13/03/2009

Baskaru, une certaine vision de l'éther

baskaruLongtemps – enfin, quelques années – foyer de musiques électroniques expérimentales uniquement disponibles sur le Net et en format CD-R, le label français Baskaru a franchi l’an dernier le Rubicon de la vraie distribution, format digipack et artwork digne de ce nom inclus dans le prix (modeste, 14 € sur le site, port compris). Témoin de cette révolution pour cette petite structure, le Grenoblois Gabriel Hernandez, dites GoGooo, ca fait mieux, indiquait la porte d’entrée baskarienne aux béotiens que nous étions, par la grâce élégiaque d’un disque (Long, Lointain) étiré dans sa prose electronica mais jamais complaisant dans sa vision de l’éther.

 

Epris d’atmosphères absorbantes sans se croire obligé de nous mener par la main comme des enfants qu’il faut trop surveiller, la maison Baskaru nous a déjà valu une autre sortie complètement recommandable, si ce n’est indispensable, c’était au printemps 2008, saison des amours électroniques. Produite par le compositeur japonais Yoshio Machida, cet Hypernatural #3 défibrillait la poésie répétitive de Philip Glass au travers de son spectre digital, ses tentatives mélodiques pleinement abouties dans leur discrétion rappelant la transfiguration fenneszienne, tout en étant porteuse d’une démarche spirituelle – well, sort of – merveilleusement illustrée par un chœur de nonnes bouddhistes en libératrices de nos souffrances existentielles.

 

Intéressante, mais moins fondamentale car trop marquée stylistiquement, la vision du Britannique Michael Santos ne se démarquait pas réellement des meilleurs représentants de sa fratrie, de Belong à Opitope en passant par Jefre Cantu-Ledesma et, bien sûr, l’incontournable Fennesz, sans qui la musique d’aujourd’hui ne serait pas tout à fait ce qu’elle est. Mauvaise langue, on se disait déjà que la mystérieuse structure hexagonale avait déjà mangé l’essentiel de son pain blanc et c’est avec une certaine circonspection qu’un gros paquet – trois disques d’un seul coup – ayant trouvé la boîte aux lettres de votre serviteur, fut déballé et scruté dans ses moindres recoins. On ne perdait rien pour entendre, évidemment.

 

A suivre

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