30/09/2008

Lambchop – Ohio

lambchop-ohioUn disque de Lambchop, c’est comme le souvenir – délicieux et mélancolique – du temps qui passe, de ces amis retrouvés et de ces autres perdus de vue. Jalonnant quinze années de musiques américaines pleinement héritières de l’héritage country de Nashville, Tennessee – tout en s’étalant de toute cette délicatesse que seuls les Tindersticks peuvent égaler – l’itinéraire de Kurt Wagner et ses amis s’est fait fort de quelques pépites incontournables, dont la profonde originalité mâtinée d’une soul infiniment touchante s’est particulièrement distinguée sur les albums What Another Man Spills, Is a Woman et le double Aw C'mon / No You C'mon. Successeur du très mitigé Damaged, le dernier venu Ohio redresse la barque en toute éternité, jubilatoire comme elle est triste, cotonneuse comme elle souple. Fort de onze titres dont pas un n’est à jeter aux orties dont se torche l’infect Damien Rice, le nouvel effort du groupe américain fait déjà partie des – très – bons crus de la bande à Kurt, même si la période d’incubation paraîtra un peu longuette à tous ceux qui avaient répandu un torrent de larmes dès la première écoute du Lucky Dog Recordings 03-04 du sieur Stuart A. Staples, leader tindersticksien au demeurant. L’effort vaut toute une constellation de chandelles, toutefois.

 

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Un mp3 (via Captain Obvious) : Lambchop Talk Like A Pirate Day

Un disque : LambchopOhio (City Slang)

29/09/2008

Disguises lève le masque

disguises-postmortemdepressionComplètement bordélique et encore plus à l’ouest que la frontière entre le Yukon et l’Alaska – point le plus occidental de leur Canada natal – le rock post moderne, tendance noise do-it-yourself, des quatre de Disguises transperce de tout son venin paranoïaque les simili-musiciens pop rock qui nous cassent les oreilles depuis un paquet d’années. Là où l’aspect subversif des très crétins Malibu Stacy doit se limiter à oser se foutre un doigt à la confiture de rhubarbe dans le pif en plein milieu du soundcheck au Centre Culturel Guy Mathot, les sombres nuages tapissant l’univers du groupe de Toronto parleront d’évidence aux cinglés du bulbe qui adorent se plonger les viscères dans un bain d’acide Burial Hex vs Prurient, à moins que ce ne soit Drifting Bears Collective vs Yellow Swans. Hell yeah.

 

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Un disque : Disguises Post-Mortem Depression (Wintage)

Riccardo Dillon Wanke, numero uno

riccardodillonwanke-CavesEn pleine effervescence artistique, faudrait-il écrire en totale floraison sonore, la scène electronica du l’Europe méridionale multiplie les expériences, les collaborations et les réussites. Premier essai solo de l’Italien – résident de Lisbonne – Riccardo Dillon Wanke (après l’effort collaboratif Medves en compagnie de plusieurs de ses compatriotes, dont l’indispensable Giuseppe Ielasi), Caves fait partie de ces récentes découvertes dont on risque de ne plus pouvoir se passer. Longtemps, for ever.

 

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Un disque : Riccardo Dillon Wanke Caves (Sedimental Records)

28/09/2008

Headhunter, le dubstep au sommet

headhunter-nomadC’est la très bonne nouvelle du dimanche soir – et des autres jours – le dubstep n’a pas (encore) fini de nous étonner, de nous enthousiasmer. Dernier épisode en date d’une série qu’on espère sans fin, Nomad est le premier album de Headhunter, producteur de Bristol dont les basses bien heavy à la Skream ont pleinement leur place sur le fondateur label Tempa. Ca tombe bien, c’est là qu’il est signé.

 

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Un disque : HeadhunterNomad (Tempa)

21:45 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : techno, preview, dubstep, tempa, headhunter |  Facebook |

BBmix Festival et ça promet

BBMIXFestival dédié aux musiques actuelles – voilà qui est déjà alléchant – le BBmix est en pleine communion d’esprit avec la liberté de ces pages. Entre folk habité de la tête aux pieds (et bien au-delà), electronica minimale implacable de vérité nue ou math rock en pleine transe simiesque, ces cinq jours de défonce sonore amplifiée vaudront tous les déplacements du monde. A Boulogne-Billancourt, de préférence.

 

25 Oct. 08: Why? + Son Lux + David Grubbs + Richard Youngs + Melissa Saint Pierre

26 Oct. 08: NLF3 Trio joue Les Aventures du Prince Ahmed de Lotte Reiniger

29 Oct. 08: M83 + Baktic Fleet + Hauser

31 Oct. 08: Alva Noto Xerrox + Chrome Hoof + Nemeth + Skyphone

01 Nov. 08: Mahjongg + Cheveu + No Shangsa

 

En clip : Melissa Saint PierreFig. VIII

 

 

27/09/2008

Playlist # 2

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Benoît Pioulard numéro deux

benoitpioulard-temperDisque absolument essentiel à tout qui s’est un jour plongé dans Lali Puna ou Jessica Bailiff, le précieux Précis de Benoît Pioulard connaît un successeur aux sonorités désormais familières. Aligné dans les bacs sous le nom de Temper, le second opus de l’homme né Thomas Meluch est à coup sûr une des sorties à suivre du mois. Et de l’année ?

 

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Un mp3 : Benoît Pioulard Ragged Tint

Un disque : Benoît Pioulard Temper (Kranky)

Vivian Girls, la quête du shoegazing

viviangirlsUn petit coup de mou ? La volonté d’en découdre en berne ? En manque de Lush ? La solution, ami internaute, tu la trouveras du côté des Vivian Girls, leurs bonnes vieilles guitares shoegazing (mais point trop), leurs harmonies vocales très girlie pop vs Electrelane et surtout, leurs chansons d’un revival nineties certes cliché mais éminemment sympathique.

 

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Un mp3 : Vivian Girls Where Do You Run To

Un disque : Vivian Girlss/t (In The Red Records)

 

En clip : Vivian Girls – Where Do You Run To 

 

 

26/09/2008

Zdzisław Piernik & Piotr Zabrodzki, free

piernikzabrodzkiModerne et polonaise, empreinte d’un classicisme expurgé de ses tentations übermélodiques, et c’est pour mieux laisser couler le flux d’un free jazz très Mitteleuropa, la musique du duo Zdzisław Piernik – Piotr Zabrodzki intègre en toute humilité la virtuosité du premier (au tuba – et oui) aux quinze compositions du second (qu’on retrouve à la contrebasse, au piano et à l’orgue). A trois, on crie ‘Vive l’automne !’.

 

En écoute sur le label

Un disque : Zdzisław Piernik / Piotr Zabrodzki Namanga (Vivo)

 

Tenniscoats & Secai – s/t

tenniscoatssecaiA la lecture du mot Tenniscoats, les origines nipponnes de ses deux protagonistes Saya et Uena Takashi ne sautent pas aux yeux, à l’inverse de leur musique, qu’on a pu déjà admirer au Netwerk d’Alost en première partie des Suédois de Tape. Qu’ils soient seuls ou associés au duo Secai, c’est inévitablement à leurs compatriotes Piana ou Gutevolk qu’on songe, leurs sonorités très particulières ne laissant planer aucun doute sur leur japonité. Minimalement riches, ce n’est pas le seul paradoxe de leur poésie sonore, les harmonies de cette première collaboration associent moults instruments acoustiques et analogiques, rendant hommage aux Pastels et à – encore – Tape (le bien nommé Svenska et son instrumentarium scandinave). D’un ennui très passionnant de tranquillité – on vous avait promis d’autres paradoxes – le disque s’abîme / se sublime, c’est selon, au contact du chant instable de Saya Takashi, qui bénéficie d’un soutien plus qu’honorable de ses trois collègues musiciens. Tout en se laissant déguster comme une tasse de thé blanc, au fort goût léger. Paradoxal, on vous disait.

 

En écoute sur Dotshop

Un mp3 : Tenniscoats & Secai – Turn

Un disque : Tenniscoats & Secai s/t (Noble)