30/11/2008

Minus Pilots, le mystère du minimalisme

minuspilots-superriorproofofcinemaFort peu de choses sur Minus Pilots, groupe ambient minimaliste britannique, tu liras, preuve de curiosité positive tu feras. Et le disquaire Norman Records, tu remercieras, c’est son disque de la dernière semaine de novembre.

 

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Un disque : Minus PilotsSuperior Proof Of Cinema (Panic Arrest)

Antony & The Johnsons - Another World EP

antonyandthejohnsons-anotherworldNous sommes en 2050, quelque part entre Mars et Monceau-sur-Sambre. Demi-siècle aidant, le JDBV de service passe en revue les noms qio ont compté en ces cinq décades marquées par la disparition définitive du support physique, seuls quelques nerds déphasés continuant d’encombrer leurs appartements de piles gigantesques entassées sur d’antiques armoires Ikea. Homme ordonné, notre esthète musicien débute par la première lettre, décorée d’un élégant baroquisme en parfaite adéquation avec la subtilité vocale d’un certain Antony Hegarty, incontournable androgyne dont le timbre de contralto marqua son temps, notamment sur un second album I Am A Bird Now vite légendaire. Nous sommes bientôt en 2009, un nouvel EP Another World bouleverse autant qu’il convainc, il nous dévoile surtout l’immense richesse d’un artiste dont le chemin n’a pas fini de nous surprendre. Hope there is someone who takes care of me.

 

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Un mp3 : Antony & The Johnsons Another World

Un EP : Antony & The Johnsons Another World (Rough Trade)

28/11/2008

V/A – Âme – Fabric 42

ame-fabric42Vous hésitez entre séjour club house et écoute home techno ? Ca tombe bien, le duo allemand Âme a pensé à vous pour la quarante-deuxième livrée de la fameuse série Fabric. Aux manettes d’un mix très recommandable, sans pour autant atteindre les sommets habités par Ellen Allien et Ricardo Villalobos, Kristian Beyer et Frank Wiedemann conjuguent une majorité de titres techno house teutonne, certains très réussis comme le Wighonomy Brothers Remix du That’s A Nice Way To Give Me Feedback de Minilogue ou du très dansant et angoissant Six Ten  de 76 79, l’un ou deux plus dispensables à l’instar de Hear The Sun, hymne lounge bizarrement placé en ouverture. Globalement destiné aux fans de Henrik Schwarz, par ailleurs présent en dixième position (en collaboration avec Âme et Dixon), le disque se poursuit en beauté, en particulier sur l’enchaînement très sensuel d’un Matthew Styles – oui encore un Berlinois - et de The Symphony de KB Project. Pour un voyage de Karlsruhe à Londres qui vaut le détour.

 

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Un disque : V/A  Âme – Fabric 42 (Fabric)

20:47 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : critique, techno, fabric, me |  Facebook |

François Virot, première

francoisvirot-yesornoActiviste indie pop au parcours parsemé de mille et une démos überconfidentielles, le Lyonnais François Virot extirpe – enfin ! – de sa tanière écorchée un premier album, aussi attendu dans la branchitude qu’il restera confidentiel dans le mainstream. Outre la confirmation possible, l’avenir le confirmera, de sa talentueuse tension musicale, l’objet nous vaut la renaissance du label Clapping Music, muet depuis le disque de Ramona Cordova. Qui s’en plaindra ?

 

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Un disque : François Virot Yes Or No (Clapping Music)

26/11/2008

Smile Down Upon Us – s/t

Smile Down Upon UsLes auspices de Jessica Bailiff et Annelies Monseré – ne biffer aucune de deux mentions très utiles – inaugurent en toute sobriété l’œuvre folk contemporaine du projet anglo-japonais Smile Down Upon Us, enfant de MySpace et de la collaboration de la Nipponne moomLooo (chant) et des Britanniques David Sheppard / Keiron Phelan. Abritées dans le sillage de Piana, notamment sur la magnifique ouverture Girl Of A Skin Coloured Blanket No 2, les chansons du trio s’envolent subrepticement entre la Philadelphie de Meg Baird et la Suède de Taxi Taxi. Très joliment ornées ici d’arpèges de mandoline et d’accords de guitare, là de pizzicati de violon et de coups de glockenspiel, les morceaux impressionnent par leur science des arrangements et leur tendance à la coupe claire. Surtout, c’est l’intense travail de composition mélodique, admirable d’invention folk, qui retient l’attention. Portée par cette mystérieuse voix, tantôt en japonais, tantôt en anglais, le monde onirique des SDUS renvoie l’écho de Miyazaki et s’engouffre en toute fronde dans la moellesse vénéneuse de Juana Molina, plus que jamais en très bonne compagnie sur ce premier opus complètement prenant.

 

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Un disque : Smile Down Upon Uss/t (Static Caravan)

25/11/2008

Yellow Swans, for ever

yellowswans-deteriorationDésormais officiellement dissous au bout de sept années de folies sonores sans limites, les uniques Yellow Swans n’en ont heureusement pas terminé avec leur discographie, et c’est un délice de l’écrire du bout son clavier. Nouvelle étape officielle de Pete Swanson et Gabriel Saloman – une version en cassette était déjà sortie en 2007 – Deterioration voit le duo de Portland meilleur que jamais, ses éternels drones mâchouillant des restes de mélodies surgies d’un day after apocalyptique. En attendant le vrai disque d’adieu, prévu l’an prochain, snif…

 

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Un mp3 : Yellow Swans Broken Eraser/Time Stretch (Extrait)

Un disque : Yellow Swans Deterioration (Modern Radio)

DJ Distance répercute

distance-repercussionsLe recul le démontre à satiété, Demons, premier album de Distance (aka DJ Distance), est un grand disque de dubstep. Toujours client de la même crèmerie Planet Mu, Greg Sanders met les bouchées doubles en 2008, multipliant les live et DJ-sets, tout en trouvant l’inspiration d’un second effort, double lui aussi. Dancing in the dark, kinda.

 

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Un disque : Distance Repercussions (Planet Mu)

24/11/2008

Myra Davies – Cities And Girls

myradavies-citiesandgirlsEn cette année électorale américaine où une illuminée défend(ait) becs et ongles l’interdiction de l’avortement, même en cas de viol (on ne vous en voudra pas de gerber sur votre écran de PC), une simple chanson peut suffire à faire des miracles d’émotion politique. Sous des dehors très early sixties girlie pop, My Friend Sherry de l’artiste spoken word Myra Davies défend d’une rage tout en retenue les affres de notre époque soi-disant moderne. Fille en cloque qu’on laisse crever dans un avortement clandestin, l’histoire terriblement d’actualité (hélas) de la Sherry du titre nous fait dire que les cinglés ne sont pas près de dégager le plancher. Comme sur la majorité des autres morceaux, la musique de l’essentielle Gudrun Gut tient le haut du pavé, accompagnant en toute humilité les textes parlés de la poétesse canadienne, sur des thèmes aussi variés qu’une vision impressionniste de Berlin (Rain) ou la visite des femmes qataries voilées jusqu’aux yeux au centre commercial local (Qatar). Pour notre part, nous avons particulièrement goûté la dégustation d’un café au Vietnam (Hanoi, titre génial sur une musique de Beate Bartel (la première bassiste des Einstürzende Neubauten), accompagné d’un dan bau, instrument vietnamien traditionnel) ou la description de la ville de Calgary à la fin du 19è siècle (Calgary). Entre autres atmosphères (très) délectables.

 

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Un disque : Myra Davies Cities And Girls (Moabit Musik)

23/11/2008

Howie & The Hotknives, oh yeah!

howiehotknives-shutupFuck Or Fight, Shut Up & Dance, Drinking For Free ou Young Fun, les titres des Howie & The Hotknives, combo punk de Portland, balancent un second degré énergétique ET bordélique des plus réjouissants.  D’une humeur poilante à se noyer dans sa Budweiser, leurs pop songs éclatées donnent des fichtres envies de coups de genou dans les burnes trop nettes de ces lopettes de BB Brunes. Oh yeah !

 

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Un 7’’ : Howie & The HotknivesShut Up & Dance (Felony Fidelity)

Machinefabriek – Dauw

Machinefabriek – DauwLe meilleur de Machinefabriek, c’est cette pure merveille qu’est l’EP Dauw, paru sur le label allemand Dekorder. Entièrement construit sur quelques notes de guitare acoustique ou de piano entremêlées à des samples de disques noirs (ce qui nous ramène à un autre EP essentiel, le Stunt de Giuseppe Ielasi), le disque subit, en toute apothéose, les craquements originels de sa matière première vynilique. Tout en dépossédant les oripeaux traditionnels du folktronica ou de l’ambient, Roger Zuyderveldt ne néglige aucun détail sonore, tous d’une beauté follement saisissante de justesse harmonique. Enorme, tout simplement énorme.

 

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Un mp3 : Machinefabriek Fonograaf

Un disque : Machinefabriek Dauw (Dekorder)