01/04/2009

Erik Friedlander – Block Ice & Propane

erikfriedlander-blockiceDans l’univers très formaté de la musique, adepte de classements tout faits et d’étiquettes indécollables, le présent disque d’Erik Friedlander sonne tel un rappel de nos cloisonnements mentaux, si prompts à refuser les rapprochements esthétiques inattendus alors que leur simple écoute dégage des saveurs inoubliables et éternelles. Au croisement de l’expérimentation et de l’americana, le violoncelliste et compositeur américain dévoile une maîtrise de l’instrument, superbe dans le fingerpicking comme dans les glissandi, évadée dans les espaces infinis d’un Midwest fantasmé. De la première technique, Friedlander retient une entêtante parabole sur cinq lentes notes (Dream Song), de la seconde manière, il décoche une cavalcade country virevoltante et virtuose de bonheur (Airstream Envy). Surtout, et là se situe l’essentiel, le jeu du poète sonore new-yorkais est mis complètement au service de ses compositions, prenantes et novatrices tout en demeurant parfaitement accessibles, telle la bande-son parfaite d’un western avec Will Oldham en guest star (le tournoyant morceau-titre, Yakima). L’homme peut toutefois se faire plus radical, presque bruitiste (A Thousand Unpieced Suns) car il n’oublie pas ses liens étroits avec le grand John Zorn, tout comme il peut déposer la virulence au pied de son tabouret, en équilibre stable entre atmosphères intimes et mélodies espacées.

 

Un disque : Erik Friedlander Block Ice & Propane (Skipstone Records)

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