11/09/2005

Un week-end de concerts

Un vendredi de septembre, de passage sur un nuage de Bonheur, cinq pétales de rose se sont venus se déposer sur le Petit Théâtre Mercelis d’Ixelles, et si aucun n’avait la senteur parfaite, chacun recelait un trésor que seul le cœur des hommes peut comprendre. Un petit aperçu en forme de florilège.

 

Qu’il soit à la kora ou à la guitare (ou les deux ensemble, ce qui est déjà beaucoup plus périlleux), Yann Tambour (frontman de Encre, ici sous le nom de Thee Stranded Horse) sait captiver une audience, les 150 spectateurs pourront en témoigner. Quand il se met au chant, par contre, ça se gâte quelque peu. Peu importe, ses arpèges ont atteint le cœur de la cible, l’âme des grands conteurs était dévoilée, c’était beau.

Duo franco (lui) – finlandais (elle) aux deux guitares folk, Mi and L’au a manqué de véritables chansons pour convaincre pleinement. En dépit de la superbe voix de le chanteuse (on n’en dira pas autant de celle de son compagnon), tout cela frisait trop le neurasthénique et pour tout dire, ça péchait par trop de monotonie blafarde.

Déjà remarqué au RhâââLovely, Manyfingers et ses boucles vicieusement efficaces a (enfin) bénéficié du soutien de sa quincaillerie électronique, résultat des morceaux prenants et efficaces à souhait. Une heureuse confirmation.

Troubadour aux frontières de l’autisme (elle pourrait jouer pendant des heures sans se soucier qu’on l’écoute), Josephine Foster est une immense artiste. Sous des airs de Joan Baez à la voix d’ocre, ses ritournelles folk haut perchées captivent et subliment la moindre parcelle d’abandon crépusculaire. Soufflé que je suis, carrément.

Décidément plus passionnant sur disque que sur scène, Matt Elliott avait pourtant bien commencé, tel un ange sorti de son sublime Drinking Songs. Les turpitudes drum’n bass n’en furent que plus irritantes.

 

Reprenant de plus belle le lendemain, ce week-end décidément très musical nous a valu une surprise à vrai dire totale. Flexa Lyndo, alias le meilleur groupe namurois du monde a livré ce samedi dans un ABClub bien fourni un set d’une intense efficacité rock, très habité et convaincant. Et si certains moments faisaient parfois penser aux pénibles Placebo, ces 45 minutes ont plus que donné l’envie d’écouter leur dernier disque, le (mal?) nommé Slow Club. L’ajout d’une touche féminine (la craquante Marie) n’y est pas pour rien non plus.

Juste deux mots à propos de The GoFind. Bof bof, si vous voyez ce que je veux dire. Deux bonnes chansons en trois quarts d’heure, c’est tout de même fort peu.

Tête d’affiche venue présenter son sixième album Set Free, American Analog Set est un groupe fabuleux. Alors que chez tant d’autres, leurs titres maîtrisés ne provoqueraient que sarcasmes et sourires forcés, nous avons eu droit au meilleur d’un combo au sommet de son art en demi-tons perlés. Du très grand art pour clôturer un week-end aux sonorités particulières.


21:31 Écrit par Fab | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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