12/03/2010

Oren Ambarchi – Intermission 2000 - 2008

OrenAmbarchi-Intermission2000-2008La liste des collaborateurs d’Oren Ambarchi au fil des ans prend des allures de best of des musiques électroniques et/ou expérimentales, tendance grands maîtres. Entendu aux côtés de Jim O’Rourke, Christian Fennesz, Phill Niblock, Keiji Haino ou SunnO))) – il était de la partie sur l’incroyable Monoliths & Dimensions, le guitariste australien a depuis longtemps atteint le stade d’expert dans la manipulation numérisée des sons de sa six-cordes, quitte à rester hermétique auprès du plus grand nombre. Introduction idéale à son univers, le présent disque Intermission 2000 - 2008 pourrait bien changer la donne.

Compilation de performances de concert, de raretés et de faces B, la plaque démonte en cinq titres les diverses facettes du talent du producteur aussie. Le premier morceau Intimidator est une vraie machine infernale. Bâties autour d’un drone sourd et lentissimo échappé du piano préparé de son compatriote Anthony Pateras, ses quelque douze minutes rendraient fou le moindre moine bouddhiste en pleine crise existentialiste. L’influence orientale se fait encore plus marquée sur Iron Waves (un remix du Parasail de Paul Duncan), aux impressionnants échos de cloches et de cymbales surgis d’un néant obscurci par le traitement ravagé d’une guitare vrombissante. Déjà publié sur Touch (la compilation du 25è anniversaire), Moving Violation offre une pause balançant entre repos et malaise, alors que le numéro suivant The Strouhal Number ignore remarquablement le second volet du paradigme pour se plonger entièrement dans le premier. Bien plus secouée – au sens Harold Budd du terme, la conclusion A Final Kiss On Poisoned Cheeks vibre d’un être qui ne se pose plus la question du néant, tant ses torpeurs éclatées finissent par l’emporter dans ses cavités les plus férocement subliminales.

 

Un disque : Oren Ambarchi Intermission 2000 - 2008 (Touch)

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