25/08/2008

Quitzow – Art College

quitzow-artcollegeAlors, c’est qui, Quitzow ? C’est tout simple, cher ami, vois plutôt. Tu prends le nom de famille d’une jeune femme new-yorkaise – la très dynamique Erica Quitzow en l’occurrence, par ailleurs membre du groupe pop Setting Sun – tu lui glisses entre les mains une flopée d’instruments, du violoncelle au Moog en passant par des boîtes à rythme et des Casio, tu lui fais envoies par Fed Ex l’intégrale Peaches (ou Le Tigre, au choix), sans oublier sur l’étagère Ikea le Konichiwa Bitches de Robyn et tu obtiens une très poilante collection de chansons electropop, le délicieux côté arty en prime. C’est que la demoiselle s’y connaît en musicalité, en témoigne cette mémorable tirade au violoncelle qui ouvre l’album, bourré de titres sing along pas bégueules pour deux déhanchements à la Stereo Total (le cheap en moins, la musique en plus). Preuve supplémentaire qu’on peut très dignement faire rimer pop et électronique sans pour autant prendre le public pour une troupe de bêlants consommateurs, son Art College vient de New York comme il aurait pu venir de Berlin. Un immense gage de qualité s’il en est.

 

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Un disque : Quitzow Art College (Young Love Records)

 

En clip : Quitzow Art College

 

Ils s'appelaient Pärson Sound

parsonsoundC’est un des secrets les mieux gardés du rock psychédélique de la fin des sixties que le sextuor suédois Pärson Sound, et pour cause. Au cours de la brève carrière du groupe (1967-68), aucun album ne vit le jour et il fallut attendre le vingt-et-unième siècle pour que surgisse la compilation éponyme, parue en 2001. Renommé en 1968 International Harvester, puis Harvester et enfin Träd, Gräs & Stenar – oui, tout ça – le groupe présentait un son incroyablement moderne et avant-gardiste pour son époque, à qui il ne faisait aucune concession. Précurseur d’un certain krautrock, celui d’Amon Düül par exemple, mais aussi de projets rock barrés bien plus tardifs – Sunburned Hand of the Man ou Wooden Shjips, pour n’en citer que deux – la formation de Stockholm décuple les énergies, tout en haut d’une discothèque aux forts relents de LSD. Le nôtre, le leur.

 

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Un disque : Pärson Sound – Pärson Sound (Subliminal Sounds)

23/08/2008

Tape – Luminarium

tape-luminariumLe précédent album du trio suédois Tape comportait un pur chef d’oeuvre (A Spire) de poésie électro-acoustique entre ciel et lune, quelque part à la croisée des chemins des Midaircondo et Colleen. Successeur de ce Rideau enchanteur (par moments), Luminarium hausse le niveau, de quelques crans. Eclairées d’une lumière aussi pâle que vivifiante, les dix plages résonnent de toute leur subtilité aquiline, jamais prises au piège d’une recherche du beau qui chez bien d’autres, tourne à vide. Tout le mérite en revient aux frangins Andreas et Johan Berthling, toujours accompagnés de Tomas Hallonsten. Adeptes d’un ‘less is more’ on ne peut plus convaincant, les trois Scandinaves ne jouent pas beaucoup de notes (à l’image de l’orgue subtil de Fingers) mais ce sont toujours celles qui comptent. Exempte de tout verbiage, leur musique frise tantôt la perfection minimale, tantôt vogue vers une esthétique pop accomplie et sereine (Reperto). Miraculeux d’équilibre sur le fil ténu qui relie Xela à F.S. Blumm, le monde de Tape n’a pas fini de nous émerveiller.

 

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Un mp3 : Tape – Moth Wings

Un disque : Tape – Luminarium (Häpna)

22/08/2008

The Rural Tradition, the ND tradition

TheRuralTradition-themiserableeffectsofawastedlifeEntre label on ne peut plus obscur et nom de plume intrigant au possible, Julian Poidevin possède tous les ingrédients pour devenir cultissimo chez les happy few. Adepte d’une folk music au dépouillement ténébreux, le songwriter angalis n’évitera pas, soyez-en sûrs, les inévitables comparaisons entre sa personne et un certain feu Nick D., et qu’importe. La révélation de ses premiers morceaux est trop bluffante pour se soucier de ces menus détails stylistiques.

 

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Un mp3 : The Rural Tradition – A Refuge Of Lies

Un disque : The Rural Tradition The Miserable Effects Of A Wasted Life (Dorset Paeans)

21/08/2008

Renderizors – Submarine

renderizors-submarineComplaintes psychédéliques, traversées de spectres fantomatiques ou douleur contenue, Maryrose Crook – chanteuse des Renderizors – fourbit ses armes en cousine vocale de Beth GibbonsLa suite sur  Octopus, drones psychés included.

 

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Un disque : Renderizors Submarine (Last Visible Dog Records)

Tom Recchion ou l'art de ne rien faire

TomRecchion–SweetlyDoingNothingLa réédition des incontournables, splendides, magnifiques – ça suffit, ou vous en voulez encore ? – quatre albums de Gas à peine digérée, le temps est venu de revenir sur Sweetly Doing Nothing, dernière œuvre en date du Californien Tom Recchion et première sortie officielle (en 2006) du label Schoolmap Records de l’essentiel Giuseppe Ielasi. Car il n’est jamais trop tard pour rattraper le temps perdu dans une tonalité pop ambient où l’ombre de Murcof le dispute à György Ligeti.

 

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Un disque : Tom Recchion Sweetly Doing Nothing (Schoolmap Records)

20/08/2008

Duncan O Ceallaigh – Ecclesia Semper Reformanda

duncanoceallaigh-ecclesiasemperreformandaEtrange personnage que ce Duncan O Ceallaigh, qui voue un culte autant à Martin Luther (comme son titre l’indique, l’album est inspiré de son manifeste pour une église en constante réformation) qu’à Arvo Pärt (cfr. le nom de son label). Ajoutez-y des origines irlando-écossaises (l’homme fit même partie de plusieurs groupes dublinois indés dans les années 1990), une résidence sur la côte baltique allemande et un changement d’attitude à 180° (du post rock à l’ambient, en gros) et vous aurez une petite idée de l’idiosyncrasie du bonhomme. Musicalement, les quatre titres de ce mini-disque trois pouces frisent tantôt l’exceptionnel (l’ouverture Ecclesia Semper Reformanda, loin de tout pompiérisme ecclésiastique explore par de simples boucles mélodiques une réflexion électronique apaisée dont émerge une beauté quasi-charnelle, et ses huit minutes sont magnifiquement prenantes) alors que le final Perpetuum Mobile développe en toute intimité digitale des drones subtilement ornés), tantôt le très bon (la brève pulsation Spatial). Nul besoin, vous l’avez compris, de maîtriser les arcanes théologiques de la religion protestante dans toute sa complexité, tant cette première sortie du label Parvoart impose sa présence – déjà notoire – en compagnie des maisons 12K ou Room40. 

 

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Un disque : Duncan O Ceallaigh – Ecclesia Semper Reformanda CD 3’’ (Parvoart)

Les Motorpsycho, plein pot!

Motorpsycho–LittleLucidMomentsIl suffit de peu de choses pour pimenter une journée banale. Prenez Little Lucid Moments, énième album – on ne les compte plus – des Norvégiens de Motorpsycho. Écoutez ce dynamisme motorique des meilleures années du krautrock, secouez la doudoune au son de ces guitares psychédéliques toutes flèches progressives dehors et au passage, achetez un billet de non-retour pour Trondheim, patrie des toujours vitupérants Bent Saether et Hans Magnus Ryan. Timides en phase de contrition, s’abstenir.

 

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Un disque : Motorpsycho – Little Lucid Moments (Rune Grammofon)

19/08/2008

Moses Campbell (Moses who?)

mosescampbellDécouvrir un groupe qui s’appelle Moses Campbell un 15 août, le jour de la fête de Marie, c’est à rendre bigot le plus acharné des bouffeurs de curé. Surtout s’il idolâtre tous les Nick Drake et Elliott Smith de la terre, en version l'anti folk meets Katamine.

 

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Pas de disque à l’horizon (hélas !)

18/08/2008

Alina Simone – Placelessness

alinasimone-placelessnessAttendue comme la relève de Shannon Wright, Alina Simone va-t-elle s’égarer dans le maquis de Dolores O’Riordan (Cranberries) ? Le doute est permis sur Octopus.

 

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Un disque : Alina Simone Placelessness (Travelling Music)