06/10/2008

Detroit Grand Pubahs, du rire au cul

detroitgrandpubahs-nuttinbuttfunkAmateurs de pipes baveuses – en se bidonnant, c’est mieux – réjouis-toi, détends-toi, caresse-toi, jouis sur toi, le duo le plus comico-sexy de la planète est de retour! Trois ans qu’il nous avait plantés au bord de la route, bite ballante et libido bernique, alors que c’était pour mieux confondre testostérone et gaz hilarant, déhanchement de mâchoire et main au cul. Vite, un froc moule-bite.

 

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Un disque : Detroit Grand Pubahs Nuttin Butt Funk (Deletefunk)

05/10/2008

Serafina Steer, esprit public

300x300Associée pour de bon à Joanna Newsom, la harpe a bien de la chance. Entre les doigts de la géniale Californienne,  l’encombrant instrument picore de ses notes pincées l’univers fantasmagorique de ses short stories décalées. Entre les mains de la magnifique Anglaise Serafina Steer, des mélopées folk d’un autre âge côtoient une modernité spoken word d’une tendre discrétion, qu’un tout récent EP vient confirmer de belle manière. A quand l’album ?

 

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Un mp3 Serafina Steer Eggs

Un EP : Serafina SteerPublic Spirited (Static Caravan)

 

En clip : Serafina SteerPublic Spirited (live)

 

 

04/10/2008

Hair Police, mauvais pour le karma, bon pour les oreilles

Hair Police - Certainty of SwarmsFaibles de coeur, passez votre chemin, bouchez vos pavillons, le furibard trio Hair Police (Mike Connelly de Wolf Eyes, Trevor Tremaine de Death Unit et Robert Beatty) est de retour, cette fois pour une véritable sortie ‘officielle’. Toujours aussi hantée des maléfiques satans peuplant les nuages sombres d’Earth à la poursuite de KTL et des Terrestrial Tones, sa machinerie putride vitupère des relents d’exorcisme gastrique fascinants de rage abstraite et c’est aussi prenant qu’inquiétant. Une idée pour un prochain concert Kraak ?

 

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Un disque : Hair Police Certainty Of Swarms (No Fun)

 

En clip : Hair Police at Radio Centraal Antwerpen

 

 

03/10/2008

Boduf Songs – How Shadows Chase The Balance

bodufsongs-howshadowsLa seconde sortie du Britannique Mathew Sweet – appelez-le Boduf Songs – pour le compte de Kranky ne trahira pas les idéaux stylistiques du label américain. Empreinte de cette épure stylisée qui fait la marque de fabrique maison, l’œuvre folk fantomatique de Sweet s’inscrit – durablement ? il est trop tôt pour le dire – dans la démarche mystique, tendance ascète, d’artistes telle que Valet la magnétique. Avertie d’une époque qui couronne l’indispensable Six Organs of Admittance, tout en négligeant les trop sages Sufjan Stevens ou James Yorkston (dont nous ne contestons ni le talent, ni la pertinence), l’aventure de l’album tend cependant à se complaire dans un chant quasiment murmuré à la tristesse auto-complaisante (I Can’t See A Thing In Here) dont la mélodie réfractaire suggère trop et dit trop peu. Dans le registre bedroom folk, le Néo-Zélandais Dean Roberts résiste beaucoup mieux à la tentation de la sinistrose surlignée, qu’il ponctue avec élégance là où Boduf Songs se noie. Quelques morceaux superbes toutefois viennent à la rescousse, à l’image du splendide Quiet When Group, sans même parler de la subtilité de textes raffinés et macabres, accompagnés le plus souvent d’une simple guitare acoustique ponctuée d’une électronique aussi précieuse qu’impressionniste. Le tout à déguster par petites tranches, le soir dans le noir.

 

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Un disque : Boduf Songs How Shadows Chase The Balance (Kranky)

Le renouveau de B.Fleischmann?

bfleischmann-angstPour être tout à fait honnête, les disques de B.(ernhard) Fleischmann n’ont jamais tourné en heavy rotation en ces lieux. Trop de froideur, trop de détachement tuaient la démarche originale, certes, de l’Autrichien, perdu dans le dédale câblé de ses machines à l’allure très inhumaine. Désormais adepte d’une démarche plus musicienne sur laquelle rôde l’ombre indispensable de Tom Waits ou Nico, l’homme de Vienne s’est entouré des voix de Sweet William (Ghost) et Marilies Jagsch, sans compter un sample de Daniel Johnston sur Phones, Machines And King Kong. Les extraits sont très prometteurs.

 

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Un disque : B.Fleischmann Angst Is Not A Weltanschauung (Morr Music)

02/10/2008

Hitchcock Go Home – You Cannot Be Serious!...

HITCHC~1C’était en 2004 – une éternité dans le calendrier de la hype – et déjà les Hitchcock Go Home tenaient compagnie à Cyann & Ben, ça s’appelait Yes, You’re Dead. Le temps passé à naviguer entre leur Grenoble natal et leur Paris d’adoption (quatre ans tout de même), les cinq membres du groupe ont pris le temps de peaufiner leurs mélodies post rock, dont n’est exclue ni la douceur du chant de Fanny (A Dawn For Lanark), ni la tentation radioheadienne (Odd). A l’écoute des neuf titres de ce second effort, ils ont rudement bien fait de nous faire patienter, tant la qualité musicale est au rendez-vous. Pour grincher un peu, on pourrait citer deux ou trois détails guère fondamentaux, tel ce chant sur Something You Can’t Hide dont l’admirable partie de banjo cache mal les échos très Matt Bellamy (mais en mode assoupi) de la voix. Une chose ne fera en tout cas pas débat, c’est le travail sonore fouillé du quintet, qui plus est jamais pris en défaut de maniérisme ou de pompiérisme. Tressant des séquences dont le dynamisme tranche dans le vif, à l’image de cette basse qui fait le boulot sur Pale Or Blue ou de ce banjo lumineux sur Where You Are, les Hitchcock Go Home donnent ainsi à leurs chansons les moyens instrumentaux dont tout fan de musique pop devrait avoir envie.

 

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Un disque : Hitchcock Go Home You Cannot Be Serious!... (Drunk Dog)

01/10/2008

Fargo Allstars, un festival, un sampler

fargoallstarsTerre d’accueil d’artistes à l’importance qu’il serait malvenu de discuter, sauf à croire que Jéronimo est le plus grand, le label Fargo Records nous permet à nous, pauvres Européens, de savourer la saveur americana noirceur d’une Jesse Sykes, quand ce n’est la magnifique voix gospel d’Alela Diane, sans doute l’artiste la plus importante de sa nouvelle génération. Dans le cadre de son festival Fargo Allstars – l’affiche est ci-contre – la maison parisienne nous offre la possibilité de télécharger gratuitement le sampler du festival.

 

Rendez-vous sur Believe.fr et tapez le mot de passe fas, vos nom, prénom et adresses e-mail. Le tour est joué, en quatre secondes chrono !

13:16 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : folk, mp3, pop, country, americana, fargo records |  Facebook |

30/09/2008

Lambchop – Ohio

lambchop-ohioUn disque de Lambchop, c’est comme le souvenir – délicieux et mélancolique – du temps qui passe, de ces amis retrouvés et de ces autres perdus de vue. Jalonnant quinze années de musiques américaines pleinement héritières de l’héritage country de Nashville, Tennessee – tout en s’étalant de toute cette délicatesse que seuls les Tindersticks peuvent égaler – l’itinéraire de Kurt Wagner et ses amis s’est fait fort de quelques pépites incontournables, dont la profonde originalité mâtinée d’une soul infiniment touchante s’est particulièrement distinguée sur les albums What Another Man Spills, Is a Woman et le double Aw C'mon / No You C'mon. Successeur du très mitigé Damaged, le dernier venu Ohio redresse la barque en toute éternité, jubilatoire comme elle est triste, cotonneuse comme elle souple. Fort de onze titres dont pas un n’est à jeter aux orties dont se torche l’infect Damien Rice, le nouvel effort du groupe américain fait déjà partie des – très – bons crus de la bande à Kurt, même si la période d’incubation paraîtra un peu longuette à tous ceux qui avaient répandu un torrent de larmes dès la première écoute du Lucky Dog Recordings 03-04 du sieur Stuart A. Staples, leader tindersticksien au demeurant. L’effort vaut toute une constellation de chandelles, toutefois.

 

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Un mp3 (via Captain Obvious) : Lambchop Talk Like A Pirate Day

Un disque : LambchopOhio (City Slang)

29/09/2008

Disguises lève le masque

disguises-postmortemdepressionComplètement bordélique et encore plus à l’ouest que la frontière entre le Yukon et l’Alaska – point le plus occidental de leur Canada natal – le rock post moderne, tendance noise do-it-yourself, des quatre de Disguises transperce de tout son venin paranoïaque les simili-musiciens pop rock qui nous cassent les oreilles depuis un paquet d’années. Là où l’aspect subversif des très crétins Malibu Stacy doit se limiter à oser se foutre un doigt à la confiture de rhubarbe dans le pif en plein milieu du soundcheck au Centre Culturel Guy Mathot, les sombres nuages tapissant l’univers du groupe de Toronto parleront d’évidence aux cinglés du bulbe qui adorent se plonger les viscères dans un bain d’acide Burial Hex vs Prurient, à moins que ce ne soit Drifting Bears Collective vs Yellow Swans. Hell yeah.

 

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Un disque : Disguises Post-Mortem Depression (Wintage)

Riccardo Dillon Wanke, numero uno

riccardodillonwanke-CavesEn pleine effervescence artistique, faudrait-il écrire en totale floraison sonore, la scène electronica du l’Europe méridionale multiplie les expériences, les collaborations et les réussites. Premier essai solo de l’Italien – résident de Lisbonne – Riccardo Dillon Wanke (après l’effort collaboratif Medves en compagnie de plusieurs de ses compatriotes, dont l’indispensable Giuseppe Ielasi), Caves fait partie de ces récentes découvertes dont on risque de ne plus pouvoir se passer. Longtemps, for ever.

 

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Un disque : Riccardo Dillon Wanke Caves (Sedimental Records)