06/11/2005

Luis Francisco Arena – Luis Francisco Arena

Le jeune homme, artiste dans l’âme, s’était déjà distingué en 2004 sur l’indispensable structure Another Record. Remarqué par le label parisien Fiat Lux, il se décida à ressortir son premier album folk, échappatoire sentimentale et réconfortante de son groupe noisy pop Headcases. Bien décidé à ne pas jouer sous le blaze de Pierre-Louis, il s’inventa un patronyme hispanisant, histoire de mieux brouiller les pistes d’une musique qui nous conduit tout droit sur les traces de Tim Buckley ou d’un autre nom à consonance espagnole, le Suédois Jose Gonzalez. De ses amitiés noisy, il avait cependant gardé l’essentiel, et c’est un vieux complice de Gâtechien, projet bien secoué sur Another Record que je vous recommande au passage, et de Headcases, le bassiste Laurent Paradot qui troqua sa basse pour les joies du violoncelle. De son chant écorché vif, Luis Francisco Arena faisait une arme à double tranchant, tantôt il irritait quand il s’entêtait à déambuler dans les tourments tempétueux d’une acuité discutable, tantôt il nous proposait des arrangements empruntés, pourquoi pas, au Gravenhurst des débuts. Après avoir écouté l’essentiel ‘Someday We Will Foresee Obstacles’ de Syd Matters et gageant qu’un brin de sobriété ne lui ferait pas de tort, le jeune homme eut cependant le bon goût de nous proposer, par moments, des arrangements à la fois simples, beaux et mélancoliques, histoire sans doute de compenser un chant pas toujours dès plus heureux. Fin de partie. Dans le grand bal de la folk moderne, Luis Francisco Arena était un outsider de premier plan, à charge pour lui de transformer l’essai. Avec des titres comme ‘The Sea Lion Tale’ ou ‘The Dwarf’, il en avait franchement les moyens. 

 

Un disque : Luis Francisco Arena Luis Francisco Arena (Fiat Lux Records)

 

Vidéo : Luis Francisco Arena – In Vineyards


15:21 Écrit par Fab | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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