05/12/2008

Laura Gibson – If You Come To Greet Me

lauragibson-ifyoucomeAussi méconnue chez nous que sa folk music est recommandable, l’Américaine Laura Gibson soutient, sans hésitation aucune, la comparaison de la grande Julie Doiron, tant ses inflexions ravageuses de sensibilité perlée l’amènent au nirvana sensible de notre Canadienne préférée. Produite par Adam Selzer (Norfolk & Western), oui tout de même, et joué par une huitaine d’excellents musiciens dont Peter Broderick, le disque fait partie de ces trésors trop bien cachés de la musique américaine, celle qui nous a révélé Alela Diane et Mariee Sioux. Traversé d’onze titres tous plus impeccables les uns que les autres, certains atteignant un degré d’émotion triste à se jeter d’un pont tant c’est beau (Nightwatch, sa guitare, sa scie musicale), d’autres perfectionnant une mélancolie joyeuse des frimas automnaux (Broken Bottle). Le plus miraculeux étant le naturel de la jeune Laura, jamais bobo pleurnicharde, jamais pimbêche revendicative. Quelquefois, la ballade se fait même bucolique et tendre, toujours entre amis de bonne compagnie (Small Town Parade), comme nous partagerons volontiers leur quignon de pain et la chaleur de leur présence humaine.

 

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Un disque : Laura GibsonIf You Come To Greet Me (Borne Recordings)

Stereo Image, vague souvenir des Junior Boys

stereoimage-stEn d’autres temps moitié des vénérés Junior Boys, le gars Johnny Dark entame une résurrection électro-pop, rejoint dans l’aventure Stereo Image par le chanteur San Serac. A l’heure où Jan St Werner des Mouse On Mars développe un alléchant projet solo sous le moniker de Lithops (album sur Thrill Jockey à venir en janvier !), la certitude de détenir un jalon essentiel de la musique de notre temps est toutefois très relative, pour ne pas dire plus (ou moins). Miss Jeremy Greenspan (chanteur des Junior Boys, pour rappel), anyone ?

 

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Un disque : Stereo ImageJust A Souvenir (Frog Man Jake Records)

04/12/2008

Squarepusher – Just A Souvenir

squarepusher-justasouvenirMine de rien, l’histoire de Squarepusher remonte déjà à 1996 – putain, douze ans – au cours desquels il s’est fait un nom très remarqué dans le grand monde de l’IDM, d’abord sur Rephlex pour son opus originel, sur Warp ensuite. Toujours actif sur la structure d’Autechre et Prefuse 73, Thomas Jenkinson en est aujourd’hui à la onzième étape solo d’un parcours qu’il mène avec brio, ne se contentant pas de compiler les beats dansants mais proposant une vraie recherche musicale aux confins du jazz et de la musique concrète. Une fois de plus, mais pas une fois de trop, le producteur britannique varie les styles et les effets, passant d’une électro pop presque glitch (Star Time 2) à un jazztronica dance qui fout une énorme claque stylistique aux spécialistes du buzz très con Justice (The Coathanger). Empreinte d’un humour space pop qui présente un Venetian Snares batteur de notes bleues en sourdine aux Daft Punk (l’étonnant A Real Woman), Jenkinson incorpore en toute humilité l’héritage dynamique de son ami Aphex Twin, tout en incorporant des titres plus abstraits qu’un Pierre Bastien devenu guitariste ne renierait pas. L’occasion nous rappelle également que Squarepusher est un formidable musicien, doté d’un sens aigu des musiques improvisées (Potential Govaner ou comment Thomas Dutronc est un jazzman imposteur) et amplifiées (Planet Gear, un brin trop confus, toutefois, trop d’idées tuant les idées). Pas toujours d’accès aisé, certes, Just A Souvenir apportera toutefois un florilège de sensations fortes, entre émotions secouées et recherches du second degré, dont peu de noms connus osent se faire le commanditaire.

 

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Un disque : SquarepusherJust A Souvenir (Warp)

02/12/2008

AGF, en dragon du dance floor

agf-dancefloordrachenLe nom d’AGF, alias initialisé de la Berlinoise Antye Greie, sonne d’une familiarité très relative, sans guère de rapport avec les immensément populaires Radiohead. Dans la démarche de sa distribution, son cinquième effort Dance Floor Drachen s’inscrit toutefois dans une même démarche de distribution, le téléchargement libre où qui veut bien passe à la caisse. Directement écoutables depuis ce site, les tracks de la productrice née en RDA intègrent subtilement l’héritage de Matthew Dear et de Gustav, tantôt electro pop, tantôt electronica minimaliste, haute teneur en classe assurée. Allez, on fait péter le compte Paypal, c’est bientôt la Saint-Nicolas…

 

Un disque : AGFDance Floor Drachen (AGF Producktion)

01/12/2008

Ricardo Villalobos, immer wieder

ricardovillalobos-vascoInutile de la rappeler, la toute grande classe de Ricardo Villalobos? Tu les entends, ces beats de minimale sexy, tu les sens, ces good vibes from Berlin? Tu te balances, affirmatif? Alors, acccroche-toi à ton laptop, petit chenapan et, surtout, enjoy.

 

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Un EP : Ricardo VillalobosVasco (Perlon)

Yuko – For Times When Ears Are Sore

yuko-fortimeswhenearsaresoreOyez oyez bonnes gens, sortez les flonflons (acid) folk, tentez les mélodies indie pop, un compatriote belge relève le gant de la concurrence internationale, haut la main encore bien. Ce jeune homme très plat pays, c’est le jeune Kristof Deneijs, ancien étudiant en photographie à Gand et actuel membre des collectifs belge Rarefish et français Haiku Bang. Il est surtout l’auteur – sous le pseudonyme japonisant de Yuko – d’un très joli premier disque, impeccable de bout en bout. Ses onze titres, s’ils sont globalement de la plus haute veine harmonique, n’oublient toutefois ni les mélodies à la Radiohead (There’s A Limit), ni les madeleines shoegazing à la Ride grondant la guitare acoustique de Greg ‘Espers’ Weeks (le splendide No Trees Up Here). Produit par le trop méconnu génie Wim Maesschalk (aka Wixel), chanté sur un mode mineur très Morr Music qui n’enlève rien à se pertinence ni à son excellence, For Times When Ears Are Sore trempe sa plume dans une émotion instrumentale peu commune (Peuchttücher). Histoire de jouer au grincheux, on pointera bien quelque raideur vocale (Noone Here To Hug), c’est bien peu de choses en regard des indispensables échos de The Notwist peuplant un opus aux palmes d’argent.

 

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Un disque : YukoFor Times When Ears Are Sore (Debonair Recordings)

30/11/2008

Minus Pilots, le mystère du minimalisme

minuspilots-superriorproofofcinemaFort peu de choses sur Minus Pilots, groupe ambient minimaliste britannique, tu liras, preuve de curiosité positive tu feras. Et le disquaire Norman Records, tu remercieras, c’est son disque de la dernière semaine de novembre.

 

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Un disque : Minus PilotsSuperior Proof Of Cinema (Panic Arrest)

Antony & The Johnsons - Another World EP

antonyandthejohnsons-anotherworldNous sommes en 2050, quelque part entre Mars et Monceau-sur-Sambre. Demi-siècle aidant, le JDBV de service passe en revue les noms qio ont compté en ces cinq décades marquées par la disparition définitive du support physique, seuls quelques nerds déphasés continuant d’encombrer leurs appartements de piles gigantesques entassées sur d’antiques armoires Ikea. Homme ordonné, notre esthète musicien débute par la première lettre, décorée d’un élégant baroquisme en parfaite adéquation avec la subtilité vocale d’un certain Antony Hegarty, incontournable androgyne dont le timbre de contralto marqua son temps, notamment sur un second album I Am A Bird Now vite légendaire. Nous sommes bientôt en 2009, un nouvel EP Another World bouleverse autant qu’il convainc, il nous dévoile surtout l’immense richesse d’un artiste dont le chemin n’a pas fini de nous surprendre. Hope there is someone who takes care of me.

 

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Un mp3 : Antony & The Johnsons Another World

Un EP : Antony & The Johnsons Another World (Rough Trade)

28/11/2008

V/A – Âme – Fabric 42

ame-fabric42Vous hésitez entre séjour club house et écoute home techno ? Ca tombe bien, le duo allemand Âme a pensé à vous pour la quarante-deuxième livrée de la fameuse série Fabric. Aux manettes d’un mix très recommandable, sans pour autant atteindre les sommets habités par Ellen Allien et Ricardo Villalobos, Kristian Beyer et Frank Wiedemann conjuguent une majorité de titres techno house teutonne, certains très réussis comme le Wighonomy Brothers Remix du That’s A Nice Way To Give Me Feedback de Minilogue ou du très dansant et angoissant Six Ten  de 76 79, l’un ou deux plus dispensables à l’instar de Hear The Sun, hymne lounge bizarrement placé en ouverture. Globalement destiné aux fans de Henrik Schwarz, par ailleurs présent en dixième position (en collaboration avec Âme et Dixon), le disque se poursuit en beauté, en particulier sur l’enchaînement très sensuel d’un Matthew Styles – oui encore un Berlinois - et de The Symphony de KB Project. Pour un voyage de Karlsruhe à Londres qui vaut le détour.

 

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Un disque : V/A  Âme – Fabric 42 (Fabric)

20:47 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : critique, techno, fabric, me |  Facebook |

François Virot, première

francoisvirot-yesornoActiviste indie pop au parcours parsemé de mille et une démos überconfidentielles, le Lyonnais François Virot extirpe – enfin ! – de sa tanière écorchée un premier album, aussi attendu dans la branchitude qu’il restera confidentiel dans le mainstream. Outre la confirmation possible, l’avenir le confirmera, de sa talentueuse tension musicale, l’objet nous vaut la renaissance du label Clapping Music, muet depuis le disque de Ramona Cordova. Qui s’en plaindra ?

 

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Un disque : François Virot Yes Or No (Clapping Music)