12/11/2006

Joanna Newsom – Ys

joanna-ysLe choc du premier album de Joanna Newsom, gentille sorcière dont les coups de harpe sensuels avaient chaviré bien des cœurs en 2004, avait fait naître bien des espoirs et l’attente sera récompensée. Evitant le piège tant redouté de l’auto-caricature, la musicienne américaine est parvenue à s’entourer de nouveaux collaborateurs et lesquels ! Enregistré (pour les voix et la harpe) par Steve Albini, l’homme aux manettes de tant de merveilles de la musique pop contemporaine, mixé par Jim O’Rourke, l’homme dont les albums solo ont été à la mesure de la renaissance qu’il a apportée à Sonic Youth, et, cerise sur le gâteau, arrangé par Van Dyke Parks (Smile des Beach Boys, c’était aussi lui) à la tête d’un orchestre de trente-deux musiciens, le second opus de miss Newsom déconcertera certainement plus d’un auditeur à la base, tant sa richesse instrumentale le dispute à sa faconde insolence. Composé de cinq titres d’une durée moyenne de onze minutes, le disque nous conte avec un talent unique et confondant des histoires qui ne font que réveiller un peu plus l’enfant qui sommeille en chacun de nous et tombé en amour, nous nous rêvons en prétendant à la bague au doigt de la demoiselle. Oubliés les hurlements d’adolescente capricieuse de The Milk-Eyed Mender, au placard les comptines pop de trois minutes, les nouvelles compositions de Joanna la font définitivement sortir de l’orbite freak folk de la bande à Devendra Banhart et, toutes choses étant égales par ailleurs, un titre aussi fondamental que l’introductif Emily (chanson – le terme est mal choisi – de  l’année ?) nous évoque à bien des égards une Melody Nelson enchanteresse et frondeuse où Van Dyke Parks ferait office de Jean-Claude Vannier, c’est dire. Et même si la bourde du webzine Pitchfork vous a déjà permis de télécharger l’album pour pas un balle, précipitez-vous sans hésiter chez votre disquaire de l’année pour un des albums de l’année, voire de la décennie. Vous ne le regretterez pas.

 

Un mp3 (via musikoon)  Joanna Newsom – Emily

Un disque : Joanna Newsom – Ys (Drag City)

 

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