13/11/2008

Machinefabriek, collaborateur de l’essentiel (I)

machinefabriek3Impossible en quelques lignes de rendre compte de la richesse du répertoire de Rutger Zuyderveldt, alias Machinefabriek, tant en quelques années d’une brève carrière, démarrée en 2004, les productions du musicien néerlandais se sont multipliées, le plus souvent pour le grand bien de ses heureux auditeurs. Pour ne point nous démentir, le site web Discogs – une mine d’or – renseigne une quarantaine de sorties tous formats confondus, qu’il serait fastidieux de détailler d’un seul jet (forcément) électronique.

 

Maître absolu du retraitement digital d’instruments où prédominent les guitares et autres instruments à cordes (mais pas seulement), ceux qui ont la chance de posséder le double album compilation Weleer (Lampse, 2007) confirmeront, l’homme de Rotterdam fait sans nul doute partie de cette génération dorée de chipoteurs à l’incessante malice, qu’ils se nomment Jefre Cantu-Ledesma, Wzt Hearts ou Belong, eux-mêmes héritiers de William Basinski ou de Harold Budd. Toujours adepte de la ligne qui transgresse l’interdit de la froideur pour mener droit aux émotions pures (à l’image du très cinématique Kale Bomen Langs De Weg sur le deuxième disque de Weleer), tout en transfigurant la part d’abstraction qui nourrit notre imagination bordée de drones, Zuyderveldt explore tous les horizons avec une égale envie. Expurgeant le shoegazing de ses oripeaux spectaculaires mais creux, il soulève sans peine le cadavre des My Bloody Valentine – c’est pour mieux le broyer dans les circuits électriques de ses infernales machines, quand il ne plonge l’humanité dans un océan de brume d’où perce le rêve méphistophélien d’un monde peuplé de diablotins sarcastiques.

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