27/03/2009

Strotter Inst. – Minenhund

strotterinst-minenhundAlias du musicien Suisse Christoph Hess (Sum Of R, Herpes Ö DeLuxe), Strotter Inst. héberge sous sa mystérieuse dénomination un véritable as du turntablism, qu’on adorerait observer dans une soirée dédiée à ce genre tellement étonnant. Aux côtés des Giuseppe Ielasi et Philip Jeck, la présence du citoyen helvète sur son compatriote de label Hinterzimmer (en coprod avec la maison de Baltimore Public Guilt) affirme un talent qui ne concède rien au génie de ses deux collègues italo-britannique. La quincaillerie sonore créée par Hess est tout simplement formidable. Au départ de vieilles platines Lenco modifiées, il tourne des disques dont le son est manipulé pour créer des effets de pulsation – et non de rythmes – absolument redoutables de précision martiale et d’envoûtement hypnotique.

Synthèse aussi étonnante que prenante des premiers travaux répétitifs de Steve Reich et de l’indus vue par Throbbing Gristle, sans oublier l’ambient de William Basinski passée à la moulinette des élastiques et fils électriques qui en créent le tempo, les quatorze titres anonymes de Minenhund (chien de la mine) entraînent leur auditeur dans un enchaînement infernal entre monstre sidérurgique et monstre noir assoupi au fond d’un cratère atomique. Loin de simplement raconter le savoir-faire évident d’un maître de l’expérimentation dont on rêve d’admirer le bricolage en concert (à l’image du fondamental Pierre Bastien au dernier festival Happy New Years) et dont l'écoute au casque rend fou, l’œuvre de Hess confirme en toute hypothèse qu’il n’est pas le collaborateur des excellents Sudden Infant et Maja Ratkje pour rien. Disque de l’année ?

 

Un disque : Strotter Inst. Minenhund (Hinterzimmer / Public Guilt)


# 5 - Strotter Inst.

# 11 - Strotter Inst.

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