03/12/2009

Turzi – B

Turzi-BVrai petit génie – tant pis si le terme est bien trop galvaudé – de la musique made in France, Romain Turzi avait surpris tout son monde en 2007. Exciteur de particules krautrock relues à l’aune d’un temps post-Virgin SuicidesJoakim a son mot à dire, il avait dépoté la première lettre de l’alphabet pour un opus originel au psychédélisme toujours aussi (im)pertinent. Toujours signé sur Record Makers, le label des ses concitoyens versaillais Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin, le musicien du 78 était bigrement attendu au tournant. Et en avant pour la seconde lettre, initiale de dix villes des quatre coins du monde.

Démarrant les hostilités sur un hymne glam pop qui frise un mauvais goût assumé, genre Bertrand Burgalat s’en prend à Tangerine Dream, Turzi met une grosse sourdine à son décorum krautrock. Il lui préfère, le choix est douteux, des références électroniques planantes dont la subtilité nous échappe, trente ans après les spectacles mégalomanes d’un certain Jean-Michel Jarre (ça crève les tympans sur Buenos Aires et Brasilia). En d’autres lieux, des guitares bourrées d’effet affrontent une orchestration pompeuse (Bombay) alors qu’un exotisme moyen-oriental de pacotille est censé nous emmener sur les traces de Bethlehem. Respectant le principe de la lettre B jusqu’à l’extrême, Turzi invite également deux vocalistes, ils ne sont pas les premiers venus. Sur "Baltimore", c’est ainsi Bobby Gillespie – M. Primal Scream – qui prend le micro pour un titre qui sonne justement comme du… Primal Scream. Quant à l’intervention de la kéké Brigitte Fontaine sur Bamako, elle clôt le disque de belle façon et nous fait regretter les multiples dérapages trop contrôlés qui la précèdent.

 

Un disque : TurziB (Record Makers)

Buenos Aires - Turzi

Bamako - Turzi

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