29/02/2008

Miss Kittin – Batbox

misskittin-batboxLançons un pari sur l'histoire, gageons qu'elle ne retiendra pas la fâcheuse reprise du 3e Sexe des insupportables Indochine, ce serait trop injuste de limiter la carrière de Caroline Hervé à cette faute de goût évitable. Hormis ce détail piquant, I Com, premier opus solo de la Grenobloise, avait démontré un savoir-faire électro-pop de haut vol, quoiqu'en retrait des ses confrères germains Ellen Allien ou Apparat. Trois années plus tard, le constat n'a guère évolué et la camarade de Felix da Housecat déroule toujours ses charmes costauds – presque virils (ces beats bien profonds en écho d'un certain regard sur Modeselektor) – et ses mélodies, tout aussi évidentes que globalement peu fouillées. Des treize titres de ce second effort, nous retiendrons le splendide – euphémisme – Play  Me A Tape et ses réminiscences vingt-et-unième siècle du tube eighties Fade To Grey de Visage, sans oublier la mélodie sensible du mal nommé Metalhead (seul titre sans rythmiques) qui révèle une Miss Kittin bien meilleure chanteuse que prévue. D'autres tracks, tels Machine Joy, relèvent toutefois plus de la recette efficace, voire spectaculaire, pour que nous adhérions pleinement à cette boîte à chauves-souris entre chef-d’oeuvre et série B(at).

 

En écoute sur MySpace

Un disque : Miss KittinBatbox (Nobody's Bizzness)

 

 

Our Brother The Native

ourbrotherthenativeDébarqué en plein dans nos tronches en 2005 (l’EP Tooth And Claw), le trio adolescent Our Brother The Native est un fameux bordel aux accents de fucked up hostel. Le genre un peu (beaucoup) de post pop / post rock, quelque part entre le tribalisme de First Nation et la grandiloquence du Godspeed, des allures de The Album Leaf vs Sigur Ros en secoués de la besace,  et un premier album en partance, toujours sur la maison Fat Cat. Elégant et tendu, à défaut d’être pleinement original.

 

En écoute sur MySpace

Un disque : Our Brother The Native Make Amends, For We Are Merely Vessels (Fat Cat)

 

28/02/2008

Islaja, le live

islaja-blazemountainrecordingsExtraordinaire d’une humilité aux tons d’aurore boréale, le folk psychédélique de la Finlandaise Islaja s’est déjà manifesté – et de quelle brillante manière – sur trois albums (tous parus sur Fonal, le dernier Ulual YYY est une pure merveille) d’une intransigeante beauté où la recherche expérimentale renforce l’émotion au lieu de l’entraver. Témoignage sonore d’une tournée qui l’a emmenée, aux côtés de son compagnon Jukka Raisanen, sur les routes d’Europe et d’Amérique du Nord, Blaze Mountain Recordings est la première infidélité de Merja Kokkonen à sa maison d’origine. En même temps, quand on a l’opportunité de se retrouver sur Ecstatic Peace - oui, le label de Thurston Moore – ça ne se refuse pas.

 

En écoute sur The Omega Order

Un mp3 (extrait de Ulual YYY) : Islaja – Sydãnten Ahmija

Un disque à venir : Islaja Blaze Mountain Recordings (Ecstatic Peace)

 

Lionel Marchetti, Seijiro Murayama et l'éternité

Lionel Marchetti & Seijiro Murayama - Hatali AtseliCompositeur autodidacte – très – remarqué de la nouvelle musique concrète, celle qui, de Pierre Schaeffer à François Bayle, a fait décoller des générations de mélomanes curieux, le Français Lionel Marchetti (né en 1967) fait partie de cette trop rare catégorie de musiciens ouverts à tous les vents de la composition. Cette fois associé au percussionniste japonais Seijiro Murayama, ici dans le rôle de chaman, le musicien improvisateur hexagonal propose sur le passionnant label Intransitive un de ses disques les plus excitants. Jugez-en plutôt par ces deux extraits.

 

En disque de la semaine sur Octopus

Un disque : Lionel Marchetti & Seijiro Murayama – Hatali Atsalei (L'Echange des Yeux) (Intransitive Recordings)

27/02/2008

El Perro del Mar, deux

elperrodelmarPas cabotine pour deux aboiements, en dépit de son nom d’artiste canin, El Perro del Marla Suédoise Sarah Assbring – avait sorti voici deux ans un premier album éponyme d’une touchante acuité à fleur de peau. Pop aux influences sixties parfaitement assimilées, l’univers fleur bleue (façon Camera Obscura) de la demoiselle de Göteborg nous avait émus par des titres aussi enchanteurs que God Knows (You Gotta Give To Get), Dog ou Here Comes That Feeling (élégante reprise de Brenda Lee), que la durée n’a rendus que plus évidents. Soit plein de bonnes raisons de se jeter sur le petit dernier The Valley To The Stars, dont la sortie est prévue en ce printemps, saison des jeunes gens romantiques par excellence.

 

En écoute sur MySpace

Un mp3 : El Perro del Mar – Dog

Un disque : El Perro del MarThe Valley To The Stars (Memphis Industries)

26/02/2008

In the Hope of a Massive Attack

hope1Allo, la régie ? Quoi, Hope Sandoval (oui, Mademoiselle Mazzy Star) est de retour en studio ? Avec qui, vous dites ? Ah, avec Massive Attack, enfin ce qu’il en reste ? Le nom de l’album ? Weather Underground ? Ah, ça va mieux tout à coup…

 

Un mp3 : Hope Sandoval & The Warm Inventions – On The Low

Un disque à venir : Massive AttackWeather Underground

Willits et Sakamoto en toute intimité

willitssakamoto-oceanfireMagnifique foyer abritant quelques artistes parmi les plus essentielles de la scène electronica (Giuseppe Ielasi) et electro pop (Moskitoo), pour ne coter que deux sorties récentes, le label 12K de Taylor Deupree héberge depuis peu la collaboration Christopher Willits - Ryuichi Sakamoto. Guitariste ultra-novateur, le premier n’a jamais hésité à confronter l’avant rock à ses logiciels vénéneux, quant au célèbre second, ses travaux en compagnie de (notamment) Fennesz ont prouvé qu’il faisait plus que jamais partie des champions toutes catégories de la musique expérimentale de notre temps.

 

Un mp3: Willits + Sakamoto – Toward Water

Un disque : Willits + SakamotoOcean Fire (12K)

Moskitoo – Drape

moskitoo-drapePetite soeur d’atmosphère de sa compatriote Piana, la Japonaise Moskitoo (née Sanae Yamasaki) signe des mélodies impressionnistes d’une très grande subtilité. La suite sur Octopus.

 

En écoute sur MySpace

Un disque : Moskitoo – Drape (12K)

25/02/2008

Samantha Marais – The Peppermint Conspiracy

samanthamarais-thebutterflyconspiracyBlanche sud-africaine d’origine, Samantha Marais a mis le cap sur Londres, voici quelques années déjà, histoire sans doute de se rapprocher des racines traditionnelles de sa folk music. A l’instar de sa consoeur Stephanie Dosen, autre folkeuse immigrée dans la capitale de l’Union Jack, la jeune femme propose des chansons charmantes, à peine plus acidulée que celles de sa collègue américaine, dont l’essence manque – chez l’une comme chez l’autre – de ce contenu personnel qui donne tant de force à une Marissa Nadler ou une Joanne Robertson. D’une forme peu révolutionnaire, les ritournelles de la brune songwriter trouvent heureusement sur le morceau-titre un écho plus inventif du côté de Joanna Newsom et des sœurs Cassidy. Outre cette relative concession à la modernité, la demoiselle prouve, et c’est remarquable, qu’elle n’est pas en reste d’americana, ni de Hope Sandoval (Runaway) bien que ça soit aussi beau que passager (Falling Star). Ses fausses expérimentations peinent cependant à convaincre (Hourglass, extrait lu du poème du 19è siècle The Wreck of the Deutschland par Gerard Manley Hopkins), perdues qu’elles sont entre la radicalité d’un Eyes Like Saucers et le conventionnalisme d’une Edith Frost, tout comme son interprétation du chant traditionnel George Collins manque de ce corps à corps dont sont capables les bien plus crédibles Isobel Campbell et Alasdair Roberts. Peut-être Samantha Marais devrait-elle se contenter du registre pop folk de Charcoal Man, là où elle excelle vraiment.

 

En écoute sur MySpace

Un disque : Samantha Marais The Peppermint Conspiracy (Butterfly Recordings / V2)

 

24/02/2008

Back where they Belong

belong-colorlessrecordEn dix-huit mois passées à te ratatiner le brouillard revu et corrigé par Turk Dietrich et Michael Jones, alias Belong, tu avais fini par désespérer de retrouver un jour une galette du duo de la Nouvelle-Orléans, impressionné que tu fus – et continuait d’être – par October Language, l’un des meilleurs albums de 2006, tous genres confondus. Et puis vint la lecture d’Audiversity, qui t’annonçait la sortie du nouvel EP Colorless Record, quelque part entre My Bloody Valentine et William Basinski. Full approval, once more.

 

Un mp3 : Belong – My Clown

Un disque à venir : Belong Colorless Record (St. Ives)