05/04/2005

Rhâââ Lovely Festival, the day after

Niché aux confins de l’éloignement campagnard, le Rhâââ Lovely Festival a, cette année encore, réuni, les éléments les plus disparates et, en une journée sous un soleil printanier des plus caressants, ses visiteurs d’un jour ont pu se délecter des tendances les plus diverses d’une musique alternative qui ne sera jamais en panne d’inspiration.

 

En ce qui me concerne, j’ai débuté ma (longue) journée avec les Dunkerquois de Milgram  (annoncé comme un trio alors qu’ils étaient quatre sur scène). Proposant une power pop aux atmosphères fougueuses le plus souvent, Milgram a rempli sa mission plu que correctement malgré quelques égarements passagers. Entre l’énergie de Sonic Youth, l’obscurité de Mogwai et les climats de Low, les Nordistes font parie de ces formations dont il nous plaira de suivre le chemin.

 

Problème d’ordonnancement des séquences pour le Canadien Millimetrik, toujours une mauvaise idée de commencer son set par le morceau le plus dansant pour s’éloigner de plus en plus dans la lenteur electronica. Résultat des courses, un ennui certain.

 

Véritable révélation de ce festival malgré une technologie qui l’a laissé en rad en fin de set, le Bristolien Manyfingers (collaborateur de Matt Elliott), en véritable artisan de l’anarchie naturelle et du bordel organisé, a réussi un tour de force d’une majesté somptueuse et confidentielle. Superposant les boucles acoustiques (violoncelle, guitare, batterie) dans une simplicité débouchant sur des harmonies complexes et ouvragées, Manyfingers (aka Chris Cole) en véritable mélodiste de la nature multicolore fait jaillir des ruisseaux en un entrelacs scintillant.

 

Groupe dans la lignée de ce que le Magasin 4 a l’habitude d’offrir, Moutain Men Anonymous est le genre de groupe à faire passer les Bloc Party pour des missionnaires qui ont fait vœu de chasteté. Dans un radical mélange des genres (hardcore, punk, psyché, prog) qui n’exclut pas un certain côté dansant, la formation british est néanmoins un peu lassante sur la longueur.

 

Je ne sais pas si le jeune bavarois Squares on Both Sides avait enterré son perroquet le matin même, toujours est-il qu’il doit faire partie de ceux qui confondent sérieux et ennui, résultat au bout de dix minutes j’ai zappé (comme pour l’Islandais Stafraenn Hakon, du reste).

 

Absents depuis 22 (!) ans de la scène belge, les mythiques (le mot n’est pas trop fort) Durutti Column ont prouvé à tous les petits jeunots que la musique est avant tout une affaire d’envie et d’enthousiasme. Emmenés par un Vini Reilly à la maigreur effrayante mais au jeu de guitare toujours aussi somptueux, les anciens membres de la mythique (oui je sais, je me répète) structure Factory ont dévalisé les cœurs de rocker des heureux spectateurs présents. Et puis, rien que pour le génial batteur Bruce Mitchell, qui se marre en jouant comme un gosse qui frappe sur une caisse claire pour la première fois de sa vie, on ne regrette pas d’avoir fait le déplacement.

 

Explorant les rivages tourmentés de son génial Drinking Songs, Matt Elliott a fait vivre des moments précieux d’une musicalité rare, hélas sans ce petit plus qui aurait transformé ce bon moment en souvenir inoubliable. Peut-être manquait-il un vrai chanteur pour que les compositions subtiles de Matt Elliott éclosent de tout leur éclat. Et aussi pourquoi ce rappel drum’n bass totalement hors de propose en fin de set ?

 

En clôture du festival, la musique des Anglais de Hood n’a pu donner la pleine mesure de sa puissance dynamique, la faute sans doute à une acoustique capricieuse qui ne rendait pas justice à leur brio scénique.

 

En espérant une nouvelle édition l’an prochain…


17:02 Écrit par Fab | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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