11/03/2009

Aidan Baker & Tim Hecker – Fantasma Parastasie

heckerbakerDepuis les absolument essentiels Radio Amor et Harmony In Ultraviolet, le nom de Tim Hecker fait partie du cercle restreint, presque intime, des incontournables de l’electronica contemporaine. Epiée à l’aune de la plus fine des exigences, chaque sortie du maître de Montréal est un événement et la présente collaboration avec son compatriote Aidan Baker ne fait pas exception à une règle que ferait bien se d’appliquer William Basinski, en petite forme ces derniers temps. Fascinante de poésie sonore, la mitoyenneté entre les deux artistes triture des sonorités guitaristiques – instrument de Baker au sein du duo doom ambient Nadja – en marge du shoegazing et de la dream pop, passées à la moulinette expérimentale de son comparse Hecker. Globalement penchée sur une abstraction musicale dont nous nous étions déjà réjouis chez Wzt Hearts ou Jefre Cantu-Ledesma, les sept mouvements du duo canadien bruissent aussi dans leurs structures micro-mélodiques, à l’image de la fascinante colère orageuse de l’inaugural Phantom On A Pedestal ou du méphistophélien Skeleton Dance. A contrario, et pour encore mieux illustrer la diversité stylistique de ce disque remarquable d’équilibre, le jeu de Baker picore de ses quelques la brume ambient de Hymn To The Idea Of Night, tandis que le souvenir du magnifique Benjamin Lew hante de ses harmonies limpides des Auditory Spirits. Sans même parler du sommet absolu de l’album (et du changement d’année), le formidablement onirique Dream Of The Nightmare, preuve ultime et essentielle que l’émotion la plus profonde est totalement soluble entre six cordes électriques et atmosphères digitalisées.

 

Un disque : Aidan Baker & Tim Hecker Fantasma Parastasie (Alien8 Recordings)

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