24/10/2004

Clean de Olivier Assayas

Avec : Maggie Cheung, Nick Nolte, Béatrice Dalle, Jeanne Balibar
Scénario : Olivier Assayas, Nyle Cavazos Garcia
Durée : 1:50

Déjà réunis en 1996 dans le mystérieux et troublant 'Irma Vep', qui retraçait l'histoire du tournage mouvementé d'un remake des Vampires de Louis Feuillade (1915), Olivier Assayas et Maggie Cheung ont surpris tout leur monde en signant 'Clean', narration poignante d'une mère camée jusqu'à l'os qui essaie de récupérer son fils, seule porte de sortie d'une vie sous dépendance héroïnomane.

 

Emily (Maggie Cheung) et son mec Lee (James Johnston, un des Bad Seeds) débarquent un soir dans une petite ville sinistre du Canada, où Lee doit rencontrer un manager local qui doit le mettre en rapport avec des labels indépendants qui vont distribuer sa musique. Ce qui n’est visiblement pas du goût d’Emily, aux rêves de grandeur intacts sous les effets conjugués d’une passion destructrice et d’une toxicomanie incontrôlable. Et suite à une énième dispute, Emily laisse Lee seul dans sa chambre pour le découvrir mort d’une overdose le lendemain, ce qui va la conduire pour six mois en prison, et l’éloigner encore plus de son fils, confié pour de bon à la garde des parents de Lee, qui s’en sont occupé depuis sa naissance.

A sa sortie, Emily entreprend alors un long chemin vers la renaissance, en effectuant un retour aux sources à Paris, où son oncle exploite un resto chinois. C’est là qu’elle espère se débarrasser de ses problèmes pour pouvoir un jour retrouver ce fils qu’elle n’a pratiquement pas connu.

 

Alors qu’on aurait pu craindre chez Assayas un mélo au style froid et clinique, l’ex de Maggie Cheung prouve bien avec ce film qu’il est un des rares réalisateurs français d’envergure internationale, avec ses univers débordant largement des frontières étriquées d’une France hexagonale qui se regarde le nombril. Entouré d’acteurs de tout premier plan, dont le fantastique Nick Nolte en grand-père pétri d’humanité et de compassion, Olivier Assayas parvient, dans une seconde partie frissonnante d’intensité humaniste, à porter Emily dans une renaissance qu’aucun mot ne pourra jamais décrire. S’il n’y avait une deuxième demi-heure quelque peu cafouillée, ce serait là mon film de l’année.

 

A noter aussi au passage la B.O.F. de Brian Eno, et notamment la chanson du générique de fin, gracile et touchante.





22:33 Écrit par Fab | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Un bonsoir... Au détour d'un promenade nocturne...

Écrit par : Neige | 24/10/2004

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