31/10/2008

Initials BM

barbaramorgenstern-bmPersonnage autant sympathique à la ville qu’elle peut être guillerette à la scène, Barbara Morgenstern tient une place de la plus haute estime dans le cœur de tous les germanophiles friands d’electro pop décomplexée. La mouture 2008 de la Berlinoise l’amène aux commandes d’un piano à queue Bechstein (exit les claviers de The Grass Is Always Greener), enluminé des arrangements de cordes de la violoncelliste Julia Kent (Antony And The Johnsons) et, ô cerise, de la voix suave du grand Robert Wyatt sur le duo Camouflage. Machst du auch mit ?

 

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Un mp3 : Barbara Morgenstern Come To Berlin

Un disque : Barbara Morgenstern BM (Monika Enterprise)

Echokrank – s/t

echokrankEn forme olympique, le label Gagarin Records dévoie encore un peu plus les sons de notre 21è siècle, tournant cette fois en dérision toute l’electro pop de ces trente dernières années. Quand on sait que derrière le nom étrange d’Echokrank se tapit le Stereo Total Brezel Göring, accompagné d’un certain Hotleg, on ne sera pas surpris. Reprenant à leur compte sarcastique les gimmicks sortis tout droit du telexien Twist A Saint-Tropez ou le simplisme dérangé de Göring aux côtés de son éternelle Françoise Cactus (New Wave, Old Problem), le duo allemand détricote ici un reggae de bal sous-marin (The Worst Of Both Worlds), là une version synth pop bubblegum (sans paroles) entre Ca Plane Pour Moi et Cargo De Nuit, quand ce n’est un girlie punk band qui en prend plein la tronche (I Wanna Be An American Idiot). Et la musique dans tout ça ? Au rendez-vous, mon général, carrément addictive même derrière son apparente foutage de gueule, même que ce disque compte une belle brochettes de tubes, à commencer par cet Abwärts, confrontation inédite entre Violent Femmes et Chicks On Speed. On vous l’avait bien dit, la baraque de Felix Kubin tient une telle pêche que ça serait dommage de ne pas en profiter.

 

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Un disque : Echokranks/t (Gagarin Records)

Jolie Holland, op. 4

jodieholland-thelivingandthedeadLa musique de Jolie Holland ne révolutionnera certes jamais le petit – et le grand – monde de l’americana, trop éloignée qu’elle est des plus audacieuses Josephine Foster ou Tara Angell. Cela importe peu, à vrai dire, tant ses intemporelles mélodies frémissent tels de futurs grands classiques, bichonnés au fusain par les toujours passionnants M. Ward, Jim White et Marc Ribot. Tel un appel d’une vieille amie fidèle que l’on retrouve après des années d’oubli, la voix inchangée à l’autre bout du téléphone.

 

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Un mp3 : Jolie Holland Mexico City

Un disque : Jolie Holland The Living And The Dead (Anti-)

30/10/2008

Duo de Scorces

scorces-iturnintoyouCes pages l’ont assez dit et répété, Christina Carter est une des très rares voix féminines dont la seule présence scénique justifierait un déplacement à l’autre bout de l’Hémisphère Sud. Associée dans Scorces à Heather Leigh Murray, la chanteuse des Charalambides se glisse dans la guitare de sa comparse (quand les rôles ne sont pas inversés) dans des complaintes étirées d’un ésotérisme überhabité où il fait étrangement bon flâner.

 

Deux mp3 (extraits de Vivre Avec La Bête, 2003) : Scorces Es-Tu La Bête Ou Moi?

Scorces Où Est la Rose?

Un double LP : Scorces I Turn Into You (Not Not Fun Records)

Dieter Schöön – LaBlaza

Dieter Schöön-LaBlazaOu quand derrière un étrange nom au double Umlaut se cache une curiosité indie pop sortie de nulle part, telle pourrait être le credo de Dieter Schöön, songwriter suédois de son état, 37 ans au compteur – le plus bel âge – pour son seulement premier album. Férocement bricolo mais d’une toute autre veine que le pénible Henning Specht, cet opus inaugural pioche dans les racines grégaires de son époque, entre des Calexico torchés au maïs, un F.S. Blumm électro pop ravagé au free jazz et des Au Revoir Simone au masculin en plein délire cynique. Ne manquant ni d’esprit ni d’autodérision, jamais en rade d’une confrontation inattendue – genre Beck vs Ms John Soda, Dieter Schöon envoie Casper au pays des Beach Boys, quand il ne ressuscite Richard Strauss – oui, le compositeur de Also Sprach Zarathustra – quelque part sur le label Type. Le tout pour un disque complètement délectable et recommandable.

 

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Un disque : Dieter SchöönLaBlaza (Headspin Recordings)

29/10/2008

Belle And Sebastian, les BBC Sessions

belleandsebastain-thebbcsessionsPas la peine de tourner longtemps autour du pot (de chambre de Normandie), en 1996 comme en 2008, les Belle And Sebastian faisaient partie de l’élite pop mondiale, celle qui nous a valu des titres aujourd’hui classiques (The Stars Of Track & Field, Waiting For The Moon To Rise, The Boy With The Arab Strap, et la liste est exceptionnellement longue). Résultat de quatre visites à la BBC entre l’originel Tigermilk de 1996 et le quatrième opus Fold Your Hands Child, You Walk Like A Peasant de 2001, The BBC Sessions est également complété d’un second disque Live In Belfast donné à l’occasion de la Noël 2001. En attendant l’hypothétique successeur au magnifique The Life Pursuit.

 

Un mp3 : Belle And Sebastian The Stars Of Track & Field (Mark Radcliffe Session, 07/96)

Un disque : Belle And Sebastian The BBC Sessions (Matador Records)

27/10/2008

Arthur Russell also went americana

arthurrussel-loveLa mort, cette chienne lubrique, nous a privés des plus beaux joyaux du génie Arthur Russell, ceux que cette saloperie de virus en quatre lettres l'a empêchés d'écrire. Nouveau regard sur l'immense talent de l'artiste américain, Love Is Overtaking Me quitte les rives de la disco barrée du genou, c'est pour mieux nous prouver les concordances de vue entre l'auteur de Calling Out of Context et une americana dérangée à la Townes Van Zandt. Importantissime, once more.

 

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Un disque : Arthur Russell Love Is Overtaking Me (Rough Trade)

Milosh – iii

millosh_iiiImaginez un Sascha Ring – dites Apparat – quittant les rives très pop de son Walls. Mettez-le au contact d’un splendide falsetto – on s’y roulerait tout nu – aux frontières d’une soul enrhumée et d’une electronica manipulée par Flying Lotus et Daedelus, enrobez-le de chansons éprises d’un romantisme épris de quiétude sonore. Prenez ensuite le premier vol pour Toronto, lieu de villégiature de Michael Milosh, sentez sur vos joues les premières douceurs du printemps, quitte à faire votre mièvre amoureux des arbres (Gentle Samui), foncez chez le premier disquaire, ou vendeur de violoncelles (instrument de prédilection de Milosh, dont il ne reste aucune trace sur ce… troisième album) et fermez les yeux. Oui, vous pourriez vous sentir à Berlin (dans les bureaux de Monika Enterprise) ou à Londres (chez Expanding ou Warp), quitte à oublier que les mélodies étirées de iii aient davantage leur place dans le catalogue de miss Dani Siciliano, et ce n’est pas toujours très passionnant. Sans compter que tout cela est finalement – et nonobstant la généalogie du projet – très monotone sur la durée de la chose, aux environs des quarante-deux minutes.

 

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Un disque : Milosh – iii (!K7)

24/10/2008

Hawnay Troof – Islands Of Ayle

hawnaytroof-islandsofayleLe casting en guest du troisième effort de Hawnay Troof, aka Vice Cooler, a de quoi donner le vertige à tout un pan de la musique pop contemporaine – au sens très large de la notion. Bien qu’à l’écoute, il soit délicat d’estimer les mérites des Carla Bozulich, Brezel Göring, Xiu Xiu et Jenny Hoyston (ce ne sont que quelques noms), l’humeur branquignole décalée du musicien américain donne un foutu bordel de bon poil, qu’on soit fan de hip hop leftfield ou d’electro pop fendarde – certains titres feraient même passer le Robots Après Tout de Katerine pour une vulgaire cavalcade de fancy fair boraine. Même si le flow de Cooler n’est pas toujours complètement personnel, bien que d’obédience très Beastie Boys (on a connu bien pire comme référence), les petits – et gros – délires de ses potes musicos rachètent la sauce, hilarante et euphorisante des Stereo Total au meilleur de leur décadence rythmique. Et un fou rire pour la quatrième, un.

 

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Un disque : Hawnay TroofIslands Of Ayle (Southern Records / Retard Disco)

Sutcliffe Jugend, l'éternelle jeunesse

sutcliffejugendConçu à l’origine – c’était en 1982, mazette – comme un side project du groupe Whitehouse de Kevin Tomkins, le groupe electro indus Sutcliffe Jugend (nommé d’après le serial killer Peter Sutcliffe) a connu une existence des plus chaotiques. Après une très longue pause d’une dizaine d’années (jusqu’en 1995), Tomkins et son comparse Paul Taylor ont repris un flambeau d’une impressionnante radicalité noise, qui les voit aujourd’hui sur le label Hospital Productions. On imagine déjà les discussions de fêlés du bulbe avec le label manager, un certain Dominick Fernow. Alias Prurient

 

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Un disque : Sutcliffe JugendThe Fall of Nature (Hospital Productions)