03/04/2009

Jeremy Warmsley – How We Became

Jeremy Warmsley – How We BecameIl faudra bien le trouver un jour, cette fontaine de jouvence où les songwriters anglo-saxons puisent leur inspiration, histoire d’y envoyer se faire rafraîchir – ou se noyer, dans certains cas désespérés – tous les pseudo-mélodistes à deux balles de la chanson franchaige. Cette source inépuisable, le Londonien Jeremy Warmsley a dû la fréquenter, posté entre la morgue salutaire d’un Rufus Wainwright et l’élégance raffinée d’un Neil Hannon confrontée au timbre de Morrissey. Jamais faussement timide, d’une grandeur d’âme épique jusqu’au paroxysme (Lose My Cool), la musique du musicien anglais visite, toutes voiles dehors, des ballades éprises d’Ed Harcourt (Sins (I Try)). Moins convaincant dans un registre électro-pop évadé de chez Morr Music pour finir chez euh… Maximilian Hecker (la chanson-titre), Warmsley révèle un sens du tragique pleinement absorbant, le producteur Markus Drays n’étant pas passé par les consoles d’Arcade Fire pour rien. En dépit de deux ou trois maladresses coldplayennes qui gâchent l’ensemble, on y reviendra, à commencer par le duo americana Boat Song où la voix d’Emmy Le Grand apporte la chaleur d’Allison Kraus à une pop baroque souvent du meilleur effet.

 

Un disque : Jeremy Warmsley How We Became (Transgressive Records / Warner)

Les commentaires sont fermés.