10/03/2009

Buraka Som Sistema – Black Diamond

Buraka Som Sistema - black diamondA l’heure où le label Soul Jazz se lance dans une compilation absolutely gorgeous de la culture dancehall entre 1983 et 2008, résonne le Lisbon Calling des Buraka Som Sistema, il n’est pas produit par le label londonien Fabric pour les fesses de sœur Linda. Complètement détonnant et machiavélique, le son du kuduro explose à la gueule, dépote les coincés de la bite et ensorcèle la congrégation de loubards pervers qui sommeille en chacun d’entre nous. Irrésistible, secouante comme c’est pas permis de remuer du cul dans le métro à 17h30, la musique du combo d’entre Lisbonne et Luanda explose toues ses sources – le dancehall, l’electro dance made in Brazil, les rythmes angolais, la techno, la drum’n’bass, zyva pour la suite – pour te péter dans le slip, et c’est à ranger les CSS au rang d’aimable thé dansant dominical sur les genoux de mamie Josiane. Ca se dit comment en portugais, check this out ?

 

Un disque : Buraka Som Sistema Black Diamond (Fabric)

09/03/2009

Les Smooyoyo, oh oh

lessmooyoyoTout est parti d’un fouillage de bacs en règle au festival Kraak, entre une misère Wavves à deux neurones jouée sur des accords plombés fin seventies (quelle  désastre !) et le très hypnotisant duo australien Fabulous Diamonds (doivent être parfaits au bout de trois joints, ceux-là). D’un disque d’Anne Laplantine de 2004 inconnu en ces lieux, écouté et apprécié en cette matinée ensoleillée. Un détour par le MySpace de la dame ex-berlinoise plus tard, un coup de clique nous embarque du côté du – très – mystérieux Les Smooyoyo, sa chanson italo de bout de monde cramoisi et son labyrinthe noisetronica entre jardin d’enfants et expérimentations fififitrrrtrrr.

07/03/2009

Jacob Kirkegaard – Labyrinthitis

jacobkirkegaard-labyrinthitisCela paraîtra surprenant à beaucoup, l’année 2008 qui s’est achevée a été marquée par deux disques importantissimes, dont le travail dans les sons suraigus a mis à mal les tympans de leurs auditeurs, tout en leur donnant une énorme claque dont ils ne sont pas tout à fait remis. Première de cette monstrueuse épopée orthophonique aux limites de l’audible, ça ne la rend que plus fascinante, Arrowhead de Prurient nous avait déjà complètement scotchés sur notre chaise, elle-même soumise à l’impitoyable travail de son géniteur, bourreau sonore de génie. Toujours dans la même gamme de hautes fréquences, mais dans un registre beaucoup plus serein de la musique ambient, le Danois Jacob Kirkegaard développe sur sa nouvelle œuvre interactive des sons générés dans ses propres organes internes, créant une réaction audible chez son auditeur. Fondé sur le principe scientifique selon lequel deux fréquences jouées dans l’oreille interne produisent à leur tour une troisième fréquence, le disque – une seule plage d’une trentaine de minutes – se sert de ce produit de distorsion des émissions otoacoustiques (celles qui causent les bourdonnements dans l’oreille), Kirkegaard reproduisant artificiellement les sons dans sa composition pour que l’auditeur finisse par écouter le son de ses propres oreilles. Aussi théorique qu’il puisse paraître, ce discours se révèle heureusement bien plus captivant dans son application pratique, grâce aux variations à l’infini des hauteurs de ton, qui embaument leur auditeur dans une hypnose à hautes fréquences totalement antispasmodique.

 

Un disque : Jacob Kirkegaard Labyrinthitis (Touch)

05/03/2009

Extrawelt – Schöne Neue Extrawelt

schoeneneueextraweltAu fil des années, les sorties Cocoon Recordings – le label de Sven Väth, pour rappel – ne perdent pas en qualité, que du contraire. Ceux qui ont la chance de posséder l’excellent Animals des Suédois de Minilogue le savent, les sorties de la structure allemande sont marquées du double sceau de la qualité musicale et de l’exigence artistique, tout en demeurant de redoutables machines dancefloor à faire pâlir de jalousie Paul Kalkbrenner. Projet des deux producteurs de Hambourg Arne Schaffhausen et Wayan Raabe, Extrawelt sort tout simplement du lot de la masse des productions techno, minimale ou non. D’une classe infinie, les douze tracks de l’album intègrent en toute franchise sensorielle l’esprit du label de Valgeir Sigurdsson au son léché de Mia (la Colonaise de Berlin, pas la Sri-Lankaise de Londres) mais aussi du Mr Oizo anno 1997. D’entre toutes les merveilles enfilées sur le disque, nous nous en voudrions de ne pas mentionner l’incroyable One Tree Hill, que nous proclamons plus grande réussite de la rentrée 2009, tant ses volutes de synthés mêlées à une mélodie kraftwerkienne nous ont plongé dans la plus grande extase. On disait encore, plus fort ?

 

Un disque : Extrawelt Schöne Neue Extrawelt (Cocoon Recordings)


One Tree Hill - Extrawelt

Wolkenbruch - Extrawelt

04/03/2009

The Incredible String Band en inédits, can you believe it?

Leur nom montrait déjà la voie, celle de l’excellence, The Incredible String Band demeure en cette heure l’un des noms les plus indispensables de la folk music. Tout au long d’une carrière en fin de compte brève (1965 – 1974), sans compter la reformation partielle entre 1999 et 2006, la formation écossaise explorait à tout va les errances magnifiques de la musique hippie, sans jamais se départir d’une vision stylistique hors de tout pastoralisme pour cimetière. Compilation de seize inédits tirés des archives de Witchseason et de Island Records, le double cd Tricks Of The Senses démontre l’intemporalité d’une vision qui a depuis longtemps dépassé les limites étroites de son Ecosse natale.

 

Un disque : Amplifier MachineTricks Of The Senses (Hux Records)

03/03/2009

Amplifier Machine – Her Mouth Is An Outlaw

amplifiermachine-hermouthisanoutlawL’Australie, quelque part du côté de Melbourne, en 2002. Trois camarades de jeux, James Dixon au Korg, à la guitare et au piano, Seth Rees aux percus et au violon, et Alex Jarvis à la guitare et à la batterie, décident de joindre sous la bannière Amplifier Machine leurs efforts, atmosphériques et vaporeux. Six années passent, le label new-yorkais 12K s’est complètement affirmé dans une veine ambient plus (Giuseppe Ielasi) ou moins (Christopher Willits + Ryuichi Sakamoto) passionnante, prendrait-il une autre route sur cette bouche hors-la-loi qu’on imaginerait volontiers sur Type ? Possible, le post-rock très étiré et éthéré des trois Aussies évoquant les guitares brumeuses de Sickoakes revues et corrigées par Machinefabriek, le tout embrigadé dans un jeu de déconstruction sonore où à tour de rôle, le troisième larron s’amuse à retoucher les idées de ses deux comparses. Cela nous vaut des moments d’une langueur interminable (Pockets Full Of Red Dirt), mais aussi des temps forts d’une captivante beauté embrumée, d’un niveau rarement atteint au sud de Xela et de Julien Néto (Poor People In Church). Avant tout, c’est le remarquable déchirement mélodique de l’introductif Her Mouth Is An Outlaw qui retient l’attention, à la première écoute comme à la dixième, la colère rentrée de sa mélodie développée sur des arpèges de guitare électrique demeurant à jamais ancrée dans une mémoire peuplée de souvenirs incompressibles.

 

Un disque : Amplifier MachineHer Mouth Is An Outlaw (12K)

Her mouth is an outlaw - Amplifier Machine

Poor People In Church - Amplifier Machine

02/03/2009

Condo Fucks and rocks

condofucks-fuckbookEn plein trauma post-I Am Not Afraid of You and I Will Beat Your Ass, dernière contribution en date (2006) – et laquelle – des rockeurs de Yo La Tengo? La solution existe, elle porte un autre nom, le révélateur Condo Fucks, celui sous lequel le trio de Hoboken, NJ, s’était dissimulé à l’affiche du Magnetic Fields voici un an. And they still fuckin’ rock, no doubt about that...

 

En écoute sur le label

Un disque : Condo FucksFuckbook (Matador Records)

01/03/2009

Fever Ray, fièvre noire

feverrayMaman de deux enfants, moitié de The Knife aux côtés de son frangin Olof, la Suédoise Karin Dreijer Andersson alias Fever Ray remplit sa vie de sons – une voie médiane entre Fuck Buttons, Björk et un certain minimalisme dark à la Dead Can Dance. Emmitouflé dans sa torpeur noirâtre, son premier effort solo éponyme ne cherche pas à faire le malin, reste à nous imposer à lui.  

 

Un disque : Fever Rays/t (Rabid Records)


When I Grow Up - Fever Ray

If I Had A Heart - Fever Ray

Triangle Walks - Fever Ray

28/02/2009

Humcrush – Rest At Worlds End

humcrush-restatworldsendInutile de le rappeler – si, quand même – la Norvège est sans doute le pays où le jazz prend ses extensions les plus intrigantes, elles en sont d’autant plus redoutables d’inventivité. On ne le répétera jamais assez, le tout récent IIIIIII du quatuor Lemur, fort d’un équilibre magique entre ses membres, est un disque à mettre entre toutes les oreilles un jour tombées sous le charme de Supersilent. Membre du plus célèbre des combos de jazz expérimental du pays des fjords, son claviériste Ståle Storløkken est associé au batteur / compositeur Thomas Strønen sur ce projet Humcrush, dont le présent est le reflet de performances de concert données aux quatre coins de la patrie de Erlend Øye. Musicalement, la collaboration entre les deux musiciens fonctionne à merveille, la batterie de l’un, tantôt plus percussive, tantôt plus caressante, trouve un contre-point idéal en les claviers du second. Très variées sont également les atmosphères, entre secousses à la MoHa! ou à la 16 17, abstractions presque ambient et dynamisme supersilencien, et ces quelques lignes rendront sans doute une bien faible justice à la créativité infinie d’un duo qu’on espère voir passer en nos terres un de ces jours.

 

Un disque : HumcrushRest At Worlds End (Rune Grammofon)

27/02/2009

Black Dice au repo

blackdice-repoLes premiers albums de Black Dice l’ont démontré, sans même parler de l’extraordinaire Dead Drunk de Terrestrial Tones, les folies soniques insensées ont toute leur place dans l’univers démantibulé des frangins Copeland. Cinquième – ou sixième, whatever – effort des cinglés yankees, Repo laisse toutes les portes ouvertes à leur démesure, à nous de nous engouffrer sans peur ni reproche, le 7 avril venu.

 

Un disque : Black DiceRepo (Paw Tracks)


Nite Creme - Black Dice

Earnings Plus Interest - Black Dice

Chicken Shit - Black Dice