14/02/2005

Julie Doiron - Goodnight Nobody

Ah si j’avais encore dix ans, je choisirais Julie Doiron comme tante, nous jouerions ensemble dans la neige de novembre (Snowfalls In November, quelle douceur élégiaque pour nos oreilles tellement blasées), j’apprendrais à jouer de la guitare sur ses genoux, elle me chanterait ses douces ritournelles un peu tristes de sa voix fragile en équilibre instable sur un fil de soie et ses copains Herman Düne passeraient nous dire bonjour, et dans nos vieux micros vintage nous parlerions de la nuit qui vient de passer (Last Night, elle me tenait dans ses bras et j’ai pleuré de joie). Sans se prendre la tête, sa délicieuse voix fragile en tête de pont, Tante Julie nous referait le coup des comptines lo-fi que les Herman Düne affectionnent tant et nos cœurs d’artichaut bien serré battraient la chamade, et que nos sales pieds aillent se faire doucher quand le disque aura poussé son dernier souffle (Dirty Feet, ou la douceur d’un bain langoureux faite femme).

 

Femme discrète, auteur de plusieurs albums passés presque inaperçus (notamment le terrible Heart And Crime, et sa délicieuse Sending The Photographs), dont une collaboration avec Okkervil River où elle n’est pas passée inaperçue, Julie Doiron entre avec ce Goodnight Nobody définitvement dans le cercle très fermé des chanteuses à la délicate voix troublante et côtoie désormais Cat Power ou Tara Jane O’Neil au panthéon des artistes féminines à l’épure dramatiquement aérienne. Aidée en cela par les toujours aussi fabuleux frangins Herman Düne, Julie Doiron nous promet des lendemains empreints d’amitié sincère et désintéressée, et rien que pour cela, sa démarche sensible et personnelle qui touche les tréfonds de notre humanité profonde devrait lui valoir une statue pour services rendus à la cause humaniste.

 

Julie Doiron – Goodnight Nobody (Vicious Circle)


18:33 Écrit par Fab | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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