20/09/2008

Un jour avec Juana Molina

juanamolina-undiaLe miraculeux Tres Cosas de Juana Molina restera à jamais un repère de la discographie folk(tronica) – très – moderne, le terme étant bien trop restrictif pour divulguer toutes les joies que ce disque a pu  nous procurer au cours des cinq dernières années. Le mitigé Sol désormais en aparté, l’artiste argentine – beau brin de femme au demeurant – s’apprête-t-elle à nous refaire le coup ? On ne demande qu’à voir, aux alentours du dix octobre. Et espérer.

 

En écoute sur Dotshop

Un disque : Juana Molina Un Dia (Domino)

19/09/2008

Le Son du Grisli compile

b1Lecture musicale dont l’exigence stylistique est à la hauteur de la récompense sonore, Le Son du Grisli propose en téléchargement gratuit une première compilation aux forts effluves de jazz. De la plus haute qualité, foi de Jessica Pavone.

19:30 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mp3, jazz, experimental |  Facebook |

Audrey – The Fierce And The Longing

AUDREY~1L’histoire d’amour entre les quatre demoiselles d’Audrey et le public francophone indie pop démarre en 2006 (alors que les débuts du groupe datent – et oui, déjà -  de 2002). Cette année-là, la formation suédoise défendait son premier album Visible Form sur les lieux de concerts et festivals alternatifs, dont le  désormais défunt RhâââLovely Festival. A l’époque, un quarteron de timides jeunes femmes défendait en – presque – catimini des chansons aux oscillations rock et à la mesure pop. Second effort des Scandinaves, The Fierce And The Longing puise davantage dans le foisonnant vivier indie pop nordique, développant des chansons qu’une première écoute placerait dans l’easy listening, à tort. Car derrière l’apparente fluidité de ses compositions, le quatuor suédois travaille en profondeur des sonorités d’une étonnante juxtaposition musicale. C’est ici un air de trompette à la Belle & Sebastian, là des arpèges de guitare à la Under Byen, ou encore des coups d’archet de violoncelle en forme de Midaircondo. Sans compter les quatre voix qui se relaient au micro, dont celle de Victoria Skoglund, qui rappelle  - ça agace ou ça séduit, c’est selon – une Islandaise dont le nom d’artiste commence par B. Dans tous les cas, une telle musicalité, riche de sa préciosité, est faite pour durer sur le très long terme.

 

En écoute sur MySpace

Un mp3 : Audrey Big Ships

Un disque : AudreyThe Fierce And The Longing (A TenderVersion Recording)

18/09/2008

The Black Twig Pickers

The Black Twig Pickers – Hobo HandshakeAmericana, mais jusqu’à l’os du label Takoma (label de John Fahey), l’univers très roots des Black Twig Pickers – tout simplement génial, ce nom – se peuple (beaucoup) de ces violons country d’une acidité poussiéreuse des vallées appalachiennes de Virginie Occidentale et (un peu) de ces guitares folk en ligne droite du meilleur de John Fahey. Amis et collaborateurs du grand Jack Rose, autre guitariste de renom autrefois associé à Pelt, le trio est une révélation tout à fait majeure. Alors qu’il en est déjà à son quatrième album… 

 

En écoute sur MySpace (+ mp3)

Un disque : The Black Twig Pickers Hobo Handshake (VHF Records)

17/09/2008

Stephan Mathieu au pays de la radio

stephanmathieu-radiolandNommé d’après le morceau Radioland de Kraftwerk (sur l’album Radio-Activity), le cinquième essai de Stephan Mathieu se base, à sa manière, sur les ondes qui nous entourent. Là ou Ralf Hütter et Florian Schneider s’inspiraient des radioéléments, le musicien de Schafbrücke (à côté de Sarrebruck) base sa nouvelle création, d’une légèreté brumeuse absolument fascinante, sur les ondes courtes d’une simple radio. En pleine maîtrise de la situation, plus que jamais au sommet de son art aux traits de drone, l’artiste sonore sarrois démontre – avec énormément d’à propos – que tout est loin d’avoir été dit dans le genre.

 

En écoute sur le label

Un disque : Stephan Mathieu Radioland (Die Schachtel)

16/09/2008

SZ – Autumn Leaves Latin Comes

sz-autumnleaveslatincomesProjet des frangins Franck et Damien Litzler, le duo SZ n’en est pas à son coup d’essai post rock – on devrait plutôt dire post pop, dans notre cas – cette sortie d’automne étant le successeur du double album Home Recording - Live Recording de 2005. Assorti cette fois de samples cinématographiques, de glockenspiel ou de voix espagnoles, le son des deux Tourangeaux relève toutefois plus du catalogue d’idées en vrac, dont le traitement relève plus du principe de la confrontation, voire de l’épreuve de force, que d’une concordance de styles entrechoqués par pur plaisir naïf. Et parfois, il fait bon mettre de l’ordre dans le magma, histoire de ne pas transformer une liste d’options en catalogue de la Foir’fouille.

 

En écoute sur LastFM

Un disque : SZAutumn Leaves Latin Comes (Drunk Dog)

Lindstrøm meuh

Lindstrom-WhereYouGoIGoTooTrès couru comme remixeur – il a entre autres collaboré avec LCD Soundsystem et Franz FerdinandHans Petter Lindstrøm, plus simplement Lindstrøm, se lance dans la grande aventure solo pour un premier album de seulement trois tracks, dont la première Where You I Go Too d’une durée de 29(!) minutes. Adepte d’un style space disco très nostalgique des grands messes de Jean-Michel Jarre (oui, bof) et des délires cosmiques de Manuel Göttsching (c’est déjà mieux), le Norvégien bénéficie en ces derniers jours d’été d’un enthousiasme critique qu’on n’est pas forcément obligé de partager.

 

En écoute sur Plong

Un mp3 : Lindstrøm – The Long Way Home (Prins Thomas edit)

Un disque : LindstrømWhere You I Go Too (Smalltown Supersound)

14/09/2008

Kimya Dawson – Alphabutt

KimyaDawson-AlphabuttLes veinards présents un beau soir d’été 2007 s’en souviennent encore, Kimya Dawson est une maman comblée qui n’hésite pas à balader en tournée sa petite Panda Delilah, deux ans aujourd’hui. Après avoir écrit la B.O. d’un film sur les grossesses adolescences, l’ex-moitié des Moldy Peaches se lance – est-ce bien étonnant ? – dans l’écriture de chansons pour enfants. Certaines d’entre elles sont absolument saisissantes de sincérité décalée, à l’image de ce Bobby-O ou de ce Louie qu’on vous met au défi de ne pas siffloter au bout de six secondes et demie. Loin d’être des mélodies bébêtes qui confondent enfance et mongolisme – pour ça, il y a la nouvelle chanson française – Dawson dévoile la doucereuse vulnérabilité de cet âge insouciant, en apparence seulement. Car derrière les jeux d’enfant se cache la vulnérabilité du futur adulte, celui écoutera plus tard les géniaux Hidden Vagenda et Remember That I Love You. Attention, ce disque est contagieux pour les adultes.

 

En écoute sur Boomkat

Deux mp3 (via Pop Tarts Suck Toasted) : Kimya Dawson Smoothie

Kimya Dawson Little Monster Babies

Un disque : Kimya Dawson Alphabutt (K Records)

 

En clip : Kimya Dawson Bear Song (Live)

 

13/09/2008

Une longue nuit de 18 années

Jim-ORourke-Long-NightA l’heure où la crème de la crème de l’electronica des années quatre-vingt-dix retrouve un sommet plus que jamais stratosphérique, c’est au tour du très majeur Long Night de Jim O’Rourke de refaire la une du département ambient, subdivision drone. Composé de deux très longues pièces d’un peu moins de quatre-vingt minutes chacune, l’œuvre du musicien américain – enregistrée en 1990 – prend plus que jamais son sens à l’heure où Eliane Radigue voit peu à peu s’élever la statue qui la verra côtoyer Luc Ferrari et Tony Conrad. Absolutely essential, in other words.

 

En écoute sur Boomkat

Un disque : Jim O’Rourke Long Night (Streamline Records)

Prurient – Arrowhead EP

prurient-arrowheadLa légende – bien joli nom pour une simple feuille de presse – prétend qu’un passager d’un vol Milan-Vienne s’est un jour plaint de sifflements aigus dans le système de climatisation de l’avion. L’anecdote est tout à fait plausible, tant les sons produits par le New-Yorkais Prurient – né Dominick Fernow et boss du label Hospital Productions – soumettent à une extrême tension le système auditif de toute personne normalement constituée. Dit crûment, on pourrait penser que l’écoute à volume simplement normal des douze minutes de Sternum constitue une épreuve aux frontières de l’insoutenable, et pourtant. Certes, ces mots pourraient passer pour une épouvantable critique négative, ils ne font que traduire l’incroyable – les mots manquent en pareilles circonstances – fascination que nous avons éprouvée à l’écoute de ces sonorités suraiguës, aux limites de l’(in)audible, qui transpercent les percussions brutales et les cris de torture en arrière-plan. A peine moins démesurées, les quatorze minutes de Ribcage font penser à une aciérie en folie et les quatre minutes du final Lungs évoquent le bruit d’un réacteur capté à trente centimètres. Quant à toi, ami lecteur, habitué que tu es à la radicalité du label Editions Mego, tu ne perds rien pour entendre.

 

En écoute sur Boomkat

Un disque : Prurient Arrowhead EP (Editions Mego)