04/02/2013

Bee Mask – Vaporware / Scanops

beemask333.jpgVous disiez inépuisable ? Chris Madak, alias Bee Mask, n’a de cesse d’enrichir son catalogue, à raison d’une sortie tous les six mois. Certaines (Canzoni Dal Laboratorio Del Silenzio Cosmico, bof) sont plus dispensables que d’autres (le récent When We Were Eating Unripe Pears) mais la dernière fournée en provenance de son nouveau hébergeur Room40 fait partie des excellents crus. Telle une odyssée fantasmagorique en un monde où tout ne serait que Kosmische et volupté, Vaporware / Scanops évolue entre fantasme seventies assumé et déclinaisons stellaires redoutables, à l’image d’un mariage entre Boards of Canada et Evil Madness. Bordel de Zeus, ça fait rudement du bien par où ça passe – je dirais même plus, album de Kosmische de l’année !

 

Un disque : Bee MaskVaporware / Scanops (Room40)

Grischa Lichtenberger – And IV [Intertia]

grischalichtenberger.jpgMine de rien, ça faisait un rude bail qu’on avait plus guère de news tranchantes du label Raster-Noton. Même si la dernière fois, nous avions été servis avec l’incroyablement formidable du feu de Dieu (ça suffit ou vous en voulez encore ?) Winterreise d’AtomTM, ça fout bien la patate de remettre la main sur un disque de l’officine de Carsten Nicolai, d’autant qu’il s’agit de Grischa Lichtenberger dont nous avions déjà goûté à l’EP Treibgut en 2009. Tout en inscrivant dans la lignée techno asséchée de ses comparses de label Alva Noto, Byetone ou Frank Bretschneider ; le producteur de Düsseldorf dévoile sur ce premier opus longue durée une très belle créativité dans la recherche de beats et tempos originaux. D’une franche dynamique où la robotique s’incruste sur le dancefloor pour mieux le dévoyer, l’artiste allemand imprime à ses vingt-et-uns tracks, dont certains dépassent à peine la minute, un sens en zigzags multiples et pertinents. Mieux, tout au long du parcours, la tentation de la monotonie demeure hors-jeu et on est beaucoup plus proche du hat-trick que du renvoi aux vestiaires pour non-combativité. Deutschland regiert !

 

Un disque : Grischa LichtenbergerAnd IV [Intertia] (Raster-Noton)

01/02/2013

Blackie & The Oohoos – Song For Two Sisters

Blackie & The Oohoos - Song For Two Sisters.jpgRéponse belge à Mazzy Star, Blackie & The Oohoos inscrit ses gènes dans la dream pop, genre très encombré depuis l’avènement au plus haut des cieux de Beach House. Loin, toutefois, d’être de simples suceuses de roue à l’inspiration provinciale, les deux frangines Loesje et Martha Maieu, joliment secondées par Pascal Deweze (Sukilove, Broken Glass Heroes), explorent les interstices entre Twin Peaks et Portishead, tout en évitant la guimauve romantique neuneu. Du haut de leurs voix, angéliques et malicieuses, on les imagine échappées d’une photo de David Hamilton, qui aurait troqué pour l’occasion les bords embrumés d’un lac frisquet au backstage intimiste du Vooruit. Pour grincher un peu, on ajoutera que mélodiquement, le travail n’est pas toujours forcément accompli, mais dans la petite trentaine de disques que votre serviteur a ingurgités en ce mois, l’objet lorgne sans fausse modestie une place dans le premier tiers.

 

Un disque : Blackie & The OohoosSong For Two Sisters (Unday Records)