26/06/2005

Verdur Rock 2005 (Namur, Théâtre de Verdure)

Festival sympathique s’il en est, et qui plus est gratuit, le Verdur Rock organise chaque année un concours de jeunes talents qui vaut aux vainqueurs l’honneur d’ouvrir le festival de l’année suivante. Et cette année, bonne surprise puisque c’est la chanson française du duo pop electro-minimaliste Baum (soit Rodolphe Coster, ex-Flexa Lyndo, au chant et Laurent Grauwels à la guitare et aux bidouillages électro) qui a remporté le morceau. Signalons pour la bonne bouche, l’interview hallucinante (comme d’hab’) de Rodolphe qui a réussi à placer Bernard Lavilliers et Ludwig von 88 en guise de remerciements. Du très grand art !

 

Le festival proprement dit a débuté avec les Arlonais de Moon Invaders, qui ont envahi la scène sur le coup de 17 h 15, le ska jamaïcain sous le coude et la bonne humeur en guise d’alibi. Sympathique mais loin des confessions de l’essentielle altitude, la musique du combo déroule sous ses marinades gargantuesques la pseudo-gentillesse d’un propos policé, alors que nous l’aurions préféré polisson. Au septième morceau (où était-ce le sixième, ou le huitième ?), l’attention décroche et on se dit qu’ils feraient sans doute bonne figure à Couleur Café. Avec le grand déglingué qui danse presque aussi mal que moi, cela va sans dire.

 

Deuxième étape d’un parcours en dents de scie, les vétérans new-yorkais de Girls Against Boys ont balancé une sacrée claque à un public resté étrangement amorphe et endormi. La positive attitude sans doute, faut arrêter d’écouter Pleymo et Kyo les gars. Dans un style qui rappelle un Mark E. Smith presque sobre qui jonglerait avec Thurston Moore, le quatuor a balancé sa basse lourde et ses mélodies noirâtres à la gueule des jeunes pseudo-rebelles venus fêter la fin des exams, ils m’ont donné une envie soudaine de balancer des gnons dans la tronche et, éventuellement, d’assassiner ma belle-mère. Un seul mot, respect, la vingtaine de kids qui pogotaient comme des sauvages, coups de coude dans la gueule et déboîtements d’épaule inclus, savent de quoi je parle.

 

Passons sur la pénible human beatbox des Autrichiens de Bauchklang, insupportable au-delà de deux morceaux et sur les toujours aussi sages Girls In Hawaii (à quand une mise en danger et un supplément d’âme, merci pour nous) pour arriver aux délires electro-pop dansants des délurées Berlinoises de Chicks on Speed. Si d’autres dans le genre ocupent le créneau avec plus (Lesbians on Ecstasy) ou  moins (Peaches) de réussite, le trio a au moins une qualité, balancer des rythmes prometteurs de déhanchements grossiers, tout n’est pas de la première finesse et le public s’est bien marré. N’est-ce pas l’essentiel ?

 

Du côté de la tente Carte Postale Records, de (très) belles choses, mais comment aurions-nous pu en douter ? D’abord une découverte fondamentale, Humbert Utz (aka Jonathan Burnay), soit dix des plus intenses minutes de ma vie de festivalier, une déferlante de sons cristallins venue nous envelopper dans une verve sublim(inal)e et contagieuse. Et dire que le gaillard avait oublié son disque dur… Et que dire de Bidibop, le gaillard est maousse costaud quand il s’agit de développer des atmosphères cinématographiques d’une spatialité urgente, et quand il ose reprendre du Nirvana, c’est tout un univers d’horizons multiples qui s’ouvrent, et nous nous y sommes engouffrés avec une délectation même pas dissimulée. Du grand art, vraiment.

 

Humbert Utz – La Nature Est Plus Belle Encore

Humbert Utz – L’Emménagement


22:03 Écrit par Fab | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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