08/06/2009

Lawrence English, l'origine du temps

lawrenceenglish1Entre les multiples casquettes de Lawrence English, héros contemporain d’une musique ambient qui dépasse les clichés planants pour atteindre l’universalité d’un Brian Eno période Harold Budd ou d’un DJ Olive aujourd’hui, chaque activité n’outrepasse jamais une autre, tout comme la fièvre de la nuit complète le repos du jour. Patron des labels Room40 et Someone Good, musicien et compositeur aux œuvres rêvées par Christian Fennesz et Jim O’Rourke, commissaire d’expositions audio ou installateur sonore, l’artiste australien tient le haut du pavé, et on espère bien que ce n’est pas fini.

 

Aujourd’hui âgé de trente-trois ans, l’homme de Brisbane promène dans son sillage ésotérique une multitude de disques en solitaire et de collaborations amicales, dont le niveau d’ensemble laisse généralement sans voix. Co-auteur tout récemment du très recommandable U aux côtés de son guitariste de compatriote John Chantler, English tressait pour notre héroïne électro-pop préférée Tujiko Noriko des filaments de soie d’une élégance soyeuse, dont l’apparente fragilité ne faisait que s’infirmer au fil des écoutes. Laissant la place à des compositions micro-tonales d’une ampleur exemplaire de modestie et de talent, l’univers dressé par le trio nippo-australien n’a pas fini de nous dévoiler ses richesses, enfouies et vivaces pour des mois (années ?) encore.

 

Patron de la maison Room40 qui éditait cette très jolie collaboration, Lawrence English nous est tout autant redevable DU disque ambient de ses derniers temps, l’extraordinaire Triage de DJ Olive. Hébergeur de noms recommandables (Janek Schaefer, Greg Davis), voire mythiques (Oren Ambarchi, Luc Ferrari), cultivateur des zones en friche de l’espace électronique contemporain, le multicartes aussie produit non seulement des disques, matière première de tout label, mais aussi organise des festivals dans sa ville de résidence (Liquid Architecture et What Is Music?), tout en mettant sur pied des expositions où le sonore répond au visuel, et inversement, à l’instar du toujours intéressant festival CitySonics, tenu chaque été en cette bonne vieille ville de Mons.

 

Plus pop et (beaucoup) plus mélodiques, les sorties de Someone Good – l’autre imprint dont notre homme s’occupe, ici aux côtés de sa femme Rebecca – témoignent cependant d’un même attachement aux valeurs fondamentales de l’être humain Lawrence English, pour qui chaque œuvre s’inscrit dans un espace, qu’il soit géographique et/ou temporel, qui lui donne toute sa force et son originalité. Entre It’s On Everything, le premier effort du Japonais Akira Kosemura, qui mêle des mélodies pianistiques élégantes à des field recordings d’une discrétion électronique rare, micro-pop de chambre du duo Lullatone (qui arrachera bien des sourires à tous les My Little Cab fans du monde) et bricolages indie de The Rational Academy (on les verrait bien sur Own Records, tiens), l’esthétique reste la même dans sa profondeur intime, le reste n’étant que questions de pure forme, plus concrète dans un cas, plus abstraite dans l’autre.

 

A suivre

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