27/05/2009

Sleepy Sun – Embrace

sleepysun_embraceIls sont jeunes, 22 et 23 ans, les six membres de Sleepy Sun, et cela ne les empêche nullement de s’y connaître en psychedelia americana. Rempli de guitares torturées à grands coups de distorsions, leur premier opus Embrace indique aux observateurs de la scène West Coast la direction bruyante – et excitante – des Wooden Shjips, débusquée au coin d’un bois où le Neil Young des débuts sous hautes influences illicites éblouit tout son monde. Pour (essayer de) faire bonne figure, les pédales d’effets sont poussés à fond les ballons, ce sont les dealers d’ecsta qui leur disent merci, sans que l’on sache trop si c’est de la pose ou de la sincérité (New Age). Plus sage, sans jamais être soporifique, la ballade Lord invite à un corps-à-corps émouvant de tendresse (oh, rien de nunuche), entre accords de piano échappés de Grizzly Bear et guitare électrique au lyrisme tranchant des Kings of Leon. En d’autres temps (Red/Black), la confrontation tourne au chant du cygne post-The Piper at the Gates of Dawn, sous (haute) influence Thom Yorke, avant que de gros coups de mou au genou, censés incarner une tentation stupéfiante, ne fassent retomber une tension jusque là prenante (Golden Artifact). Bien vite, toutefois, les distorsions enjambent le pont-levis de la scansion acide, encore qu’elles sentent la recette – très – éprouvée (White Dove) aux relents nauséeux de rock prog. L’un dans l’autre, on se sent grugé, en dépit de quelques très bonnes chansons.

 

Un disque : Sleepy Sun – Embrace (ATP Recordings)

Lord - sleepy sun

Sleepy Son - sleepy sun

Les commentaires sont fermés.