10/03/2011

Cocosuma – Le Début

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En fait, de commencement, le duo parisien Cocosuma en est déjà à son cinquième épisode, le second où la douce Anglaise Amanda pose sa voix mutine sur des textes naïfs (sans être niais) et poppy pour les grands ados trentenaires et au-delà. Toutefois, si c’est bien le début pour la formulation francophone du titre, les chansons demeurent écrites en anglais, dans une veine electro pop eighties datée, bien que cajoleusement perverse. Toujours mélodique, inspiré par le disco – l’influence de Giorgio Moroder en mode I Feel Love crève les tympans sur The Jar – mais aussi par un post punk adouci du côté de chez Annie (la ligne de basse de Tickle Me Pink) l’univers bubblegum de Cocosuma frise cependant, par instants, un simplisme vite lassant (Happy Holidays). Heureusement, l’absence de prétention  et une très grande légèreté savonneuse font passer un moment agréable, à défaut d’être toujours pleinement savoureux.

Un disque : CocosumaLe Début (Third Side Records)

09/03/2011

Duffstep – Getting To Sirius

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Conjonction d’un style (le dubstep, au sens élargi du terme) et d’un nom (l’Anglais Jeremy Duffs), le simple nom de Duffstep pourrait très bien figurer au rang des incontournables du genre, aux côtés des extraordinaires Mount Kimbie et de leur incontournable Crooks & Lovers (en bonne place des les tops 2010). Pêcheur de galaxies post-Benga, défricheur d’ambiances où le mortifère transperce ses lézardes de rayons ultraviolets, le producteur anglais inspire, dès la première écoute, un sentiment d’abandon noctambule vivace et enveloppeur. Inspiré, puisant aussi bien dans la scène UK garage des années 2000 que dans les musiques électroniques dansantes des deux décennies précédentes, son premier opus balance une sacrée carte de visite sur le dancefloor. Même si les schtroumpfs grognons sursauteront face à tel ou tel gimmick trop voyant (un clin d’œil au disco par ci, une suavité lounge jazzy par là), ils resteront globalement scotchés devant le mariage fiévreux, voire improbable, des multiples composants du lieu. Telle une gageure citant Kode9 auprès d’un… Robert Wyatt baléarique, tout en n’ignorant pas FaltyDL et Ultravox, Duffstep ose et impose, quitte à chiffonner les bonnes consciences en mal de vécu sentimental.

Un disque : DuffstepGetting To Sirius (Join The Dots)

04 On & On by Duffstep

04/03/2011

Alpha 2.1 – Infinity

alpha21.jpgGrosse poilade du mois (et fous rires de consternation lors de la dernière réunion de la rédac’ de RifRaf), la scène belge francophone nous inflige deux énormes daubes pour le prix d’une en un seul mois. A ma gauche, Charles Blistin (ex-Tellers) se prend pour le Bob Dylan de 1962 alors que sa – comment dire – production donne l’effet d’un poivrot de La Louvière enregistré au fond de son garage après avoir avalé deux boîtes de Valium. A ma droite, les Bruxellois de Alpha 2.1 pondent un gros caca pseudo dance, il ferait passer Sold Out pour Ellen Allien. Lourdingue, ponctué de tics électro bourre-pif qui font définitivement regretter Vitalic ou Apparat, Infinity fait vraiment tordre de rire à son écoute, tellement le recyclage énauuuurme de ses influences (de la funk des eighties à la pop noisy des nineties) déchire les oreilles comme un avion de 11/09 fracasse une tour du World Trade Center. Bouh, même pas peur.

Un disque : Alpha 2.1Infinity (Autoproduction)