21/04/2005

Domenico Solazzo - Remembrances

Artiste fécond de la vénéneuse intransigeance, Domenico Solazzo a pour heureuse habitude de ne pas faire dans la demi-mesure. Batteur du groupe hardcore Deaf Dialogue, le bougre n’en est pas moins ouvert à tous les genres musicaux, le musette faisant sans doute exception. Pour ce Remembrances aux atmosphères délicatement sombres, voire angoissées (mais dont le mixage n’est pas la qualité première), l’artiste bruxellois nous entraîne dans les territoires en friche de la mélodie feutrée, celle qui se glisse subrepticement dans notre cerveau gargarisé et ce parcours dans les méandres balafrés d’une soudaine noirceur étale au grand soir la vigueur poétique des maîtres obscurs de la cité perdue. Au mieux de sa forme lorsqu’il parvient à étaler ses climats pianistiques à l’étrangeté séduisante (l’intro Farewell, dans les eaux troubles de Mauricio Kagel, le faussement énervé Queen Song), Domenico Solazzo se lie également d’amitié avec la mélodie subtile (The Promise et ses aspirations nihilistes) même si la paresse a parfois tendance à montrer le bout de son nez (le début de The Love of Hate). A l’opposé des facilités de la pop sucrée qui ne fait du bien que le temps de l’écoute, la musique de Domenico Solazzo a l’urgence de la colère sourde et si son allure impolie (du verbe polir) peut parfois déplaire, son souvenir glacial réchauffe paradoxalement les âmes sensibles.

Domenico Solazzo – Remebrances (LAP Records/Mandai)



11:46 Écrit par Fab | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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