note que tout de même le jazz... Enfin, bon, mettons que je n'ai rien dit. A bientôt.

Écrit par : Ubu | 23/10/2004

Ubu Note bien que j'ai déjà fait une chronique d'un disque de jazz...
http://les-passions-de-fab.skynetblogs.be/?date=20040903&number=1&unit=months#581319
Et j'ai même acheté la semaine passée un vynil de Keith Jarrett et Jan Garbarek, tu vois tout espoir n'est pas perdu ;-)

Écrit par : Fab | 23/10/2004

Le plus officiel des sites non-officiels de Jeanne chanteuse ! Ben voilà, tout est dit. D'accord sur la magie de sa voix et des textes. Mais un peu trop fragile et hétérogène à mon goût, le concert du Bota. Rodolphe Burger est très (trop ?) présent au détriment de Jeanne elle-même qui tremble sur ses jambes. On comprend que le rapport au public doit être très différent du théâtre... Bon début, Jeanne !

Écrit par : Stannabis | 04/11/2004

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