25/11/2010

Glasser – Ring

glasser-ring.jpgProjet solo d’une jeune demoiselle nommée Cameron Mesirow, Glasser avait fait la belle une des blogs américains influents à la fin 2009 grâce à son EP initial Apply. Invitée en suite sur les tournées de Jonsi ou The XX (ça en jette), c’est tout logiquement que son premier effort longue durée nous parvient – il prouve que l’on reparlera d’elle à coup sûr. La connexion avec l’Islande du chanteur de Sigur Ros – et surtout de Björk – est d’ailleurs manifeste, sauf qu’elle a lieu dix-sept ans après le Debut de mademoiselle Guðmundsdóttir (et ça ne fait guère progresser le schmilblick). Ajoutez-y des effets de mode pop indie new-yorkaise (Grizzly Bear, Panda Bear, ce genre d’ourson) – les djeunz total hype vont apprécier – et vous avez une belle série d’ingrédients pour vous faire remarquer de la presse musicale dite alternative (et mon c**, c’est du Wire ?). Toutefois, avouons-le, le gros effort de production entrepris débouche sur quelques belles réussites (même si, justement, l’ensemble demeure trop produit, au mauvais sens du terme). Mais quitte à citer la bestiole en pluche des Animal Collective et les échos japonisants de la plus célèbre des Islandaises, autant ajouter un gros poil à gratter pour rendre la chose un tant soit peu personnalisable.

 

Un disque : Glasser – Ring (True Panther Sounds)
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18/11/2010

Shobaleader One – d’Demonstrator

shobaleader_one_d_demonstrator.jpgInutile de foncer sur Google pour dénicher le mystérieux artiste qui se cacher derrière l’improbable nom de Shobaleader One, il s’agit tout simplement de l’ami Squarepusher – dont nous avions particulièrement goûté les variations solo à la basse sur l’excellent Solo Electric Bass 1. Entouré de quatre collaborateurs aux monikers étranges et mystérieux (Strobe Nazard, Sten t’Mech, Arg Nution et Company Laser), Tom Jenkinson imagine sur Warp une (très) jolie collection de titres qu’on imaginerait bien volontiers du côté d’Ed Banger ou de Kitsuné. Totalement space pop, l’univers de d’Demonstrator louche d’ailleurs, et pas qu’un chouia, du côté des Daft Punk. Chantés par Squarepusher himself d’une voix manipulée au vocoder, les titres font toutefois leur petit – et leur – grand effet au fil du temps. Et si, pour faire grincheux, on pourra trouver passéiste la cause défendue par Shobaleader One, on se gardera bien de ne pas profiter des saveurs acidulées qui s’en dégagent. Parfum prégnant d’une autre galaxie en sus.

 

Un disque : Shobaleader One – d’Demonstrator (Warp)
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17/11/2010

Squares On Both Sides – Salt Meadows

SQ_SM_Cover_150.jpgHomme connu pour la retenue mélodique de son œuvre folk aux structures réductionnistes, Daniel Bürkner aka Squares On Both Sides enrichit quelque peu son propos dans ses habits de 2010. Intégrant, outre son habituelle guitare acoustique, des instruments à la présence discrète bien qu’affirmée (un piano, un ukulélé, un mélodica mais, aussi et surtout, de l’electronica), le Munichois joue au Légo dans son univers, décorant subrepticement la mélancolie jamais simpliste de son propos de touches de couleurs pêchées au début de l’automne. Envisageant la nature dans un processus infini où Marcus Fjellström poserait la nappe à carreaux sur la terrasse de Sylvain Chauveau, plus précisément au son du Singular Forms (Sometimes Repeated) du musicien français, Bürkner invite à la méditation personnelle. Toutefois, à la différence notable de Chauveau sur son dernier album, la vision de SOBS est davantage empreinte de chaleur, fût-elle légèrement triste (sans être tourmentée). Et sans jamais nous serrer le cœur, la musique de Salt Meadows nous invite, lentement mais sûrement, à la table de notre hôte, tel un vieil ami qu’on aimerait mieux connaître s’il ouvrait tout grand le champ/chant de ses nouvelles perspectives.

 

Un disque : Squares On Both Sides – Salt Meadows (Own Records)

10/11/2010

Christina Antipa – Everything Starts To Sing

christinaantipa-everything.jpgMême si Christina Antipa joue du hautbois depuis sa tendre enfance, sa musique est tout sauf du pipeau. Œuvrant dans les travées nu folk qui séparent Tara Jane O’Neil de Dawn Landes et Tamara Williamson, la chanteuse américaine interprète ses chansons ultra-sensibles (mention spéciale à It’s Not Enough) dans une bulle où la tendresse le dispute à la mélancolie, la sensualité à l’autisme – c’est qu’il faut laisser du temps à ses seize morceaux. Au-delà de l’instrumentation, minimale le plus souvent (guitare acoustique ou piano), on pourrait penser que la demoiselle de Sacramento n’est pas la plus grande technicienne de ce début de siècle (certes) mais ses chansons ne nécessitent guère de débauche de pyrotechnie démonstrative. Par ailleurs augmentées, de ci de là, d’extraits cinématiques qui leur donnent un supplément d’âme où l’émotion nous prend encore un peu plus (le magnifique morceau-titre), les compositions de Christina Antipa attrapent les tripes et les relocalisent près du cœur.

 

Un disque : Christina Antipa – Everything Starts To Sing (Waterhouse Records)

09/11/2010

Senking – Pong

senking-pong.jpgQu’un label expert dans l’electronica de haut-vol goûte aux joies ténébreuses du dubstep – le très influent Raster-Noton pour ne pas le nommer – voilà qui n’a rien de bien étonnant. Même si la maison de Carsten Nicolai & co n’intègre que très tardivement les deep basses typiques du genre né à South Croydon, le résultat est à mille lieues des horreurs récentes entendues de l’autre côté de la Manche, en premier le très putassier Outside The Box de Skream. Référence au classique du jeu vidéo, Pong déroule en neuf titres d’une somptueuse – et inquiétante – beauté sonore – un groove lentissimo sensuel, bien que perché dans un au-delà qui séparerait Mullholland Drive de DJ Distance, le tout dans un ancien bunker berlinois ressuscité en pleine guerre froide. Maniaques et sombres, parfois même flippantes (Painbug In My Eye), les atmosphères développées par Senking ne témoignent toutefois nullement d’une quelconque nostalgie pour un âge d’or dubstep entonné par Vex’d, Milanese ou DJ Hatcha. Au contraire, ancré dans une tradition électronique germanique qui relie le fil d’Aleph-1 à Mika Vainio (qui est certes finlandais) s’évadant du côté des docks de Hambourg une nuit froide de novembre, le cinquième numéro de Jens Massel pour le compte du label de Chemnitz est à marquer d’une pierre dark.

 

Un disque : Senking – Pong (Raster-Noton)
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