20/01/2011

Francesco Tristano – Idiosynkrasia

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Personnage surdoué – et pas uniquement à ses heures perdues – Francesco Tristano appartient à cette caste de musiciens à qui tout réussit et que l’on voudrait détester sans jamais y parvenir. Il a pourtant bien des raisons de susciter la jalousie, le pianiste et compositeur luxembourgeois établi à Berlin – sans compter qu’en prime, il est plutôt du genre beau gosse. Diplômé de la très prestigieuse Juilliard School, interprète reconnu de Prokofiev, Ravel ou Debussy, collaborateur de Carl Craig, Moritz von Oswald ou Murcof – mais si, voyons – Tristano n’est heureusement pas du genre premier de la classe à réciter les mêmes gammes par cœur une carrière durant. Adepte d’une réunion où la musique savante affronte le jazz et les musiques électroniques de maîtresse manière – il suffit de consulter les noms que nous venons de citer pour s’en rendre compte – notre homme évolue avec une époustouflante aisance entre Hauschka, Max Richter et Wolfgang Voigt. Prenons le morceau d’ouverture Mambo. Ponctuées de beats martiaux qui s’immiscent entre les noires et les blanches de l’époustouflante façon du patron de Kompakt sur son récent (et remarquable) Freiland Klaviermusik, les six minutes trente de la pièce ouvrent idéalement l’objet de nos désirs. S’ensuivent des passages davantage lyriques, où le jazz prend un rôle dominant, mais aussi des épisodes (très) sautillants où le plaisir des enchevêtrements s’invite à la table des secoueurs de têtes. Définitivement conquis, nous l’accompagnons, libérés et heureux, dans ses contemporaines divagations.

 

Un disque : Francesco TristanoIdiosynkrasia (InFiné)
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