27/10/2009

Green Sky Accident – Drops Of Color

greenskyaccident-dropsofcolorPays des durs à cuire aux grosses bécanes qui font vroum vroum, la Norvège compte aussi en ses rangs nationaux quelques-uns des plus beaux spécimens de la musique pop/folk contemporaine, des héros subtils Kings Of Convenience à l'américana secrète de Thomas Dybdahl. A l'écoute du présent Drops Of Color, il faudra (peut-être) compter sur le duo Green Sky Accident et ses entêtantes chansonettes folky, entre bien d'autres bonnes choses.

Bien qu'ayant, eux aussi, sacrifié à l'insupportable mode du ukulélé, les deux Nordiques échafaudent une maison mitoyenne des Herman Düne relookée par Erlend Oye (In And Out Of Tune). Adeptes des fausses pistes (un peu, beaucoup de guitares à la My Bloody Valentine sur Something To Believe In et on les croit volontiers), Tore Torgrimsen et Stian Mathisen connaissent leurs classiques poppy sur le bout de leur gratte, de Simon & Garfunkel à la grande période shoegazing. Pas toujours affranchis de leurs glorieux aînés, les deux comparses déclinent parfois des clichés too much (ces pa pa pa pa féminins sur You Draw The Line), ils ne sont heureusement qu'accessoires mineurs. Bien meilleure quand elle se dépouille de ses oripeaux inutiles, la musique de Green Sky Accident prend alors un bien chouette envol. Face à ses mélodies aux réminiscences de ces délicieuses heures d'été passées à sublimer le temps (The Tiger And The Whale), optimiste sans être béate, cette première œuvre des GSA invite à l'abandon juvénile.

 

Un disque : Green Sky Accident Drops Of Color (Interregnum Records)


Something To Believe In - Green Sky Accident

Is It Too Late - Green Sky Accident

25/10/2009

We Are Unreasonable People, 20 years later

Warp20NewYorkYES-DanHoldsworth2009withborder(1)Pour ses dix années d’existence, c’était en 1999, Warp Records avait publié une triple compilation résumant non seulement les artistes phares de sa première décennie, certains toujours mythiques (Nightmares On Wax, LFO), d’autres tombés dans l’oubli, en dépit d’une aussi courte qu’impeccable discographie (le duo Sweet Exorcist). Encore très profondément imprégné d’une éthique dancefloor électronique, le label alors de Sheffield nous avait gratifié d’une sacrée livrée de ses influences. Elles prouvaient les goûts, marqués et transcendants, des fondateurs Steve Beckett et feu Rob Mitchell pour tout ce qui touchait à l’acid house et à la techno, quelque part entre l’incontournable A Guy Called Gerald et Model 500 (aka l’immense Juan Atkins), alors que le virage vers une musique plus diversifiée s’état déjà fait sentir avec les signatures de Broadcast ou Jimi Tenor. La deuxième page de son existence tournée, c’est en toute beauté que la maison désormais établie à Londres nous gâte, sous la forme d’un riche coffret, comprenant un livre (192 pages pour plus de 400 artworks) et, bien entendu, de la musique – en cinq CD et cinq vinyls. Coûteux bien que goûteux (120 € pour le copieux tout, et on en a pour son argent), l’anniversaire se décline également en deux doubles albums Chosen et Recreated disponibles séparément.

 

Désormais moins au sommet de la branchitude électronique que des Planet Mu ou Tempa, notamment en matière de dubstep ou de funky – encore que de récentes sorties des excellents Clark et Flying Lotus infirment cette théorie – Warp a parfois semé le doute chez ses fans de la première heure. En adeptes inconditionnels des beats et du glitch défendus par Aphex Twin ou Plaid, ils ont eu bien du mal à encaisser la pilule indie mainstream que constituait les récentes signatures des arty pop Grizzly Bear, sans même évoquer le rock généraliste et (parfois) démago des Maxïmo Park. En dépit de ces quelques glissements de terrain, l’officine anglaise est cependant restée terre fertile de découvertes (Harmonic 313, totalement à sa place, les essentiels Battles), tout en intégrant des transfuges au sommet de leur art (la magnifique Leila, ex-Rephlex et les fuyants du bulbe Gang Gang Dance, ex-The Social Registry).

 

Certains aspects de l’abondante discographique warpienne ne sont guère mis en avant en ces vingt ans. Du funk soul barré de Jamie Lidell, on ne trouve guère trace (hormis, et encore, un Daddy’s Car plus electro pop qu’autre chose), son Little Brother étant repris, d’une maîtresse manière folkisante, par des Grizzly Bear vocalement à un sommet fleetfoxesien.

Les deux disques de reprises sont tout à fait remarquables d’équilibre et de cohésion. Au sommet de la pointe, Leila expurge les beats en pente raide du fameux Vordhosbn d’Aphex Twin, qu’elle joue uniquement au piano à la manière de Max Richter. Absolutely fabulous, indeed. Tout aussi géniale et intense est la relecture de In A Beautiful Place Out In The Country des Boards of Canada, version Mira Calix. Totalement personnelle et, osons-le, supérieure à l’original, la vision de la Sud-Africaine replace l’adagio de la mélodie (et les field recordings bucoliques) dans un ensemble de cordes proche d’un nirvana vu par le Kronos Quartet. Dans le pire des cas, on va du moyen (Broadcast imaginé par Gravenhurst) à l’excellentissime (Milanese dépoté par Clark au travers d’un prisme à la Venetian Snares)

 

Les deux CD Chosen tiennent tout autant la routé. Choisis par les fans sur le site Warp20.net, les dix titres de la première plaque mettent en avant les stars IDM (Aphex Twin, Squarepusher, Autechre, LFO) et electronica (Boards of Canada, Clark) de la maison We Are Reasonable People. Placé judicieusement entre toutes ces musiques synthétisées, le génialissime Atlas de Battles offre un contrepoint formidablement dynamique, qui rappelle à quel point l’album Mirrored est un des disques de la décennie, sinon du siècle. Et en avant pour ‘Central Market’ l’opus solo de Tyondai Braxton, guitariste du groupe américain, dont la sortie est toute récente !

La seconde page de Chosen est tournée par le boss Steve Beckett. Elle confirme, en quatorze étapes, la versatilité des goûts du co-fondateur de la boîte anglaise, entre influences jazz (les Tender Buttons de Broadcast), dance music irrésistible sans être putassière (I’m For Real’ des vétérans Nightmares On Wax) et plages nappées d’une splendide electronica rêveuse (Drane, un des meilleurs titres d’Autechre ou l’incroyable Amo Bishop Roden d’encore Boards of Canada) sans oublier, qui d’autre ?, Battles. La planète Warp a encore de beaux jours en heavy rotation devant elle…

 

Un coffret : Warp20 (Box Set)

Deux doubles albums : Chosen et Recreated


Amo Bishop Roden - Boards of Canada

Vordhosbn - Leila

22/10/2009

múm – Sing Along To Songs You Don't Know

mum-singalongLa plus élémentaire honnêteté nous le recommande, cela faisait un - très - long moment (le splendide Finally We Are No-one' de 2002) que la discographie de múm ne nous inspirait plus qu'une écoute polie (mais à se décrocher la mâchoire, d'ennui). Hormis les très beaux quatre titres enregistrés lors d'une Peel Session en 2006, rien de bien consistant n'était venu se glisser entre nos pavillons, à commencer par le très vie oublié Go Go Smear The Poison Ivy.

Le grand Leonard Cohen l'avait prédit, le retour des Islandais en 2009 est à marquer d'un Hallelujah! Oubliées, les aventures mal fringuées des dernières années sur Fat Cat, c'est en toute grande forme que Gunnar Örn Tynes & co débarquent dans l'officine berlinoise Morr Music (qui, du coup, redonne une fameuse bouffée d'oxygène à son catalogue). Tout en n'oubliant pas les toujours attendrissants frissons vaporeux de l'album vert où ils n'étaient personne pour devenir poisson (If I Were A Fish), les compatriotes de Valgeir Sigurdsson entament une ritournelle pop, elle est inoubliable comme elle est délicate (Prophecies And Reversed Memories). Toujours épris d'arrangements qui présentent Nico Muhly aux Taxi Taxi (un glockenspiel par ci, des cordes par là), le disque se risque aussi, et c'est très jouissif, à la tentation tropicalia - on vous le jure, rafraîchie à petits coups de geyser qui fait gling gling (l'étonnant The Smell Of Today...). Nettement plus extravagant que ses prédécesseurs, sans pour autant se perdre dans les méandres d'un pompiérisme clownesque, Sing Along... fait bien sûr la part toujours aussi belle aux harmonies vocales célestes (Show Me), tout en ouvrant des perspectives pop qui nous feront fredonner des mélodies que nous connaîtrons bientôt par cœur.

 

Un disque : múm Sing Along To Songs You Don't Know (Morr Music)


Prophecies & Reversed Memories - Múm

Show Me - Múm

22:30 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pop, critique, morr music, mum |  Facebook |

21/10/2009

Marc Behrens – Compilation Works 1996 - 2005

marcbehrens-compilationDisponible en téléchargement libre, avis aux aficionados fauchés de la noise ambient, le double album Compilation Works 1996-2005 retrace le parcours hautement agnostique du producteur allemand Marc Behrens. Première sortie sur le web autorisée par son auteur, les dix-neuf projets nous entraînent dans un - parfois - éprouvant voyage électronique, aux frontières malléables et translucides.

Entre réinterprétations d'artistes contemporains (John Hudak, TV Pow, Ilios et quelques autres) et retours sur ses propres compositions, la toute grande majorité des tracks présentées est - avant tout - pleinement conceptuelle. A l'instar du morceau initial, dédié - et oui - à la Coca-Cola Company, la matière sonore s'applique en transformer en instants audibles des éléments inaudibles, au sens premier du terme (la lumière, dans le cas présent, est convertie en sons, cela donne une splendide fluidité qui évoque les installations sonores de l’artiste français Denys Vinzant).

A l'évidence, la patience est de prime vertu quand on aborde l'abstraction behrensienne. Tantôt aux prises avec le non-événement, réfugiée entre silence et chaos, la vision développée par l'homme de Francfort ne laisse pas de poser des questions sur la notion même de matière musicale. Pleinement idiosyncrasique et bruitiste, son œuvre évolue très clairement dans les marges de la marge. Quelque part aux extrémités d'une planète peuplée de tous les Yasuano Tone et Gert-Jan Prins en devenir, l'ampleur de son regard distancié, voire intellectualisant et narcissique, demandera à l'auditeur - quoiqu'il en soit - un effort certain de compréhension, voire d'abandon de soi. A vous de juger, d'autant que son écoute n'allègera votre portefeuille du moindre centime.

 

Un disque : Marc Behrens Compilation Works 1996 - 2005 (Crónica)


Track 1 - Marc Behrens

Track 4 - Marc Behrens

18/10/2009

Laura Gibson – Beasts Of Seasons

lauragibbson-beastsofseasonsMise à l'honneur en ces mêmes pages voici moins d’un an, Laura Gibson nous avait à l’époque fait parvenir son premier album, le parfaitement recommandable If You Come To Greet Me sorti sur l’épicerie fine espagnole Borne!. En adepte d'une folk music qui trempait sa mélancolie dans l'encre de Peter Broderick (il était du nombre présent sur le disque) et d'Adam Selzer (qui le produisait), la demoiselle américaine nous avait profondément séduits par son naturel, désarmant comme du Julie Doiron et beau comme du Mariee Sioux.

C'est donc rempli d'un enthousiasme débordant que notre lecteur a englouti ces bêtes des saisons, bien plus automnales que printanières et, pour la petite histoire, première sortie du nouveau label berlinois Souterrain Transmissions. Divisée en deux parties (Communion Songs et Funeral Songs), l'œuvre débute par deux titres d'une grande tristesse, heureusement jamais surjouée, qui évoque la rencontre des grandes Billie Holliday et Sibylle Baier. Le troisième morceau Spirited vient, heureusement, mettre du baume au coeur, aux battements rythmés par Feist sur fond de nymphe des bois. Entre envolées belles à pleurer sur le Carbon Glacier de Laura Veirs et magnifiques arrangements, riches et décorés comme du Lambchop, le temps vire à novembre, et sa morte saison.

 

Un disque : Laura Gibson Beasts Of Seasons (Souterrain Transmissions)


Shadows On Parade - Laura Gibson

Spirited -

16/10/2009

Broadcast et Gravenhurst, la race des seigneurs

WarpRésidence de projets à l’identité, visuelle et musicale, très marquée (le tout récent disque solo de Tyondai Braxton en est une preuve éclatante de plus), le label Warp s’était longtemps refusé aux sirènes autres que purement électroniques. Une des premières échappées de l’univers purement machinesque des pionniers LFO, Aphex Twin, Autechre et Nightmares On Wax fut la sortie, en 1997, de la compilation Work And Non-Work des premiers singles du groupe Broadcast.

 

Quintet à l’époque, duo aujourd’hui, le projet emmené par les formidables Trish Keenan et James Cargill aka Broadcast démontrait déjà, sans être jamais démenti, que la haute teneur pop de ses chansons méritait de figurer au firmament de la maison alors encore établie à Sheffield. Encore marqué de l’influence du son de son Birmingham natal, on pense plus particulièrement à la délicatesse enrichie de Pram et aux expériences libertaires de Basil Kirchin sur le fondamental Abstractions Of The Industrial North, le son du groupe allait évoluer vers une délectation électro-pop toujours en retenue, voire en épure, où la froideur apparente cède progressivement le pas à des revendications mélodiques d’une classe inouïe. Peu de disques studio jalonnent leur parcours discographique mais, plus que jamais, chaque épisode de leur vie d’artistes est à recommander sans la moindre réserve. Et que dire de la perspective annoncée d’un quatrième opus, annoncé pour très bientôt ?

 

Genre de Nick Drake des temps contemporains égaré dans une galaxie où le post rock serait revu et visité par Jim O’Rourke, Nick Talbot, alias Gravenhurst, est tout simplement un des plus grands génies de son temps. Peu médiatisé et largement ignoré du public, son corpus musical est toutefois de la plus haute tenue. D’une honnêteté et d’une sincérité sans failles ni concessions aux modes ou à la facilité, l’homme de Bristol s’est fendu de quelques-unes des plus belles chansons de ses dix dernières années. Qu’il œuvre en mode acoustique, comme sur la déchirante ballade Song Among The Pine du dernier album en date The Western Lands, ou en version électrique, telle l’imparable cavalcade à la violence toute contenue The Velvet Cell (sur le précédent Fires In Distant Buildings), le musicien anglais prouve, seconde après minute, qu’il est de la race des seigneurs. Voix de velours dans un gant de fer toujours prêt à rugir – sa classe immense l’en empêchera, soyez-en assurés – le gaillard n’a finalement qu’un seul défaut, ne pas sortir de disques assez souvent à notre goût. Pendant ce temps, les infâmes Mars Volta en sont leur énième vomissure…


Americas Boy - Broadcast

Song Among the Pine - Gravenhurst

15/10/2009

Gintas K – Lovely Banalities

GintasK-LovelyBanalitiesPorté sur les fonds baptismaux en 2003, le label portugais Crónica est véritablement issu de la rencontre entre les musiques électroniques et les cultures digitales. A l’instar des multiples installations et collaborations qui entrecroisent monde des arts plastiques, pratiques scéniques et univers musical, la maison de Porto s’inscrit dans une démarche souvent radicale, certes. Elle est toutefois, et plus souvent qu’à son tour, une immense bouffée d’oxygène libre dans un monde où les conformismes de tous les suiveurs ont bien trop souvent pignon sur rue.

 

Emanation du trio, aujourd’hui duo, @c, Crónica est issu de l’imaginaire fertile de deux de ses fondateurs Miguel Carvalhais et Pedro Tudela, avides de mettre sur pied ‘une plate-forme pour réaliser, distribuer et promouvoir leurs propres réalisations et celles d'autres activistes ayant les mêmes préoccupations esthétiques’ (interview parue dans la magazine MCD n°22, juin 2004). Entièrement fondé sur une vision numérisée de la musique qui tient cependant plus de la performance multimédia que de l’art de faire danser les foules, le catalogue de la maison lusitanienne s’est enrichi d’une quarantaine de titres, dont le fameux Happiness Will Befall de notre Australien préféré Lawrence English ou le plus ambient Hidden Name des excellents Stephan Mathieu et Janek Schaefer. Les trop rares spectateurs présents un soir de février au Netwerk d’Alost ont pu le vérifier, la très bonne réputation du label n’est pas un vain mot, comme en témoignent trois sortes récentes, dont le magnifique Lovely Banalities de Gintas K, notre recommandation absolue du moment.

 

Second effort de l'artiste sonore lituanien, les charmantes banalités succèdent au très bon double album Lengvai / 60 x One Minute Audio Colours Of 2 kHz Sound. Tout sauf... ban(c)al, composé de quatorze miniatures que l'auteur n'hésite pas à comparer aux Tableaux d'une Exposition du compositeur romantique russe Moussorgsky, l'oeuvre alterne moments de musique digitalisée et field recordings - le cours d'une rivière, la pluie - enregistrés à Marijampole, ville de résidence de notre homme.

Certains titres sont absolument remarquables de justesse harmonique et de précision dynamique. Ainsi, l'introductif In intègre en toute fantaisie une menace extra-terrestre bourdonnante éprise d'Andrei Tarvosky et de bruits épars, dont un drone obsédant bien que familier. Le second titre Q est tout aussi réussi. Evoquant la pulsation d'un téléphone qui sonne occupé revisité par les Boards of Canada, la track est traversée par un brouillard épars d'où l'on s'attend à voire surgir le commandant Spock aux manettes d'HAL 9000. Traversé, d'une manière plus globale, de ses sonorités banales - au sens le plus étymologique - du quotidien, Lovely Banalities n'est cependant pas qu'une exploration de plus des non-événements d'une vie sans relief. Puisé dans une inspiration jusque dans ses meilleures sources, l'essai emprunte autant à alva noto (Something In The Grass) qu'à Svarte Greiner ou Lawrence English (HH3), sans même parler des évidentes connections dépoussiérées avec la maison Editions Mego, (C2, Just 1). Vous l'aurez compris, nous sommes - très - très fans.

 

Un disque : Gintas K Lovely Banalities (Crónica)


Something In The Grass - Gintas K

C2 - Gintas K

07/10/2009

That Fucking Tank – Tanknology

that-fucking-tankPeut-être, sans doute, inconnus de ce côté sud des Battles, le duo Andy AbbottJames Islip, aka That Fucking Tank, ne date pas du dernier régime de Lily Allen. Amis d’enfance – et ça date des débuts des frangins Gallagher en 1991 – les deux compères ont grandi dans la charmante (euh…) cité de Leeds, la ville boostée du son des local heroes Gang of Four.

La discographie du p… de réservoir est toutefois peu abondante, le présent Tanknology étant le successeur de leur premier – et inaperçu – effort The Day of Death by Bono Adrenalin Shock de 2006. Composé de huit titres (plus le prologue et l’interlude) d’un plein dynamisme instrumental, en dépit de leur faible nombre (une guitare baryton et une batterie, that’s it), les riffs et les grooves de TFT débordent d’envie, de morgue et de secousses. Très typé math rock, quelque part entre Battles et LITE, le second morceau Keanu Reef (quel sens du titre !) s’intercale dans l’interstice qui sépare The Day of Death… et Tanknology. Magnifique de fierté sautillante, il constitue la porte d’entrée idéale à l’univers folâtre des deux Anglais.

 

Un disque : That Fucking Tank Tanknology (Gringo Records)

Keanu Reef - That ****ing Tank

Evan Dido - That ****ing Tank

04/10/2009

Scarcity Of Tanks – No Endowments

scarcityoftanksUn détour par Cleveland, Ohio plus tard, nous voilà l’heureux(?) propriétaire d’un disque hors normes, bruyant et déséquilibré. Complètement à l’ouest de Fugazi et The Fall, qui passent pour d’aimables boy scouts en plein bad trip Spandau Ballet, Matthew Wascovich et ses comparses sans cesse mouvants de Scarcity Of Tanks (dont Mike Watt de The Minutemen et des Stooges) secouent les vermicelles dans la soupe et ils en mettent autant par terre que dans l’assiette. De leur approche radicalement post punk (dans l’esprit) et noise fusion (les arrangements, déchaînés), ils malaxent en toute radicalité un spoken word vindicatif et vengeur. Au son d’une basse qui tournoie, d’une batterie qui jubile et d’un saxo en mode free on, la bête rugit et bondit sur sa proie. A qui elle ne laisse aucune chance.

 

Un disque : Scarcity Of Tanks No Endowments (Textile Records)


hedge over height - scarcity of tanks

Growing 33 - Scarcity of Tanks

01/10/2009

Patrick Cowley & Jorge Socarras – Catholic

cowleysocarras-catholicVéritable miraculé discographique, plus de trente ans après son enregistrement, Catholic réapparait à la surface du jour à la faveur d’un… déménagement. Les acteurs sont tout sauf des premiers venus. L’homme à la bougeotte n’est rien de moins que John Hedges, du fameux label disco Megatone, tandis que le magnifique DJ allemand Stefan Goldmann est celui qui a eu l’honneur de déterrer de ses caves une boîte remplie de bandes magnétiques. Sans compter que le nom en évidence était carrément celui de Patrick Cowley, référence majeure de tous les Pet Shop Boys et New Order de la planète.

De retour à Berlin, Goldmann découvrit les morceaux, pas disco pour un sou et, évidemment, à des années-lumière d’avance en matière d’écriture pop synthétique. Bénéficiant de l’incroyable apport vocal de Jorge Socarras, robotique et obsédant, le disque sortira le 19 octobre, date de la naissance de Cowley et c’est un événement mondial. Ite missa est.

 

Un disque : Patrick Cowley & Jorge Socarras Catholic (Macro)