29/04/2010

Stereo Total – Baby Ouh!

Stereo Total – Baby OuhEn voiture les petits champions, le manège Stereo Total rouvre toutes grandes les vannes de la déconne caustique, faussement bébête, vraiment fendarde. En toute grande forme, le duo Françoise CactusBrezel Göring nous refait le meilleur coup des années Musique Automatique et Do The Bambi. Derrière ses airs faussement ingénus et son imaginaire électro-pop pour grands enfants qui n’ont jamais cru à l’innocence, les duettistes berlinois enfoncent le clou de la mélodie imparable (Alaska), débauchant des oreilles qui ne demandent que ça (Du Bist Gut Zu Vögeln, traduction : tu es un bon coup – mais oui). Les trop sérieux du bulbe qui pleurent la disparition de Jean Ferrat trouveront évidemment ça superficiel et creux, les autres kékés s’encanailleront au son de la Barbe A Papa, délicieuse et excitante reprise de la diva décalée Brigitte Fontaine. Pour compenser, on sera bien un moins friand de la relecture cheap du Tour de France kraftwerkien, mais on ne chipotera pas pour si peu. Vous reprendrez bien une tranche de déjante, Simone ?

 

Un disque : Stereo Total Baby Ouh! (Disko B)

28/04/2010

The Album Leaf – A Chorus Of Storytellers

The Album Leaf – A Chorus Of StorytellersToujours autant éprises du A Safe Place de 2004, les pages de ce blog guettent à chaque instant les news en provenance de San Diego, California, patrie de The Album Leaf . Nous ne sommes pas les seuls. Familière aux oreilles des fans d’une Islande électronica aux vaporeux contours (Sigur Ros, múm), la musique de Jimmy LaValle étire toujours, six années plus tard, le spleen paradoxalement réconfortant de ses ritournelles. Au départ de variations post rock qui évoquent les sensations accalmées des Gregor Samsa sur leur fantastique Rest, le Californien peine toutefois à capter l’essentiel. Braqué sur l’accessoire – une recherche désespérée d’une joliesse sonore en recherche de consistance, le disque vogue le long de ses onze titres sur une mer aux trop rares ondulations (en dépit de la très jolie tenue mélodique pop de Falling From The Sun¸chanté avec une élégante retenue). Telle une traversée ordinaire de flots huileux sans trop d’âme, le fil nautique entre le Golden State et Reykjavik manque de tension pour que ses funambules ne s’y tiennent droit. Trop rares exceptions, le splendide et très à-propos nommé Within Dreams emmène les plus essentiels Nico Muhly et Peter Broderick sur un lit de cordes subtilement dosées et c’est à regret que nous abandonnons le navire à la vue des premiers icebergs.

 

Un disque : The Album Leaf A Chorus Of Storytellers (Sub Pop)

23/04/2010

Baktruppen – 1986-2008

baktruppen_testSous la forme d’un coffret de trois CD, elle retrace en 105 (!) morceaux la vingtaine d’années de carrière du collectif Baktruppen, entre 1986 et 2008. Formé dans la ville portuaire de Bergen, l’ensemble – what else ? – norvégien est complètement inclassable. Tour à tour adepte des musiques populaires, entendez folkloriques au sens de la poésie sonore d’un Ghédalia Tazartès, d’improvisations théâtralisées en allemand (et anglais) ou d’échappées électroniques cinématiques, pour ne citer qu’elles, la troupe scandinave fait définitivement partie de ces farouches indépendantistes de l’idiosyncrasie sans concessions – ah que non – ni prises de tête – encore moins. Absolument culte dans les milieux berlinois underground, la vision libertaire des Baktruppen est virtuellement impossible à résumer en l’espace de quelques lignes. Echappées rigolotes qui se foutent de la tronche trop sérieuse d’une certaine musique concrète ou délires ludiques de grands enfants à jamais de bonne humeur, les morceaux s’inscrivent dans une démarche où la musique n’est qu’une des composantes – et à sa simple écoute, elle est globalement satisfaisante. Aussi bien performers scéniques que musiciens événementiels, les fascinantes photos du livret en témoignent, l’ensemble nordique se laisse parcourir au gré de son incomparable fantaisie. Idéalement, on la parcourra en poussant la touche Random du lecteur, histoire d’oublier l’éventuelle lassitude qui pourrait guetter au coin du feu.

 

Un disque : Baktruppen 1986-2008 (+3dB)

22/04/2010

Chihei Hatakeyama – Ghostly Garden

chiheihatakeyama-ghostlygardenElectronicien japonais dont nous avons déjà apprécié la subtilité des tons clairs sur l’excellent Hau du duo Opitope qu’il forme avec Date Tomoyoshi – mais aussi en solo sur Kranky, Chihei Hatakeyama nous revient en solo sur la maison luxembourgeoise Own Records, pourtant davantage orientée vers une certaine indie pop americana – à l’instar de l’excellent Gathered Tones des Trouble Books, sur lequel nous reviendrons prochaînement. Très sereine et entre deux eaux calmes, l’approche métaphysique du producteur nippon intègre une série d’éléments premiers pour mieux les malaxer et les rendre méconnaissables. Véritable maître de la déconstruction sonore passée au crible d’une galaxie limpide où trônent les œuvres de Lawrence English, Christopher Bissonnette et DJ Olive, Hatakeyama déploie ses drones filandreux au sein d’une soierie émergeant d’un filet de brume rafraichissant. Finalement très en phase avec lui-même, il nous propose sans doute le plus accessible de ses travaux et vous auriez bien tort de ne pas vous noyer dans les profondeurs de sa non-métamorphose.

 

Un disque : Chihei Hatakeyama Ghostly Garden (Own Records)

Tosca – Pony No Hassle Versions

tosca-ponyRelecture d’un No Hassle qui nous avait passablement laissé indifférent en son temps, c’était il y a une éternité dans le calendrier de la hype – soit quelques mois, Pony No Hassle Versions est bien (mal ?) parti dans l’imitation de son modèle originel. Ambiances downtempo pour chaudasses lounge repeintes à grands coups de make up, voix d’hôtesses du Thalys qui se veulent sexy ou douteux trip reggae trip hop (gloups, mon général), les choix du duo Tosca laissent pantois. D’une vacuité réchauffée au biffeton qu’on claque à une demi-pute pour soulager ses malheurs à fond de gorgées de mousseux Lidl, l’infâme objet est à déconseiller de la plus extrême des manières.

 

Un disque : Tosca Pony No Hassle Versions (G-Stone Recordings)