09/02/2009

Xela – In Bocca Al Lupo

xela-inboccaallupoLa pochette – un adepte de Devendra Banhart, figure christique s’il en est, au corps lacéré et sanguinolent guetté par les loups – le déclare sans fausse pudeur, les atmosphères du nouvel opus de Xela seront oppressantes, mortifères et angoissantes. Telle une bande-son pour documentaire noir d’une secte satanique norvégienne, la nouvelle production du boss de Type John Twells est terriblement impressionnante de noirceur poétique, tout entière au service d’un imaginaire dark ambient clairement au-dessus de la mêlée. Exceptionnel de créativité morbide, l’introductif Ut Nos Vivicaret craque de tout son être refroidi – comme si le turntablism de Giuseppe Ielasi était passé au filtre de Svarte Greiner –, tandis que des cloches lointaines rappellent sans doute l’enterrement furtif d’un loup-garou explosé sur une mine. Ecrit à l’origine pour une installation thématique sur la peur, In Bocca Al Lupo trouve autant un écho en le remarquable Requiem For A Young Poet de Bernd Alois Zimmermann que dans les œuvres les plus sombres de l’ambient contemporaine (Jefre Cantu-Ledesma, ce genre). Evitant merveilleusement l’écueil de la monotonie blafarde comme celui de la complaisance gothique, le musicien britannique revisite la chrétienté dans ce qu’elle a de moins lumineux – ô euphémisme – la palme de la fureur tombale revenant au conclusif Beatae Immortalitatis, aux sourdes percussions sur fond de cris enragés (think Prurient) enveloppées dans une électronique aussi hallucinée que conquérante.

 

Un disque : Xela In Bocca Al Lupo (Type Records)

 


Ut Nos Vivicaret - Xela

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