30/12/2008

Playlist # 3 - Top 10 2008


27/12/2008

Lena & The Floating Roots Orchestra – Lost Wax

LenaTheFloatingRootsOrchestra-LostWaxFigure incontournable d’une certaine scène indie made in France, celle qui – à l’instar d’un Jérôme Paressant sur son label Oceanik Creations – refuse les compromissions que s’autorise une scène faussement Naïve, Mathias Delplanque était l’auteur en 2004 d’un excellent album de dub (Floating Roots), dont le présent disque est le prolongement naturel. Axé sur un mélange des genres (dub, jazz, soul, spoken word, rap) d’une très grande maîtrise qu’on aimerait davantage en lâcher-prise, Lost Wax fait appel à une myriade de collaborateurs, voisins de paliers (les Nantais de Man Rasim Biyikli et Charles-Eric Charrier), patron de label (le batteur Steve Argüelles, collaborateur entre autres de l’impeccable Pierre Bastien) ou légende de Chicago (le corniste Rob Mazurek, habitué de la maison Thrill Jockey), qui donnent au disque une matière sonore intéressante, dont le grain riche, voire copieux, donne par moments envie de baisser pavillon. Non que le disque manque d’idées, il en regorge même, à l’image du flow de MC Black Sifichi ou des remarquables lignes de guitare de Delplanque, c’est juste que cette avalanche de richesses donne un sentiment d’indigestion étrange et incongru.

 

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Un disque : Lena & The Floating Roots OrchestraLost Wax (Plush!)

23/12/2008

Shirley & Dolly Collins, forever timeless

shirleydollycollins-theharvestyearsLa première décennie du vingt-et-unième siècle rendant plus que jamais justice à un folk anglais intemporel dans sa profondeur organique, il est temps de se replonger dans deux de ses plus grands défenseurs en la personne de Shirley et Dolly Collins. Signées en leur temps (fin sixties, début seventies) sur Harvest, division prog de la major EMI, les deux sœurs – Dolly la compositrice, Shirley la chanteuse – n’avaient guère leur pareil pour conter le pastoralisme intemporel de l’Angleterre des sœurs Brontë et de John Dowland. Quarante années plus tard, leur place au sommet est plus que jamais indiscutée.

 

En écoute sur Boomkat

Un disque : Shirley & Dolly CollinsThe Harvest Years (EMI)

Une année de concerts... en 2008

bashungnuitssecretes

 

Quelques centaines de jours sont passés, quelques dizaines de concerts ont défilé, l’heure du bilan de fin d’année a sonné, en toute subjectivité. (Photo: Didier Crasnault - La Voix du Nord)

 

Forever in my heart

Alain Bashung (Nuits Secrètes)

Alela Diane (Nuits Secrètes)

Stefan Mathieu (Netwerk)

Glenn Jones (Schip)

Meg Baird + Shannon Kraus (Schip)

Paul Metzger (Schip)

Quitzow + Setting Sun (La Filature)

Pierre Bastien & Steve Argüelles (Happy New Ears Festival)

Sean Meehan (Kraak Festival)

Riichard Crandell (Kraak Festival)

Silvester Anfang (Stuk)

Phosphorescent (Rock Herk)

 

I wish your best friend had been there

Jamie Lidell (Nuits Secrètes)

French Cowboy (Nuits Secrètes)

Fink (Nuits Secrètes)

Wire (Stuk)

Wooden Ships (Scheldapen)

Electric Boogie

Maja Ratke (Halles de Schaerbeek)

Cherry Blossoms (Kraak Festival)

Battles (Rock Herk)

Red Sparowes (Rock Herk)

Ramuntcho Matta (CitySonics)

Fleet Foxes (Botanique)

Taxi Taxi (Pathé Palace)

Sylvain Chauveau (Ateliers Claus)

 

Who fuckin’ cared ? Not me, baby

Archie Bronson Outfit (Nuits Secrètes)

Marshall Allen & Paul Hession (Kraak Festival)

Bardo Pond (Kraak Festival)

Silver Apples (Kraak Festival)

Future of The Left (Rock Herk)

Sonic Youth (Lokerse Feesten)

Thalia Zedek (Botanique)

Baby Dee (Ancienne Belgique)

Slaraffenland (Pathé Palace)

William Basinski (Happy New Ears Festival)

 

Recommend them to your worst enemy

Rokia Traoré (Botanique)

Peter Von Poehl (Nuits Secrètes)

Arman Méliès (Nuits Secrètes)

Ceramic Hobs (Kraak Festival)

Supergrass (Lokerse Feesten)

The Ruby Suns (Botanique)

Library Tapes (Ancienne Belgique)

eRikm (Happy New Ears Festival)

21:47 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : concert, live, critique, bilan 2008 |  Facebook |

21/12/2008

LEMUR – IIIIIII

lemur-IIIIIIIFormat peu usité en les pages de RifRaf et nettement plus fréquenté dans les pattes de l’Octopus, la musique expérimentale improvisée des Norvégiens de LEMUR se révèle complètement fascinante, avis à tout lecteur guère habitué à la fréquentation du genre. D’une totale liberté stylistique, le quatuor d’Oslo (flûte, cor à pistons, violoncelle, contrebasse) choisit de ne pas choisir entre composition moderne, free jazz, improvisation noise et musique de chambre, laissant libre court à des inspirations sensationnelles, de leurs compatriotes de Supersilent (impossible de ne pas y songer) à l’école viennoise du début du 20è siécle (Berg et Webern surtout), sans oublier Giacinto Scelsi ou Derek Bailey. D’une grande variété dynamique, les quatre Scandinaves étonnent de part en part du disque – première sortie du label +3dB, qui s’annonce passionnant – à fortiori quand on sait qu’il a été enregistré en une seule session. Confondante de naturel, leur spontanéité est marquée au fer rouge d’un sens de la recherche jamais gratuite, où chaque instrument prend le relais de son frère d’arme sans chercher à impressionner la galerie par des effets spectaculaires ou déplacés. Immense disque, tout simplement.

 

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Un disque : LEMUR IIIIIII (+3dB)

23:16 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jazz, critique, experimental, lemur, 3db |  Facebook |

Jandek, de l'autre côté de la légende

jandek-glasgowsunday2005Personnage mythique dont la légende a longtemps participé du traitement quasi-religieux où ses fans l’ont entraîné, Jandek est demeuré longtemps un nom vénéré des happy few, le géant Loren Connors en premier (il est d'ailleurs présent à la guitare électrique). Actif depuis plus de trente ans sur la scène blues folk expérimentale, Sterling R. Smith s’est résolu depuis quelque temps à donner des concerts, quitte à tomber le masque, quitte à mettre sa musique à nu. Témoignage d'une de ses toutes premières apparitions scéniques, Glasgow Sunday 2005 se nourrit de la terrible violence maîtrisée de son auteur, trempée dans l’acide, baignée dans les lieux de concert alternatifs à l’extrême. Accompagné pour l’occasion des magnifiques Alan Licht et Heather Leigh Murray (pedal steel et voix sans paroles) le musicien texan prouve que sa totale indépendance d’esprit ne s’est pas altérée dans les méandres du temps.

 

En écoute sur The Omega Order

Un disque : JandekGlasgow Sunday 2005 (Corwood Industries)

 

En clip : JandekReal Wild (Live)

 

19/12/2008

V/A - BiP_HOp Generation Vol. 9 (III)

biphopgenerationvol9Magicien contemporain du piano préparé, l’Allemand Hauschka (alias Volker Bertelmann) évolue dans une toute autre sphère, à un tout autre niveau. Les adorateurs des grands John Cage et Charlemagne Palestine le savent déjà, les sons du musicien de Düsseldorf, pour exigeants qu’ils soient, suscitent des petits miracles de poésie (le plus souvent) atonale, ouverte sur de riches textures qui font aussi penser à Debussy ou à Varèse. Seule – mais laquelle! – composition de Bertelmann présente sur ce volume, Piano Glasses Laptop étend son champ des possibles au contact du duo londonien Antenna Farm, dont les field recordings et expérimentations analogiques s’intègrent en toute harmonie (bien plus que mélodie) sur ces dix-sept minutes d’anthologie.

L’aventure s’achève le piano minimaliste de l’Australien Adrian Klumpes, par ailleurs membre du combo électro-jazz Triosk. D’une très grande pureté, les notes de son clavier dévalent telles des perles de cristal sur une roche diamantée, en une version microtonale et hautement sensuelle où Charlemagne Palestine (oui, encore) reprendrait le piano de Sylvain Chauveau pour mettre la pâtée au bien trop sage Library Tapes. Et c’est une superbe conclusion à un disque à haute teneur musicale ajoutée.

 

Un disque : V/ABiP_HOp Generation Vol. 9 (BiP_HOp)

18/12/2008

The Bird And The Bee, for Christmas

theebirdandthebee-raygunsA l’heure de l’année où feindre le bonheur de recevoir des cadeaux pourris relève d’un art accompli du camouflage – oh, un porte-lunettes, quelle conne, pardon bonne, idée – les radios confirment plus que jamais leur rôle malveillant d’officines de la médiocrité culturelle. Entre l’immonde Last Christmas de Wham et le très neuneu Do They Know It’s Christmas, décembre est plus que jamais un mois où il fait presque bon d’être sourd. Heureusement, tout n’est pas perdu, grâce au duo californien The Bird And The Bee et son très (electro)pop sixties 12 Days of Christmas. Un futur classique, que ne renieraient pas les Au Revoir Simone et autres Tilly & The Wall ?

 

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Un disque : The Bird And The BeeRay Guns Are Not Just the Future (Blue Note)

17/12/2008

V/A - BiP_HOp Generation Vol. 9 (II)

biphopgenerationvol9Le changement d’atmosphère est radical quand on aborde le monde paisible et éthéré de l’Ukrainien Andrey Kiritchenko. Ses field recordings d’une nature automnale où chants d’oiseau et pas dans les feuilles mortes décorent de leur sereine quiétude une guitare acoustique aux frontières de l’élégie et du surnaturel, sur fond de mélodica mélancolica (A Walking Distance To My Happiness). Par comparaison, l’autre morceau Liberation est presque solaire, imaginez-le toutefois en fin de soirée aoûtienne, lorsque les grillons garnissent de leur répétitivité des notes de cloche et de guitare d’un apaisement sonore qu’apprécieront les fidèles de F.S. Blumm.

Pour ne pas changer les habitudes – et pour encore mieux illustrer la diversité du label – l’ensemble italien Illàchime Quartet débusque un tout autre registre, quelque part entre un jazz pianistique à la Ervin Schulhoff, un violoncelle à la Gavin Bryars et une post pop cinématique dans les marges de We vs Death. La confrontation, si elle est osée, n’est pas complètement aboutie.

 

A suivre...

Parts & Labor, real post punk's not dead

partsandlabor-receiversPost punk’s not dead, le krautrock non plus! Une preuve, un indice ? Rendez-vous du coté des Ricains de Parts & Labor, trio devenu quatuor dont les chansons hyper-dynamisantes rappellent, sans le singer, l’héritage de Wire (ils en assureront la première partie d’une tournée allemande) et de Mission Of Burma. On vérifiera tout ça en février sur scène, lors d’un mini-trip franco-belge (Gand, Liège, Bruxelles, Bordeaux, Nantes et Paris) à forte teneur explosivo-apocalyptique.

 

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Un mp3 : Parts & Labor Nowheres High

Un disque : Parts & LaborReceivers (Jagjaguwar)