11/09/2008

Wolfgang Voigt alias Gas (fin)

wolfgangvoigtIl ne fait aucun doute que l’electronica contemporaine aurait connu un tout autre visage si ces quatre opus n’avaient eu un jour le bonheur d’exister. Difficile d’imaginer en effet que le dieu mexicain des musiques spatiales Fernando Corona – plus connu sous le patronyme de Murcof – aurait pu produire le magnétique Cosmos sans avoir jamais entendu les quatorze minutes du troisième morceau de Zauberberg (à signaler qu’aucune des pistes ne porte de nom). Dans le même ordre d’idées, et toujours sur ce même second album, l’influence du quatrième morceau est prégnante sur le génial Baden-Baden de la Munichoise Michaela Melián, tant les très subtils beats de Voigt pénètrent une forêt endormie sous le poids de la torpeur hivernale. Et dans une autre voie, moins directement liée peut-être, Gudrun Gut aurait-elle eu le culot de confronter le tango argentin sur des tempi très berlinois lors de l’enregistrement de son très hypnotisant Move Me ? La réponse est ouverte, bien que Voigt ait déjà apporté une partie de la réponse en remixant de très belle façon le tube de la boss du label Monika Enterprise sur un maxi on ne peut plus recommandable.

 

Sans même parler de tous les artistes du label Kompakt forcément inspirés du maître, et nous pensons en premier lieu aux splendides œuvres de The Field (tel ce morceau 4 de Pop) et de Gui Boratto, l’aura du maestro teuton des machines dépasse tout ce que l’imagination humaine peut produire de subtil. Dans son numéro de mai dernier, le mensuel britannique Wire comparait l’œuvre de Voigt à celle de Kraftwerk, en particulier leur essentiel album Autobahn de 1975. Nous partageons ce point de vue, sans la moindre réserve. Aujourd’hui encore, alors que nombre de productions techno portent encore la griffe de Ralf Hütter et des siens, la marque de Voigt imprègne une générations entière de musiciens électroniques, à commencer par les très remarqués Klimek, Julien Néto ou Marsen Jules (la réécoute du second titre de Pop est frappante), sans même parler des plus exigeants – et plus expérimentaux – Janek Schaefer ou Stefan Mathieu. Incontournable, on vous le disait.

 

Un coffret 4 CD : Gas – Nah Und Fern (Kompakt)

Un livre : Wolfgang Voigt – Gas (Raster-Noton)

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