14/06/2009

Lawrence English – Kiri No Oto

lawrenceenglish-kirinootoLes présentations faites, le temps est venu de nous intéresser aux deux dernières productions de Lawrence English, chronologiquement parlant. Parue sur le label Touch, célèbre pour l’édition des passionnants récents travaux de Jacob Kirkegaard (dont nous ne recommanderons jamais assez l’ultime Labyrinthis), Hildur Gudnadottir (ou l’émotion faite violoncelle) ou Fennesz (pas à son meilleur toutefois sur son ultime Black Sea), Kiri No Oto (Le son du brouillard dans l’idiome natal de Keiji Haino) est tout simplement un disque exceptionnel, ce que l’année écoulée depuis sa sortie n’a fait que confirmer. Explication de (con)texte. Au départ de l’opus, il y avait une collection de sons glanés lors des voyages d’English, entre Pologne, Nouvelle-Zélande, Japon et Australie. Filtrées et soumises à des distorsions qui lui confèrent un supplément d’âme absolument stupéfiant de maîtrise technique, les sonorités de Kiri No Oto entraînent l’auditeur en une quête habitée de, vous l’aurez deviné, brumes et brouillard. D’une hauteur de vue qu’on n’espérait guère plus depuis le Zauberberg de Wolfgang Voigt aka GAS, l’œuvre débute par un morceau complètement mystifiant de bruitisme élégant, il est bien plus rêveur qu’inquiétant (Organs Lost At Sea). Toujours en phase avec sa vision de la musique, le cas présent à un environnement où règne une fausse sérénité, il ne se laisse toutefois pas aller à une complaisance reposante et amorphe. Sous des faux airs de tranquillité, le chaos surgit d’où on ne l’attend plus (White Spray), avant que les échos d’une fin de nuit glaciale au-dessus des flots ne submergent la vanité de l’être humain, frêle esquif qui s’imagine omnipotent. Et face à cet immense disque, on s’imagine vraiment (tout) petit.

 

Un disque : Lawrence English – Kiri No Oto (Touch)


Organs Lost At Sea - Lawrence English

White Spray - Lawrence English

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