29/11/2004

Tatu Tattoo!

La pluie crachait son amertume salace, les passants, hébétés par tant de misanthropie céleste, se réfugiaient sous leurs capes sombres qui se confondaient avec la grisaille du parc. Des jeunes blacks, peu sensibles à tous ces avatars, se disputaient un match de football dont semblait dépendre le sort de la planète, les rares promeneurs se hâtaient pour ne pas perturber la quiétude humide des arbres centenaires et Patrick rêvait d’acquérir ces 350 mètres carrés habitables à vendre sur le petit square qui bordait le parc.

 

Hésitant sur la marche à suivre, il finit par entamer la discussion avec un couple à l’allure toute bourgeoise, elle la quarantaine stylée, la démarche assurée et le regard aquilin, lui,  guère plus âgé, portait un complet sombre dont Patrick avait du mal à distinguer la nature exacte du coloris. D’humeur visible bavarde, le couple invita Patrick dans l’un de ces nombreux pubs grouillants d’expatriés venus se remémorer l’amertume des bières du pays.

 

D’une curiosité vagabonde, la femme demanda à Patrick la raison de sa promenade automnale et Patrick, qui pour une raison mystérieuse accordait un crédit inhabituel à des inconnus, lui confia qu’ayant participé à un de ces multiples jeux radiophoniques dont se gavaient les auditeurs des radios commerciales périphériques, il avait connu la joie de remporter une entrée à l’exposition sur les tatouages qui se tenait non loin de là. Bons princes, la femme et son compagnon, dont le physique lui rappelait un chanteur alsacien que Patrick devait avoir aimé dans sa prime jeunesse, firent mine de s’intéresser à la description de la momie, aux divers usages des instruments de tatouage et de la variété des cultes de la transformation du corps au travers des âges. Son monologue terminé, Patrick se proposa de servir de guide à ces compagnons d’une après-midi pluvieuse et, à sa plus grande surprise, ils convinrent de se retrouver le dimanche suivant. De retour dans son deux-pièces aux mansardes vermoulues, Patrick prit un livre et s’assoupit le cœur apaisé.

 

Tatu Tattoo!



22:21 Écrit par Fab | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Mix Night à la Raffinerie

Lu sur le blog de l'ami armatt, et je reprends l'info bien volontiers, la Mix Night avec plein de grands noms à l'affiche (même si les grands noms, je m'en tamponne un peu le coquillard, comme disait Michel).
 
Le plus intéressant dans l'histoire sera sans aucun doute la soirée organisée par les Dupont et Dupond modernes du label Carte Postale Records. Connaissant un peu leurs goûts, et ayant la chance d'être l'heureux possesseur de la compil' de leur label, je me réjouis d'avance d'y être pour m'encanailler de leurs fruits goûteux dignes des meilleures épiceries fines (armatt, tu m'arrêtes quand j'en fais trop lol).
 
Alors un seul mot : be there!


21:47 Écrit par Fab | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

28/11/2004

Joëlle Léandre et Gianni Lenoci - Sur Une Balançoire

Violoncelliste protéiforme aux horizons balançant entre la musique contemporaine avec plusieurs collaborations avec l'Ensemble Intercomporain ou John Cage) et le jazz le plus libre, la Française Joëlle Léandre enchaîne les collaborations tel un oiseau sautant de branche en branche, toujours au bord du déséquilibre mais en gardant un contrôle de soi des plus aériens.
 
Pour ce nouveau disque, elle collabore avecle pianiste italien Gianni Lenoci et les deux comparses, en prodigieux funambules de la haute voltige musicale, dévalent les cîmes stratosphériques de la liberté de créer, dans un élan de générosité despérément jubilatoire. Pour vous faire une idée, quelques extraits sontr écoutables ici.
 
Joëlle Léandre et Gianni Lenoci - Sur Une Balançoire (Ambiances Magnétiques)
 

13:56 Écrit par Fab | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

26/11/2004

Le premier album d'Arman Méliès

Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, voilà que les méandres du web me conduisent sur la piste de deux titres d’Arman Méliès dont je vous parlais justement dans le post précédent.

 

Extraits de son premier véritable album Néons Blancs & Asphaltine (qui succède au mini-album Le Long Train Lent & les Beaux Imbéciles), ces deux titres donnent un aperçu prometteur d’un nouveau talent dont on reparlera.

 

Alors pour les télécharger, suivez le guide

 

Arman Méliès - Néons Blancs & Asphaltine (Noise Digger/BizarreK7)



23:44 Écrit par Fab | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Nouveau 4 titres pour Berg Sans Nipple

Il est peu de dire que j'attends certains projets avec plus d'intérêt que d'autres, et l'annonce de la sortie d'un nouveau 4 titres du duo franco-américain Berg Sans Nipple fait partie de ces nouvelles que j’accueille toujours avec le plus large sourire.

Disponible sur le très bon petit label BizarreK7 (qui édite aussi l’excellent Arman Méliès), ce CD 4 titres, s’il s’inscrit dans la veine des travaux précédents du groupe, sera à n’en pas douter un nouveau phare dans une discographie jusqu’ici sans reproche.

 

Berg Sans Nipple – Life If (In Four Parts)  (BizarreK7)

 

En écoute, le titre 'a free...' d'un album précédent, 'form of...'


23:27 Écrit par Fab | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

24/11/2004

Quatre dimanches fantastiques, deuxième

Deuxième de nos quatre dimanches fantastiques, ce dernier rendez-vous de novembre accueillera les volutes disco-folk de Major Deluxe, et le plancher feuillu du Zebra vibrera des pas chassés des aficionados, qui sauteront gaiement au-dessus de la barrière en songeant à leur héros de conjoint. Voilà qui promet !

 

Rendez-vous ce dimanche 28 à 19h au Zebra, Place Saint-Géry 33-35 à 1000 Bruxelles


19:14 Écrit par Fab | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Shunatao - Tribute To

Prenez une bonne dose d’encre noire, mettez au milieu un gros pétard pirate qui balance des fléchettes multicolores dans tous les sens, remixez le tout à la façon d’un Desproges se moquant de son propre cancer, et vous obtiendrez Shunatao, invraisemblable cocktail de folk destroy, de gravité dépareillée, de reggae passé au miroir déformant de Madame Irma, et le pire, c’est que c’est tellement bien foutu qu’on ne peut y résister. Tel des apprentis Tom Waits se tordant de rire dans leur cuve à whisky, les Palois goguenards nous envoient à la gueule les malheurs du monde et nous sommes assez cruels pour nous marrer avec eux, même que j’en entends certains dans le fond près du radiateur qui en redemandent.

Revisitant leurs cinq premiers albums de fond en comble dans ce faux best-of aux allures de conte des mille et une cuites, Shunatao saute du grand plongeoir tout habillé, fait un énorme splash et balance madame la comtesse à la flotte avec ses bijoux, et le poivrot qui sommeille en nous se roule par terre, se reprend une bière et tant pis pour madame la comtesse.

 

Des extraits ? Mais oui bien sûr, ici

 

Shunatao – ‘Tribute To’ (Aminata Records)



18:09 Écrit par Fab | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

22/11/2004

Wibutee - Playmachine

Allons, allons, un peu de tonus que diable, ne me dites pas que vous passez votre temps vautré dans le canapé à vous repasser en boucle la trente-deuxième saison du Jardin Extraordinaire. Comment ça, si? Allez, on vire ces paquets de chips qui traînent par terre, au bac la collec' du courrier des lecteurs du Vlan, du balai les pubs pour le Carrefour, on se bouge les fesses et on se met fissa Wibutee et sa Playmachine. Alors ça va mieux non? Et si on enchaînait avec un petit Jaga Jazzist derrière, histoire de rester dans le ton de cet album grandiosement foutraque et jouissivement bordélique.

 

Album écoutable en streaming sur le site du groupe.

 

Wibutee – Playmachine (Jazzland)




22:07 Écrit par Fab | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

21/11/2004

Nobody Knows de Kore-eda Hirokazu

NOBODY KNOWS (DAREMO SHIRANAI) (Japon - 2003)
réalisé par Kore-eda Hirokazu
Avec
Yagira Yuuya, Kitaura Ayu, Kimura Hiei, Shimizu Momoko, YOU

Vous êtes adeptes des jeux les plus gores, la vue d'un mec qui se fait découper à la tronçonneuse vous met dans un état d'excitation orgasmique? Alors, courez voir 'Nobody Knows'. Oh, vous n'y verrez aucune violence gratuite, pas plus que de la baston à la petite semaine, il se peut que même que la vue de ces images belles et tendres vous fassent ressortir votre urticaire par tous les pores, vous vous demanderez même sûrement cxe que vous êtes venu faire en plein trip zen métaphysique mais à l'arrivée, vous serez bien obligé de constater que le film de Kore-eda Hirokazu vous aura glacé le sang et aura fait parcourir le long de votre échine, blasée par tant de bassesses de série B, un frisson terriblement humain.
 
Vous n'aimez pas le gore et la violence gratuite? Et bien raison de plus pour vous précipiter dans les salles et vous laisser porter par la vague terriblement humaniste qui porte ce film, constat amer, mais en dehors de tout cynisme, sur une société qui laisse quatre enfants végéter dans leur appartement, abandonnés à leur sort par une mère ayant visiblement perdu tout sens des responsabilités maternelles. Décalage saissisant entre une beauté formelle onirique et un contenu chaumardesque, 'Nobody Knows' démontre avec éclat que la violence au cinéma n'est pas une question d'hémoglobine au mètre cube ou de rafales à la seconde, mais que la dure réalité du mond est à nos portes chaque jour, et que derrière les façades des immeubles peuplant notre quotidien peuvent se jouer des drames invisibles et insoupçonnés. Maîtrisant un sujet qui aurait pu tomber dans le mielleux pleurnichard ou le froid constat clinique, Kore-eda Hirokazu, et les quatre enfants au centre du film (dont le plus âgé, Yagira Yuuya, prix d'interprétation masculine) nous font paser 2h20 d'une incroyable, mais effroyable, humanité.

14:28 Écrit par Fab | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

20/11/2004

Et plein de bonnes choses pour 2005

Le numéro de décembre du RifRaf, c'est un peu comme le sapin de Noël, mais en mieux parce qu'on y trouve chaque année le Top 10 de chaque rédacteur.
Voici la sélection de l'oncle Fab (sans ordre de préférence) pour cette excellente année 2004, et j'ai vraiment eu du mal à me limiter à 10 albums.
 
Sonic Youth - Sonic Nurse (Geffen)
Olivier Andu - Jumet-Cotonou (NPKPC/Bang!)
Animal Collective - Sung Tongs (FatCat Records)
Rickie Lee Jones - The Evening Of My Best Days (V2)
Shannon Wright - Over The Sun (Vicious Circle) + On Stage
Zeena Parkins & Ikue Mori - Phantom Orchard (Mego)
Laura Veirs - Carbon Glacier (Bella Union/Bang!) + On Stage
DAAU - The Gurnard Goodness (Pias) 
Parrondo - Parrondo (Soundstation)
Iron & Wine - Our Endless Numbered Days (Sub Pop)

15:19 Écrit par Fab | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |