07/03/2009

Jacob Kirkegaard – Labyrinthitis

jacobkirkegaard-labyrinthitisCela paraîtra surprenant à beaucoup, l’année 2008 qui s’est achevée a été marquée par deux disques importantissimes, dont le travail dans les sons suraigus a mis à mal les tympans de leurs auditeurs, tout en leur donnant une énorme claque dont ils ne sont pas tout à fait remis. Première de cette monstrueuse épopée orthophonique aux limites de l’audible, ça ne la rend que plus fascinante, Arrowhead de Prurient nous avait déjà complètement scotchés sur notre chaise, elle-même soumise à l’impitoyable travail de son géniteur, bourreau sonore de génie. Toujours dans la même gamme de hautes fréquences, mais dans un registre beaucoup plus serein de la musique ambient, le Danois Jacob Kirkegaard développe sur sa nouvelle œuvre interactive des sons générés dans ses propres organes internes, créant une réaction audible chez son auditeur. Fondé sur le principe scientifique selon lequel deux fréquences jouées dans l’oreille interne produisent à leur tour une troisième fréquence, le disque – une seule plage d’une trentaine de minutes – se sert de ce produit de distorsion des émissions otoacoustiques (celles qui causent les bourdonnements dans l’oreille), Kirkegaard reproduisant artificiellement les sons dans sa composition pour que l’auditeur finisse par écouter le son de ses propres oreilles. Aussi théorique qu’il puisse paraître, ce discours se révèle heureusement bien plus captivant dans son application pratique, grâce aux variations à l’infini des hauteurs de ton, qui embaument leur auditeur dans une hypnose à hautes fréquences totalement antispasmodique.

 

Un disque : Jacob Kirkegaard Labyrinthitis (Touch)

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