22/05/2008

GoGooo – Long, Lointain

gogooo-longlointainAlias de l'artiste sonore grenoblois Gabriel Hernandez, vingt-neuf ans à un compteur marqué du sceau de la liberté faite electronica, GoGooo et son premier opus Long, Lointain indiquera à l'auditeur en manque de Sébastien Roux la porte d'entrée du label Baskaru, dont il s'agit de la première sortie 'professionnelle' après quelques sorties sur le web et en CD-R. Profondément imprégné de l'esprit apaisant – ce qui ne signifie nullement que ce disque soit aseptisé – du splendide August de Giuseppe Ielasi, le disque récite entre moult field recordings et splendides traces de mélodies acoustiques (mélodica, guitare, piano, orgue) les randonnées sereines d’une fin d'après-midi aux nuages filandreux. D'un rythme étiré mais jamais complaisant dans son éther, le musicien drômois extirpe de son immaculée douceur – et de son laptop, employé d'une précision parcimonieuse qui frôle la perfection – les restes séduisants d'une musique folk entre F.S. Blumm et Colleen. Nouvelle preuve – depuis Anne Laplantine, en fallait-il vraiment une? – que les machines recèlent une part d'humanité que douze intégrales nouvelle chanson française n'atteindront jamais, les dix titres de l'album entretiennent de maîtresse façon les rapports subtils que l'être humain peut développer avec un environnement affranchi de toute pression urbaine. Sans jamais virer dans une ambient de seconde zone flirtant avec la lounge et, surtout, sans jamais oublier de développer des harmonies à la séduisante croisée des bruits de  la rue et des notes de studio, GoGooo manifeste dès son premier effort une maturité artistique confondante de précision musicale et hallucinante d'honnêteté intellectuelle. Un must en ces temps agités par un président de la république se prenant pour un charretier.

 

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Un disque : GoGooo Long, Lointain (Baskaru)

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