06/02/2010

Golden Serenades – Hammond Pops

goldenserenades-hammondpopsC’était voici un peu plus d’un an, au moment de boucler notre Top 10 2008. Tout juste arrivé, un disque surgi de nulle part – le label norvégien +3dB, dont c’était la première sortie – imposait l’évidence de son free improv’ noise, mâtiné d’une musique de chambre à la désarmante spontanéité. A peine écouté, cet aujourd’hui incontournable IIIIIII du quatuor Lemur nous imposait une seule obligation, et avec quel plaisir : scruter avec une attention soutenue l’actualité de l’officine d’Oslo, dont quatre récentes publications viennent souligner l’extrême urgence.

 

Vieille de dix années riches en éruptions sonores multiples, la carrière des Golden Serenades a pris un subit coup d’accélérateur médiatique en 2007. A la (dé)faveur d’une performance où ils ont détruit sur scène des guitares estimées à 5.000 dollars – gloups, ça fait cher le coup de sang, fût-il attendu – la presse de leur Norvège natale leur accorda une série d’articles sur fond de grosse polémique. Brocardé par une série d’hommes politiques de droite, voire d’extrême droite, comme une "horreur" ou un "gaspillage d’argent public", le concert – subventionné par les autorités locales – leur accorda toutefois une attention publique, à défaut d’être réellement artistique.

Deux années plus tard, la vision du trio John Hegre (électronique) – Jørgen Traeen (électronique) – Sigbjørn Apeland (orgue) demeure toujours sans la moindre concession. Parsemée de tempêtes noise qui voguent de Merzbow à John Zorn, l’unique plage démonte quarante minutes durant les fantômes bruitistes des plus extrêmes manipulateurs soniques de notre temps. Les cœurs légers et les pavillons défaits sont avertis de son extrême toxicité distordue.

 

Un disque : Golden Serenades – Hammond Pops (+3dB)

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