18.07.2010
Wildbirds & Peacedrums – Rivers
Duo suédois à l’excellente réputation critique, voire publique, Wildbirds & Peacedrums poursuit délicatement un chemin tracé au son des harmonies vocales et de la batterie, éléments constitutifs majeurs des chansons du couple Mariam Wallentin / Andreas Werlin. Inclassable défintivement, l’univers de W&P évolue entre diverses planètes musicales, de la musique contemporaine à la folk mystique en crochetant du côté du jazz et de la dream pop. En creusant un peu, on y trouve des traces manifestes d’autres Scandinaves – tels les Danois d’Efterklang, mais aussi des restes de Kate Bush réfugiée dans une église l’intégrale Maja Ratkje sous le bras, le tout sous des auspices charismatiques indéniables. En tout état de cause, ces Rivers ne font que confirmer un peu plus la renommée méritée du Wildbirds & Peacebrums, là-haut in the sky.
Un disque : Wildbirds & Peacedrums – Rivers (The Leaf Label)
00:53
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17.07.2010
Lazer Crystal – MCMLXXX
Originaire de Chicago, le trio Lazer Crystal ne pouvait que terminer sa course dans la maison Thrill Jockey pour son premier effort longue durée. La présence sur le label de Tortoise, The Sea & Cake ou The Fiery Furnaces est toutefois surprenante à l’autopsie, tant la démarche s’inscrit dans un cadre qu’on imaginerait plus chez Sonig (label des Mouse On Mars, pour rappel) – encore qu’un certain rapprochement avec Trans Am n’est pas à exclure. D’une tonalité globalement sombre avec ses beats martelés et ses synthés évidemment eighties (cfr le titre de l’album), MCMLXXX invite une peuplade gothique – au hasard, les Sisters of Mercy – à la table de The Faint, quelque part sous une chapelle clandestine où les papys du krautrock se feraient vider les tripes. La volonté d’en mettre plein les oreilles est toutefois gênante, pour ne pas écrire déplacée. Manquant souvent de finesse, gourmande sans jamais être repue, la bête rate toutefois sa cible, tant son cœur balance entre le vintage et l’invention.
Un disque : Lazer Crystal – MCMLXXX (Thrill Jockey)
11:04
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09.07.2010
Windsor For The Derby – Against Love
Après des années de présence au plus haut niveau sur le pay roll de Secretly Canadian (et d’autres labels), les Windsor For The Derby maintiennent toujours le cap – en dépit de deux ou trois bémols. Toujours autant adeptes d’une dream pop parfumée au post rock – lisez My Bloody Valentine lacère Parsley Sound face à la devanture de Galaxie 500 – les Texans embrassent les glissements de rythmes d’une – toujours – très belle volupté romantique. Risquant une échappée acoustique où M Ward squatterait les Belle & Sebastian, quand ce ne serait Ride en gros plan High Llamas, les trouvailles fourmillent, elles enchantent aussi. Pourtant, en dépit de ces milles (re)lectures d’un glorieux passé qui ne se prend jamais les pieds dans la réserve de formol, on ne peut s’empêcher de trop entrevoir les limites de l’exercice. En premier lieu, la recherche du beau son référencé nineties ne masque pas toujours complètement une inspiration mélodique en demi-teintes (exception absolue, le splendide Our Love’s a Calamity). Et quitte à faire sa mijaurée, autant être honnête jusqu’au bout des ongles, fussent-ils rongés par l’envie de toujours mieux.
Un disque : Windsor For The Derby – Against Love (Secretly Canadian)
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06.07.2010
alva noto – For 2
Personnage quasi-récurrent du Love On The Bits – nous reparlerons très prochainement de sa collaboration avec – mais oui – Blixa Bargeld (Einstürzende Neubauten), alva noto compile sur For 2 les compositions dédiées à des personnages du vingtième siècle, du cinéaste russe Andrei Tarkovsky au dramaturge allemand Heiner Müller en passant par le musicien américain Phill Niblock. En avant pour un très intéressant aperçu de la vie parallèle de l’auteur de Unitxt, entre 2003 et 2007.
Davantage inspiré par un esprit ambient qui confine au néo-classiscisme tel que l’imaginerait Wolfgang Voigt (alias GAS), Carsten Nicolai n’oublie toutefois pas complètement le minimalisme de ses beats, ceux qui nous excitent tant sur son label Raster-Noton (Garment, 13). Ici penché sur l’héritage indispensable de la musique concrète de Francisco López (Villa Aurora), là imprégné d’un faux jazz viennois que pratiquerait Kai Fagaschinski aux côtés de Philip Glass (Argonaut), For 2 dévoile les multiples facettes méconnues de son auteur. Explorateur des espaces interstellaires, à l’instar de Lawrence English mais aussi de Brian Eno, le musicien de Chemnitz sublime le beau dans la pérennité alors que, trop souvent rangé dans la catégorie des producteurs d’une techno squelettique qui n’en demeure pas moins indispensable, il pourrait se contenter de capitaliser sur la recette d’une relative et bien illusoire notoriété.
Un disque : alva noto – For 2 (Raster-Noton)
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23:39
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04.07.2010
Phlippe Petit & friends – Silk-screened
Homme des coulisses du label marseillais BiP_Hop (les neuf compilations BiP_Hop Generation, très recommandables), patron exigeant des musiques de notre temps qui n’hésitent pas à en prendre (Janek Schaefer, Rothko, Bela Emerson), Philippe Petit invite – vous l’aurez deviné – une ribambelle d’amis musiciens sur ce très joli Silk-screened. Parmi moult sons familiers d’une scène (très) indépendante où le jazz fait de l’œil à l’electronica, on reconnaît entre milles la clarinette humectée de Jérôme Paressant (abraxas, liquide et transgressif). En d’autres temps, les grésillements turntablisés de Petit – quand il ne s’agit d’égards acoustiques retraités – laissent vibrer de toute leur énergie vitale les instruments. Pièce maîtresse de l’ensemble, l’extraordinaire bravoure free rock a swirling mix of dystopia incruste la totale liberté du No-Neck Blues Band au gré de Miles Davis, pour une sublimissime confrontation où les guitares de Rémi Bellin et Cyril Secq (Astrïd) s’enchevêtrent dans un déluge cuivré – merci la trompette d’Andy Diagram (James) – et percussif (thanks Ronan Benoit). Total respect, dude.
Un disque : Phlippe Petit & friends – Silk-screened (Trace Recordings)
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22:38
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03.07.2010
Rdeča Raketa – Old Girl, Old Boy
Duo formé de la Slovène (basée à Vienne) Maja Osojnik et de l’Autrichien Matija Schellander (déjà entendu dans Métalycée), Rdeča Raketa – prononcer Rdetcha Raketa – emmène l’auditeur en une extraordinaire promenade fantasmagorique dans les contrées turntablisées de Philip Jeck et de Giuseppe Ielasi. Grâce à la combinaison épatante d’enregistreurs à cassette, de Paetzold recorder, de jouets, de basse électrique et de multiples outils électroniques, les deux complices démontent les concepts nauséeux et placent la bravoure libertaire au centre de leur attention, nourrie d’opposition à tout préjugé. Mariant la décalcomanie à la bravoure sonore, débusquant au coin d’un magasin de jouets pour grands enfants exilés sur Touch ou Schoolmap Records les sonorités d’un voyage au pays de tous les (im)possibles, Osojnik et Schellander déclinent en une seule longue plage un dynamisme intellectuel qui n’exclut ni plaisir ni lucidité. Et pour vous donner une idée encore plus exacte de la vitalité neuronale extrême de notre duo favori – rayon nouveautés 2010, on vous invite à fouiller YouTube, vous y dénicherez une épatante performance au Sonntags Abstrakt de Graz. Disque du mois, M. Charlebois !
Un disque : Rdeča Raketa – Old Girl, Old Boy (Mosz)
11:23
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