28.02.2009
Humcrush – Rest At Worlds End
Inutile de le rappeler – si, quand même – la Norvège est sans doute le pays où le jazz prend ses extensions les plus intrigantes, elles en sont d’autant plus redoutables d’inventivité. On ne le répétera jamais assez, le tout récent IIIIIII du quatuor Lemur, fort d’un équilibre magique entre ses membres, est un disque à mettre entre toutes les oreilles un jour tombées sous le charme de Supersilent. Membre du plus célèbre des combos de jazz expérimental du pays des fjords, son claviériste Ståle Storløkken est associé au batteur / compositeur Thomas Strønen sur ce projet Humcrush, dont le présent est le reflet de performances de concert données aux quatre coins de la patrie de Erlend Øye. Musicalement, la collaboration entre les deux musiciens fonctionne à merveille, la batterie de l’un, tantôt plus percussive, tantôt plus caressante, trouve un contre-point idéal en les claviers du second. Très variées sont également les atmosphères, entre secousses à la MoHa! ou à la 16 17, abstractions presque ambient et dynamisme supersilencien, et ces quelques lignes rendront sans doute une bien faible justice à la créativité infinie d’un duo qu’on espère voir passer en nos terres un de ces jours.
Un disque : Humcrush – Rest At Worlds End (Rune Grammofon)
23:09
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27.02.2009
Black Dice au repo
Les premiers albums de Black Dice l’ont démontré, sans même parler de l’extraordinaire Dead Drunk de Terrestrial Tones, les folies soniques insensées ont toute leur place dans l’univers démantibulé des frangins Copeland. Cinquième – ou sixième, whatever – effort des cinglés yankees, Repo laisse toutes les portes ouvertes à leur démesure, à nous de nous engouffrer sans peur ni reproche, le 7 avril venu.
Un disque : Black Dice – Repo (Paw Tracks)
Nite Creme - Black Dice
Earnings Plus Interest - Black Dice
Chicken Shit - Black Dice
21:18
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26.02.2009
Helvetikone – Bubble Hum
Ce ne m’est même pas un euphémisme, la fréquence discographique de Helvetikone est tout sauf soutenue. Un premier EP en 2003, suivi de cinq années de silence, avant le premier vrai album, il n’y à guère de quoi remplir les étagères Ikea de nos appartements même étroits. N’imaginez toutefois pas Eduard Müller en oisif pianotant sur Facebook du matin au soir, l’homme gérant au quotidien la programmation du fameux tracker musical Renoise, activité principale qu’il combine à celle de producteur techno.
Le disque débute par un formidable track mélodique, où un synthétiseur robotique kraftwerkien tient la fragée haute à des dark beats d’une profondeur étonnamment cristalline, tels des Front 242 sous hypnose rudoyant Apparat. Ce ne sont pas les seules traces d’electronic body music du disque, loin s’en faut, tant le producteur berlinois prend un malin plaisir à multiplier les crocs-en-jambe à la scène techno minimale de sa ville. Par-delà les rigueurs sombres de ses rythmiques, Müller s’affranchit de la nuit en distribuant les pilules de couleur violacée qui font guili guili. Toutefois, et c’est bien dommage, Helvetikone peine à dépasser le simple stade de l’obscurité dubstep, se contentant par moments de redondances trop peu originales pour convaincre (Exocrine). Heureusement, d’autres étapes de Bubble Hum voient son auteur se démarquer du son de Croydon, en une idiosyncrasie qu’on aurait aimé plus affranchie de ses maîtres.
Cis (Dev) - Helvetikone
Mosquito - Helvetikone
23:04
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Teresa Rampazzi, elle aussi pionnière
L’heure étant plus que jamais à la (re)découverte des précurseurs de la musique électronique, le label milanais Die Schachtel prouve, si besoin était, sa propension au défrichage de l’excellence. Extrait des archives de l’université de Padoue, les quatre pièces de la compositrice italienne Teresa Rampazzi (1914 – 2001) ont toutes été enregistrées entre 1970 et 1980, la plus fameuse (et la plus développée) étant les vingt-cinq minutes de Musica Endoscopica, illustration sonore d’un effrayant documentaire où une caméra explore – le titre l’indique – un estomac humain.
En écoute sur le label
Un disque : Teresa Rampazzi – Musica Endoscopica (Die Schachtel)
12:32
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25.02.2009
Menace Ruine – The Die Is Cast
Orageux et noir corbeau, le combo montréalais Menace Ruine en est déjà à son second épisode, huit mois seulement après la sortie de son opus initial Cult Of Ruins (déjà tout un programme en soi). Et il a beau être tout jeune, le duo canadien change complètement de registre, évacuant la furie black métal satanique de son premier effort au profit d’un doom folk shoegazing slowcore – tout ça, oui – où toute trace de gras est désormais proscrite. Hantée, il faudrait écrire possédée, par la magnifique (si, si) voix médiévalisante de la chanteuse Geneviève, fille cachée de Nico et de Brian Molko, la musique évidemment sombre de Menace Ruine ne succombe toutefois pas à la tentation morbide facile, préférant développer des atmosphères éprise de littérature gothique (on pense à la Carmilla de l’Irlandais Sheridan Le Fanu, muse de moults films de vampires). Pour ne rien gâcher, et c’est heureux, les mélodies étirées des Montréalais évoquent la lenteur faite art d’Elizabeth Anka Vajagic (autre Canadienne pas spécialement drôle), confrontées au lyrisme magnétique de My Bloody Valentine et aux bruits légendaires des incomparables Sunno))). Le plus étonnant demeurant que, malgré des atmosphères pesantes et finalement monotones, le disque continue de se fréquenter avec bonheur au fil des écoutes, encore que le terme doit être banni à jamais du vocabulaire de ses auteurs.
Un disque : Menace Ruine – The Die Is Cast (Alien8 Recordings)
One Too Many - Menace Ruine
Dismantling - Menace Ruine
22:53
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24.02.2009
Den Haan, the italo disco sound of our time
Magnifiquement fun dans son approche italo disco qui ne doit rien à personne, sinon au talent de ses deux auteurs glaswegiens, le 12’’ Release The Beast nous lance sur la piste (de danse) de la paire Den Haan. Et on s’y trouve plus que bien, nom d’un coq en pâte !
En écoute sur Juno
23:07
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Lithops – Ye Viols!
Familier de tout qui fréquente l’univers sautillant – aux gambettes et plus encore au cortex – du duo Mouse On Mars, Jan St Werner balança en 2007, aux côtés de son éternel comparse Andi Toma, un missile electro punk ravagé/geur – il était aussi étonnant que jouissif. Depuis l’événement, majeur, c’est peu dire que nous attendons un second album de Von Südenfed, rien que pour retrouver le plaisir ronchon de l’incomparable Mark E Smith au micro.
En attendant ce jour miraculeux, St Werner sous son alias de Lithops compile sur Thrill Jockey – label peu habitué aux performances électroniques – une sélection de bandes sonores pour installations exposées dans diverses cités européennes (Amsterdam, Dublin ou Londres). Tour à tour habillage sonore d’esquisses architecturales néo-modernistes (Graf), décor musical d’une exposition de Rosa Barba et David Maljkovic (Handed et ses boucles obsédantes) ou soundtrack d’une performance chorégraphique du jeune Coréen Lee Yaung (Inductech), la musique de l’homme de Düsseldorf ne nécessite toutefois pas d’être plongé dans leur destination finale pour être pleinement appréciée dans le cadre solitaire de nos logis individualisés. Par moments, pas tous évidemment, c’est carrément une sacrée vrille électro-pop (Sebquenz) qui emporte tout sur son passage, bien que d’autres passages aux ambiances plus abstraites (21. Jhrdt) peinent davantage à retenir l’attention. Mais c’était sans compter sur In Nitro, dont les brèves secousses évoqueront à l’auditeur hexagonal le terrifiant générique d’une émission-culte de la télévision française, nous avons nommé Les Dossiers de l’Ecran.
Un disque : Lithops – Ye Viols! (Thrill Jockey)
Handed - Lithops
Sebquenz - Lithops
22:01
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23.02.2009
Anihata = Helena Espvall + Tara Burke
Quand un duo regroupe deux figures du folk psyche de la trempe de Helena Espvall (Espers) et Tara Burke (Fursaxa), les attentes volent à une altitude hautement stratosphérique. Quelques bouts des six morceaux plus tard, la brièveté de l’instant rend difficilement justice à une musique posée sur des fils entre Moyen Orient – Anahita est la déesse perse de l’eau et de la fertilité – et apocalypse.
Un disque : Anahita – Matricaria (Important Records)
Pirin Planina - Anahita
Velvet Shoon - Anahita
22:02
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22.02.2009
V/A – Famous When Dead Sechs
L’air de ne pas y toucher – ou alors de se toucher sensuellement sur le dancefloor au son d’une minimale sensuelle et capiteuse – la série Famous When Dead en est à sa sixième livrée. Comme d’habitude, le label de Francfort propose une sélection complètement pertinente de tracks, la palme revenant au maladif The Number de Losoul, perle acid house sombre et magnétique à se faire dessus de bonheur. D’autres morceaux, troussés à se pâmer d’extase, relèvent le défi avec autant de brio extatique (l’hommage au Panorama Bar Day For Night de MyMy, l’hymne headbanging Plastik de Simon Baker idéalement remixé par Todd Terje ou la voix bordéliquement suave de Laura Marie Clarke sur Color Correction). Pour dix morceaux top classe, là-haut tout au sommet de ces putains de loudspeakers où ta cousine trémousse son cul sans fausse pudeur.
Un disque : V/A – Famous When Dead Sechs (Playhouse)
The Number - Losoul
Day for Night - MyMy
Plastik [Todd Terjes Turkatech Remix] - Simon Baker
Color Correction - X-District
18:35
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20.02.2009
U.S. Girls fuck it up in style
Pédales de reverb' et distorsion ouvertes à fond les manettes, le noise rock des U.S. Girls dérouille les tympans et l’enclume à en devenir marteau. Au-delà d’un mur du son qu’on croirait sorti d’une meute de nanas en furie, c’est une seule personne – une certaine Megan Remy – qui est responsable de ce déluge infernal. Ce n’est toutefois qu’un seul aspect, terriblement marquant, de sa vision artistique, l’autre versant démontrant un minimalisme revêche en rappel de Heather Leigh Murray, ainsi qu’une vision bricolo arty de la pop qui n’est pas sans évoquer Gary War.
23:01
Écrit par Fab
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