29/01/2009

Brown Wing Overdrive, experimental fun

bwo-esporganismPremière véritable sortie de la nouvelle série Lunatic Fringe du label de John Zorn, lisez Tzadik, ESP Organism du trio new-yorkais Brown Wing Overdrive emprunte aux diverses sources – inspirées – de ses créateurs. Au sein de collages mêlant impros dignes du patron JZ et  psychédélisme fugace enchevêtrés au milieu d’une électronique parsemée de percussions, les variations décomplexées des trois lascars tiennent davantage d’une magnifique truculence fun aux allures de soleil rose fluorescent.

 

En écoute sur MySpace

Un disque : Brown Wing Overdrive ESP Organism (Tzadik)

27/01/2009

Glitterbug – Supershelter

glitterbug-supershelterMembre actif de la scène de Cologne, le DJ et producteur GlitterbugTill Rohmann aux banquets de famille – en est à son coup d’essai sur son propre label c.sides, dont il s’agit de la première sortie à nous parvenir. Hormis sur l’inaugural Intro, pièce ambient sans beaucoup de consistance, l’influence de la culture techno locale se fait sentir, notamment sur Up North où des beats de minimale percutent sans coup férir des clochettes sorties de My Jazzy Child. Très musicales, éprises d’influences multiples jusqu’aux plus avariées (ces cordes synthétiques débarquées du trip-hop sur The Things I Long To Do), les tracks du musicien teuton manquent toutefois de peps pour réveiller et de poésie pour émerveiller, basculant parfois dans un trip aux frontières de la lounge dont on se passerait bien.

 

En écoute sur Boomkat

Un disque : Glitterbug Supershelter (c.sides)

26/01/2009

Till The Old World’s Blown Up And A New One Is Created – s/t

tilltheoldworldsblownupLe nom de ce nouveau projet de la scène viennoise peut sembler interminable, il est tout le contraire du disque, d’une pertinence rare qui raccourcit le temps au fil des trente-quatre minutes du seul morceau qui le compose (plus un second mini-CD). A la lecture des trois protagonistes aux commandes (Christian Fennesz, Werner Dafeldecker et Martin Brandlmayr), la fascination prend un sens tout particulier, nourri des œuvres précédentes Venice de Fennesz, 2 CD de Kapital Band 1 (dont Brandlmayr est le batteur) ou Autistic Daughters (Brandlmayr et Dafeldecker, plus le Néo-Zélandais Dean Roberts sur le label Kranky). Résultat d’échanges répartis sur plus de quatre longues années, Till The World… intègre à merveille les racines de ses inspirations, du merveilleux jazztronica du 2 CD déjà cité aux décombres americana d’une vibrante chambre d’écho, en passant par la verticalité ligetienne de passages extirpés d’une odyssée de l’espace d’une cohérence pratiquement unique à un tel niveau d’accomplissement. Le second mini-disque regroupe les trois compositions – une par membre du trio – qui forment le cœur de la pièce principale et intéressera surtout les dissecteurs impitoyables qui veulent comprendre à tout prix les tenants et aboutissants de ce monde explosé en voie de recréation.

 

En écoute sur Juno

Un double disque : Till The Old World’s Blown Up And A New One Is Created s/t (Mosz)

Alela Diane se tient tranquille

aleladiane-tobestillMerveilleux indicateur d’un temps qui a passé en la profonde compagnie de sa voix unique de folk singer baignée de gospel, Pirate’s Gospel de la (désormais) incontournable Alela Diane fait à jamais partie de ses albums qui vous bouleversent une vie de music freak. Très attendu – et c’est peu de l’écrire – son successeur To Be Still – nous aura fait patienter plus deux ans (mais oui) et si certaines orientations stylistiques dénotent une volonté de ratisser plus large (à quoi bon la batterie de White As Diamonds ?), on y jettera une oreille forcément toujours de bon aloi. En attendant une tournée européenne aux étapes parisienne (Bataclan, le 6 avril) et bruxelloise (AB, le lendemain).

 

En écoute sur MySpace

Un disque : Alela Diane To Be Still (Fargo Records)

Kompakt's pop ambient anno 2009

kompakt-pop-ambient-2009L’affaire est entendue, chaque début d’année voit le label Kompakt présenter la nouvelle mouture des compilations Pop Ambient. Peuplée d’artistes vénérés en ces lieux (Sylvain Chauveau, Tim Hecker, Marsen Jules ou le patron Wolfgang Voigt sous le pseudo de Mint ou aux côtés de Jörg Burger), la neuvième édition du genre complète le tableau – aux frontières de l’idylle – en invitant des compères soit indispensables (Klimek) soit recommandables, et c’est dans le "pire" des cas (Jürgen Paape, Andrew Thomas). On le disait, l’affaire est entendue.

 

Un disque : V/A Pop Ambient 2009 (Kompakt)

 

 


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23/01/2009

Soccer Committee & Machinefabriek – Drawn

soccercommitteemachinefabriek-drawnQuestion: Rutger  Zuyderveldt a-t-il trouvé la recette pour rester éveillé 24h sur 24, 7 jours sur 7 ? Au rythme actuel de ses productions, sur lequel la rubrique Love On The Bits est revenue le mois dernier, le doute est permis, tant le niveau de constance dans la qualité supérieure de sa démarche reste impressionnant. Associé à sa compatriote néerlandaise Mariska Baars, alias Soccer Committee (c’est loin d’être une première), Machinefabriek tisse des atmosphères d’une délicatesse incomparable à un tel niveau de connivence entre l’electronica dépouillée, la folk et l’acoustique contemporaine, magnifiée de la voix sublime de Baars, au phrasé élégant et qui ne force jamais la note (écoutez Di-o-day, vous nous en donnerez des nouvelles), à l’instar de Tara Jane O’Neil en ses meilleurs moments et ils sont nombreux. Inutile d’ajouter qu’un tel disque, long de ces vingt-quatre courtes minutes, ne voit son intérêt croître qu’au fil des écoutes, que nous vous souhaitons nombreuses.

 

Un mp3 : Soccer Committee & Machinefabriek Cristopher (for Suzanne) 

Un disque : Soccer Committee & Machinefabriek Drawn (Morc Records)

22/01/2009

Richard Pinhas vs Merzbow, décollage immédiat

richardpinhasmerzbow-keiolinePour inattendue qu’elle fut, la collaboration entre Merzbow et Richard Pinhas vaut son pesant de trips atmosphériques en hélicoptère. Mais pourquoi l’engin volant préféré de Bebel dans Le Professionnel, me direz-vous ? Car les effets de pales de rotor donnent un cachet tout particulier au son du travail commun du duo franco-japonais, parmi des surprenantes trouvailles sonores loin de la folie furieuse habituelle de Masami Akita lorsqu’il laisse courir les déluges de décibels bruitistes le long de sa guitare solo.

 

Un disque : Richard Pinhas & Merzbow Keio Line (Cuneiform Records)

Robin Guthrie – 3:19 Bande Originale du Film

robinguthrie-319Héros de tout qui a connu les Cocteau Twins (il en était le guitariste), Robin Guthrie ne se départit jamais sur cette bande originale des lenteurs vaporeuses qui caractérisent sa musique depuis les albums des eighties jusqu’à aujourd’hui. A chaque instant des trente-six minutes, la voix de Liz Frazer guette, sans jamais apparaître, laissant toute la place aux compositions très mélancoliques, voire immensément tristes, du musicien anglais. Décor sonore d’un film mexicain dont le titre évoque le passage de la Bible qui nous rappelle notre état de poussière qui retournera bientôt à son état originel, les dix compositions n’inviteront pas les blasphémateurs des jumeaux Cocteau à réviser leur jugement dernier, tout comme elles confirmeront les disciples du duo de ne pas se muer en Judas.

 

Un disque : Robin Guthrie 3:19 Bande Originale du Film (Rocket Girl / Optical Sound)


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20/01/2009

Peter Rehberg – Work For GV 2004-2008

peterrehberg-workforgvPatron du label Editions Mego, duettiste aux côtés de Stephen O’Malley dans KTL, collaborateur d’une frange radicale de l’electronica (Kevin Drumm, Marcus Schmickler, Z’EV, on en passe), Peter Rehberg (alias Pita) travaille également aux côtés de la chorégraphe (et marionnettiste) française Gisèle Vienne depuis 2001. Par le passé, leur interaction nous a déjà valu les incroyables Kindertotenlieder, dont la suite discographique s’est révélée d’une fertilité fascinante (trois albums de KTL, un quatrième est sorti voici peu). La présente compilation se concentre sur trois autres travaux du Londonien pour la Parisienne, pour I Apologize, Une Belle Enfant Blonde et Jerk, soit autant d’occasions de révéler l’étonnante polymorphie de la musique rehbergienne.

La moitié des huit titres concerne le premier spectacle, produit en 2004. Au sein d’un même titre (ML6), on y trouve Rehberg en spoken word artist déviant progressivement vers le bruitisme incandescent de KTL. D’autres compositions du maître évoquent une inquiétante plongée dans la face obscure de l’univers, peuplé de monstres abrités derrière des pulsations organiques, dont l’évolution vers une furie indus débouche – étonnamment – sur un rappel évident du The Ghost Sonata de Tuxedomoon, sans compter l’exceptionnellement obsédant Boxes & Angels, dont l’écoute au casque peut rendre fou jusqu’à la mort. Inutile de dire qu’on se sent parfois mal à l’aise et c’est ce qui donne tout son piment à un disque à ne pas mettre entre toutes les oreilles juvéniles, tant les thèmes abordés (la violence domestique pour I Apologize, les meurtres en série pour Jerk) explorent les viscères d’une humanité pas toujours agréable à fréquenter.

 

Un disque : Peter Rehberg – Work For GV 2004-2008 (Editions Mego)

 


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The Runs, piss, shit and much more

theruns-pissandshitLes titres des morceaux de The Runs (Constipated, Piss And Shit, My Job Sucks) sonneront, peut-être, aux oreilles puristo-puritaines comme une vaste rigolade juste bonne à balancer sa bière à la tronche de John Stargasm. Tant pis pour eux et toute la clique des losers du mauvais goût tendance section CdH de Morlanwelz, l’énergie punkoïde du combo canadien se mêle d’une morgue mélodique décadente qui fait du bien à tous les tympans usés par trente années de fréquentation post-Hüsker Dü. Dead or alive ? It’s up to you, dude.

 

En écoute sur Juno

Un 7’’ : The Runs Piss And Shit (Criminal IQ)

21:21 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rock, punk, preview, the runs, criminal iq |  Facebook |