15/08/2005

Saint Etienne - Tales From Turnpike House

Un des albums de l'année, impossible de passer à côté de cette perle (chroniquée dans le RifRaf de juillet).

 

D’un mot, un seul, nous franchîmes le pas de la porte, la maison était accueillante et pimpante comme un sou neuf, chacun y vaquait à ses occupations, comme si de rien n’était, personne ne semblait nous prêter une quelconque attention malsaine, même les enfants étaient trop occupés à leurs comptines naïves (le second CD Up the Wooden Hills, ou Saint Etienne expliqué aux enfants). Un léger flottement, une odeur d’encens framboisé, un air de légèreté immuable enveloppait les murs de sa caresse wilsonienne (Sun In My Morning), nous nous sentions entourés d’amis, rien de mal ne pouvait lui arriver. Une bouteille de lait traînait, tendre vestige d’un petit déjeuner où les croissants n’avaient pas dû manquer, à la place de l’étiquette on avait apposé un collage d’un Neil Hannon flirtant sous les palmiers en plastique avec Kylie (Milk Bottle Symphony), somptueuse fadaise précieuse et indispensable que celle-là. Du recoin où un enfant avait abandonné nonchalamment un cartable trop lourd pour sa frêle carrure jaillissait un air electro-pop Orangina, rarement secousses furent aussi fraîches et savonnées (Lightning Strikes Twice, A Good Thing). Dans sa salle de bains pleine de mousse, Helena faisait guili-guili avec Katerine, et caché sous une serviette-éponge Casper se rinçait l’œil, et nous avec lui (Slow Down at the Castle, Side Streets). Jaloux, Brett Anderson commanda une pizza, fulminant tel un clone abandonné dans le laboratoire du professeur Wilson, il engloutit les quatre portions, et tant pis pour le mauvais sort (Last Orders dor Gary Stead), Kylie pouvait retourner admirer les étoiles sans lui (Stars Above Us). Une voix masculine caverneuse se crut hélas obligée de sermonner tout ce beau monde (Relocate), ses potes devaient trop lui manquer et il avait fini par se demander ce qu’il adviendrait de lui en si bonne compagnie. L’orage passé, un air instrumental (The Birdman of EC1), perdu quelque part sur Penny Lane, nous amena sur les traces d’un rap poppy au goût de thé à la menthe (Teenage Winter), l’hiver approchait et rarement nous étions-nous sentis si bien. La nuit tombée, notre sommeil décoré de champs a cappella nous plongea dans l’extase ultime (Good Night), celle d’avoir vécu un moment unique et magique. 

 

Saint Etienne - Tales From Turnpike House (Sanctuary Records)

 

Les extraits sont au format WMA (Une minute chacun)


22:10 Écrit par Fab | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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