28/02/2005

Thalia Zedek – Trust Not Those In Whom Without Some Touch Of Madness

Les quelques rares lecteurs attentifs de ce blog l’ont sans doute déjà remarqué, les voix féminines me touchent particulièrement. De Keren Ann à Julie Doiron en passant par Gustav ou Juana Molina, la déclamation poétique au féminin me renvoie à des images de confort douillet dans les bras d’une jolie princesse à la guitare sensible. Les psys le confirmeraient peut-être, le fait d’avoir été élevé dans un milieu où les mère et grands-mères tenaient une place prépondérante, surtout après le décès de mon père quand j’avais 13 ans, doit y être pour plus que quelque chose.

 

De douceur féminine, il n’en est pourtant guère question chez Thalia Zedek. De sa voix rauque mi-masculine mi-féminine, usée sans doute par des années de tabagisme intensif, la chanteuse de la côte Est n’est pas du genre à caresser les joues des mâles qui ne demandent que ça. A l’instar d’une Marianne Faithful (mais qui aurait enfin décidé de faire autre chose que du glamour pour papier glacé), Thalia Zedek joue sur la noirceur d’un timbre frémissant, à la beauté certes pas immédiate mais dont la profondeur abyssale donne des frissons dans le dos. Magistralement accompagnée par David Michael Curry au violon splendidement grinçant et Daniel Coughlin au jeu de batterie puissant et subtil, Thalia Zedek prouve par son ascétisme dépouillé qu’il n’est nul besoin de déclamer des mièvreries bleuettes à la Maximilian Hecker pour toucher en plein cœur quand on a sa sincérité artistique. Et même si nous pouvons regretter un certain manque de contraste entre les morceaux, il serait bien dommage de passer à côté de l’univers poétiquement inquiet de cette grande dame de l’underground américain. Et dire que récemment dans magic, ils écrivaient que Thalia Zedek était obligée de bosser dans une pizzeria de Boston pour vivre. Pauvre monde…

 

Quelques extraits sont en écoute ici.

 

Thalia Zedek – Trust Not Those In Whom Without Some Touch Of Madness (Thrill Jockey)


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Supersilent à Bruxelles + EP de Iron & Wine

Sans détours, quelques infos glanées ça et là.

 

Iron & Wine et son EP six titres Woman King sont en écoute sur le site du label Boomkat, les amateurs de Gravenhurst et autres Bonnie Prince Billy vont apprécier.

 

Grande nouvelle pour las aficionados de Jaga Jazzist et autres Motorpsycho, les Norvégiens de Supersilent débarquent à Bruxelles vendredi 11 mars (au VCA, rue Veeweyde à Anderlecht, métro Saint-Guidon). Pour découvrir le sens de l’impro de l’exceptionnel Helge Sten, du fantastique trompettiste Arve Henriksen et de leurs petits camarades, je sacrifierais toute ma collection de 45 tours vintage, c’est dire ! Plus d’infos sur le site du VK.


20:01 Écrit par Fab | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

27/02/2005

John Hudak & Stephan Mathieu - Pieces of Winter

En ces jours propices à la découverte joyeuse du ski de fond, une découverte album grâce au précieux site Octopus, le split album de John Hudak et Stephan Mathieu (artiste allemand dont je vous avais déjà parlé ici pour son album On Tape). Bien curieux d’entendre ce que ça donne sur un album entier.

 

La chronique du site Octopus.

 

John Hudak & Stephan Mathieu – Pieces Of Winter (Sirr.ecords)




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26/02/2005

Tim Hardin - Biographie d'un talent gâché

Victime de l’héro, cette salope, artiste aussi essentiel que méconnu du grand public, Tim Hardin (1941-1980) fait partie de ces songwriters maudits de leur vivant et encore adulés aujourd’hui (il suffit de voir le nombre qui le citent comme référence) et ça lui fait une belle jambe. Tel Fred Neil dont il reprenait Blues On The Ceiling sur le formidable This Is Tim Hardin, album initial aux marques indélébiles de blues et de folk. Enregistré à l’origine en 1963, mais sorti en 1967 seulement, ce disque à la profondeur d’âme sans égal est de ces œuvres qui devraient être inscrites au patrimoine mondial de l’humanité, tant son empreinte sur ceux qui ont eu la chance de l’écouter est sincère et durable.

 

Originaire de l’Oregon, Hardin s’installa sur la Côte Est au début des sixties et il y fit la connaissance du producteur Erik Jacobsen, qui lui fit enregistrer des démos pour Columbia. Jugées insuffisantes à l’époque, certaines d’entre elles allaient néanmoins se retrouver quelques années plus tard sur Tim Hardin IV et This Is Tim Hardin, bizarre vous avez dit bizarre. Après cette collaboration infructueuse, Tim Hardin partit s’installer en 1965 à Los Angeles et il y épousa l’actrice Susan Yardley. Il y signa un contrat sur le label Verve Forecast et un premier album mélangeant ses premières démos et de nouvelles chansons. Après la naissance de son fils Damion en 1967, il enregistra un deuxième album (contenant les célèbres Reason To Believe et If I Were A Carpenter), ce dernier titre repris par Bobby Darin devint même un énorme succès (tout comme la reprise de Reason To Believe par le pénible Rod Stewart). Hélas pour lui, Tim Hardin ne parvint jamais à profiter du hit de Darin et, au contraire, il développa un sens aigu de la maladresse, annulant des concerts plus souvent qu’à son tour ou bien montait sur scène alors qu’il n’était pas, et c’est un euphémisme, en état de le faire. Après de multiples déménagements (Hawaï, San Francisco, Colorada), il se fit lourder par Erik Jacobsen et c’est grâce à son nouveau manager Steve Paul qu’il put enregistrer Tim Hardin III, un album live avec des musiciens de jazz. Ce live connut un certain succès et son contrat avec Verve terminé, Columbia repointa le bout de son nez et il enregistra Suite For Susan Moore (d’après sa femme Susan) dans des conditions hallucinantes. Hardin avait placé dans toutes les pièces de sa maison des micros et, enregistrant dans à la maison quand bon lui semblait, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, au gré de son inspiration fantaisiste, il lui arrivait d’enregistrer dix secondes d’un titre et d’y revenir des semaines plus tard après un flash d’héroïne ou d’alcool. De plus en plus accro, Hardin vit Susan quitter leur foyer de Woodstock et emmena Damion à LA, et son inspiration s’en ressentit nettement. Il sortit encore pour Columbia Bird On A Wire et Painted Head et il signa pour le label GM, propriété du manager de Rod Stewart, Billy Gaff. De retour de Londres où il vécut quelque temps (comme toxico, il pouvait s’y procurer gratuitement de la méthadone), Tim Hardin retourna à Los Angeles où il retourna habiter près de l’école de son fils Damion. Même s’il avait pris beaucoup de poids, sa voix demeurait toujours aussi forte et son ami d’enfance le persuada d’enregistrer un documentaire télé et un concert, qui allait déboucher sur l’album live Homecoming Concert. Il retrouva aussi à Erik Jacobsen pour une ultime collaboration mais, l’héroïne ayant une fois de plus repris le dessus, il succomba d’une overdose le 29 décembre 1980. Il avait à peine 39 ans

 

De sa profonde voix mystérieuse, Tim Hardin avait le don de faire frémir et vingt-cinq ans après son décès, son aura a franchi les limites des amateurs de folk et de blues pour en faire une des icônes majeures du songwriting moderne.

 

Discographie disponible ici.

 

Sources : Brian Mathieson et The Rough Guide To Rock


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25/02/2005

Au rayon frais

Au rayon concerts, la maison est heureuse de vous annoncer la participation exceptionnelle des réputés commis de cuisine suivants.

Dans la catégorie barbecue à la fraîcheur émouvante, mademoiselle Laura Veirs déploiera ses recettes intimistes le 13 mars au Botanique.

Dans la catégorie salade acidulée à la bave de gentille sorcière, mademoiselle Joanna Newsom refera une apparition à l’Ancienne Belgique le 9 avril dans le cadre d’une nuit consacrée à son label Drag City.

Dans la catégorie pique-nique autour du feu de camp, messieurs les frères Herman Düne passeront raviver la flamme le 16 avril à la MJ Le Gui (festival Dictapop)

Et bien sûr un bon appétit.

14:55 Écrit par Fab | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

24/02/2005

Austin Lace - Easy To Cook

La révolution n’était pas en marche ce jour-là et il flottait dans l’air un parfum léger comme une brise printanière. Des fenêtres des immeubles environnants s’échappaient les échos des Beach Boys, les culottes courtes et les T-shirts à fleurs sculptaient les corps, trop heureux de redécouvrir l’atmosphère délétère de la ville en goguette. Loin de leur Nivelles natal, les Austin Lace avaient sorti les guitares pour compter fleurette aux jeunes filles échappées du pensionnat, les coquines, elles venaient même de s’échanger la dernière cassette des Byrds, et en dépit d’une ou deux approximations bien compréhensibles (Hush-Hush), elles entamèrent en chœur un Come On, Come On, Come On digne des plus belles heures du flower power, c’est vous dire comme la bonne humeur régnait en maître. Débusquant au coin d’un bois un air entre le Mercure et le Rêve (Accidentally Yours), pourchassant les abeilles de leur filet au reflet orangé (Kill The Bee), naîveté toutes voiles dehors, Fabrice et ses calligraphes de la pop étaient heureux, et les sourires angéliques de leur public d’un après-midi en témooignaient à satiété. Un moment de pure détente pop.

 

Austin Lace – Easy To Cook (62TV Records)


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Phoenix - Live! Thirty Days Ago

Adeptes d’une pop exubérante à en faire rougir Badly Drawn Boy, les Frenchies de Phoenix sortent un live 10 titres enregistré, mais oui, en Scandinavie, avec au programme les désormais incontournables Everything Is Everything ou If I Ever Feel Better, rien que du très connu donc. Les fans transis des Versaillais en rêvaient, leurs détracteurs les plus farouches le craignaient, et ils l’ont fait. Reste à attendre un successeur au deuxième album Alphabetical.

Phoenix – Live! Thirty Days Ago (Virgin)


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23/02/2005

Berntholer - Merry Lines In The Sky

A l’écoute distraite d’une webradio à la programmation féminine résolument sensible (Le Mans, Françoise Hardy, Denise James, et bien d’autres), le flux tendu se dégageant d’enceintes aux qualités sonores peu avantageuses a déversé en un instant magique le merveilleux My Suitor des oubliés (hélas !) Berntholer, groupe belge cold-wave (à l’image de ce qui se faisait sur le cultissime label Crammed Discs) du début des années 80 qui était lui signé sur le minuscule label Blue Feather. Bonne nouvelle pour tous ceux qui n’ont jamais eu l’occasion de découvrir la chanteuse d’origine albanaise Drita Kotaji, et ainsi réparer une des injustices les plus flagrantes d’une histoire musicale bien vacharde, une anthologie est désormais disponible. Vite, courons tous chez notre fromager préféré !

 

Pour les amateurs (nombreux, espérons-le), une chronique est disponible sur le site Popnews.

 

Berntholer – Merry Lines In The Sky (Les Temps Modernes)


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Marsen Jules - Herbstlaub

Dans des climats proches des frimats de la terre, et de la lente décrépitude des feuilles d’automne (Herbstlaub en allemand) Marsen Jules déploie ses boucles en un clin d’œil complice à Henryk Mikolaj Gorecki et sa Troisième Symphonie un jour magnifiée par la divine Dawn Upshaw (chez Nonesuch), et au passage, le musicien allemand aussi connu sous le nom de Martin Juhls (et actif dans les combos electro Falter et krill.minima et Falter) nous envoie rôder autour de la maison de Giya Kancheli, et inquiets par ces fenêtres à demi closes, ivres de froid et d’inquiétude, nous nous réfugions dans les boucles électro-symphoniques (où se glissent subrepticement ici un piano, là une harpe) de ce magicien de la cambrure rentrée qu’est Marsen Jules. A découvrir de toute urgence pour les amateurs de paysages glacés dont émergent à peine quelques buissons épars.

 

Marsen Jules – Herbstlaub (City Centres Offices /  Boomkat)



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22/02/2005

Primavera Sound à Barcelone (26-28 mai)

Qui sont les veinards qui risquent d’être de passage à Barcelone les 26, 27 et 28 mai ? Hein, dites-moi qui ? Parce que si vous passez par la Catalogne fin mai, sachez que je vous hais, bande de petits salopiots ;-)))) Parce qu’une affiche comme celle du Primavera Sound, c’est définitivement pas humain de faire ça à ceux qui n’auront pas la chance d’y aller. Et dire que pendant ce temps, Bibi va rester à Bruxelles, quelle honte. Franchement, American Music Club, Daniel Darc, Gang Of Four, Gravenhurst, Sonic Youth, Tortoise, et tout ça sur trois jours, ça devrait pas être interdit ? Un scandale moi, je vous dis. Mais qu’est-ce que je fous encore ici, je me le demande ?



22:04 Écrit par Fab | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |