14/08/2008

Hilde Marie Kjersem, from Ålesund

hildemariekjersem-akillerforthatacheA l’évidence, la ville norvégienne de Ålesund captivera plus l’amateur de fjords et d’art nouveau que le festivalier pukkelpoppien en mal de bière tiédasse hors de prix. Originaire de cette aimable bourgade du nord-ouest de la Norvège, la jeune – 27 ans – singer songwriter Hilde Marie Kjersem pourrait bien attirer dans ses filets tous les adorateurs, certes peu nombreux, de Susanna Karolina Wallumrød et Mia Doi Todd. Dit plus simplement, affaire à suivre. De tout près.

 

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Un disque : Hilde Marie Kjersem A Killer For That Ache (Rune Grammofon)

 

En clip : Hilde Marie Kjersem Fantasy

 

Denys Vinzant - D’Ore Et D’Espace

denysvinzant-doretedespaceEndroit idéal pour terminer ce parcours comme toujours insolite, la Machine à Eau héberge, outre le Sonic Loft d’Alexandra Dementieva (un parcours labyrinthique aux déclinés bruitistes), la réussite du festival, au-delà de toutes les autres (et elles sont nombreuses). Intitulée D’Ore Et D’Espace, cette installation du compositeur français Denys Vinzant – un nom à retenir absolument, alors qu'il est né en 1955 – s’appréhende dans toute sa sensuelle légèreté, précieuse comme l’eau, musicale comme le cristal. Au-delà du fabuleux travail sur les harmonies, qu’on pourrait écouter des soirées entières, cette élégie des gouttes d’eau et des perles de pluie justifie à elle seule le déplacement dans la capitale du Hainaut belge. A l’année prochaine !

13/08/2008

Yasushi Yoshida – Little Grace

yasushiyoshida-littlegraceTantôt lyriques, sans tomber dans le piège du bavard, tantôt tempétueuses (mais plus rarement), les compositions du Japonais Yasushi Yoshida (né en 1978) font principalement appel aux instruments acoustiques sur ce second effort. Là où voici deux ans, son début Secret Figure passait le piano et le violon à la moulinette de l’electronica, le musicien d’Osaka vogue entre classicisme contemporain à la Gavin Bryars (cette sublime partie de violoncelle sur l’ouverture Permanent Yesterday) et cavalcade rock à la manière d’Efterklang (les rythmes du second titre Greyed). Ancien collaborateur de Her Space Holiday, Arab Strap et de sa camarade de label Piana, Yoshida se complait parfois dans un éther néo-romantique aux effluves compassées (les dix minutes interminables de Thread Still), perdant ainsi le fil d’une conversation que les Suédois de Tape maîtrisent à la perfection sur leur dernier Luminarium. Heureusement, d’autres occasions le montrent sous une lente sérénité magnifique de densité vaporeuse – oui, c’est un oxymore – à l’image des 7’39 du lentissimo Three Winters Our Trace, où un violoncelle, un piano et des percussions rivalisent d’une discrétion belle comme elle est triste.

 

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Un disque : Yasushi Yoshida Little Grace (Noble)

09/08/2008

Essie Jain – In Between

essiejain-inbetweenLes grincheux auront beau railler la préciosité d’Essie Jain, laissons-les baigner dans leur jus de Pauline, et concentrons-nous sur la redoutable sensibilité de sa musique, quelque part entre la grande Sandy Denny et la magnifique Nina Nastasia. Toujours sous le charme de son premier opus We Made This Ourselves, dont le temps ne cesse de vanter les bienfaits, nous retrouvons la songwriter anglaise installée à New York, pour un second essai davantage arrangé (cor, trompettes, clarinette, Rhodes & co). Plus pop, désormais, son univers ose aujourd’hui une ballade que n’aurait pas reniée Melanie si elle avait connu le versant moins baroque de Rufus Wainwright (Here We Go). Bien sûr, d’autres moments plus intimes dévoilent une Essie toujours aussi à l’aise dans le lento pianistique (Please), tandis que d’autres aspects plus surprenants de sa personnalité montrent le bout de leur nez, très mignon le nez, à l’image du très cabaret The Right. Des reproches ? Oh, des détails, une valse hésitation entre délivrance pop et retenue intérieure folk, l’une ou l’autre inflexion vocale aussi. Tout comme il y a fort à parier que dans quelques mois, nous ne retiendrons plus que les grandes qualités d’un disque fait pour durer.

 

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Un disque : Essie Jain – In Between (Ba Da Bing)

Marc Almond, Michael Cashmore, forever

almondcashmore-gabrielLoin d’être la première collaboration entre Michael Cashmore (Current 93) et Marc Almond, Gabriel And The Lunatic Lover est sans doute la plus intense, la plus bouleversante. Hantée de la voix magique de l’ancien Soft Cell, d’un naturel gothique au sommet de son art, l’œuvre est la première d’une série de collaborations entre le chanteur et le guitariste. C’est peu dire que la suite est – très – attendue.

 

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Un disque : Marc Almond with Michael Cashmore – Gabriel And The Lunatic Lover (Durtro / Jnana)

 

En clip : Marc Almond with Michael Cashmore – Gabriel (Live)

 

08/08/2008

Maxime Toussaint - Machine Evolution2 (CitySonics 2008)

maximetoussaint-machineevolution2Ironie sur la surconsommation quotidienne, Machine Evolution2 de Maxime Toussaint a dû faire bondir – d’effroi puis de rire – plus d’un visiteur. Entre humeur cocasse (mais pas potache) et déglingue post-capitaliste, l’artiste belge n’oublie pas l’hommage à Marcel Duchamp, sous la forme d’un urinoir posé au milieu de nulle part. Un nom à retenir, et pas que le premier novembre.

07/08/2008

Mrs Jynx – The Tandoffish Cat

mrsjynx-thestandoffishcatProjet de la Mancunienne Hannah Davidson, Mrs Jynx se retrouve sur la prestigieuse structure Planet Mu, dès son premier disque. Récemment, la direction artistique du label anglais a tapé dans le mille avec The Doubtful Guest, dans un genre certes tout différent, mais il en va tout autrement ici. Là où Libby Floyd déployait une énergie dancefloor très sombre entre acid house, dubstep et techno, The Tandoffish Cat fait la part belle aux atmosphères IDM (think Autechre) et se lance à l’abordage d’une electronica marquée de l’influence d’un certain Richard D James. Toute médaille ayant son revers, le disque ne cherche pas une seule seconde à dévoiler ses influences et il sonne plus comme la somme de quinze années d’electronic music made in England et peine à s’inscrire dans une démarche à l’idiosyncrasie discutable. 

 

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Un mp3 : Mrs Jynx – Time Missed

Un disque : Mrs Jynx The Tandoffish Cat (Planet Mu)

Goldmund aka Helios

goldmund-themaladyofeleganceConnu en d’autres temps sous son pseudo electronica de Helios, Keith Kenniff cache ses atours de pianiste sous le moniker de Goldmund. Signé – et ce n’est pas un hasard – sur le même label que Sylvain Chauveau, le musicien de Boston cultive le goût de la nostalgie défalquée à l’eau de pluie, sans toutefois tomber dans un passéisme verbeux que nous laisserons à l’ennuyeux Peter Broderick.

 

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Un mp3 : Goldmund Image-Autumn-Womb

Un disque : Goldmund – The Malady of Elegance (Type Records)

06/08/2008

Gaël Segalen - Le Delta (CitySonics 2008)

gaelsegalen-ledeltaDes voix – sont-elles réelles ou imaginaires – accueillent dans la Salle des Sacquiaux de l’hôtel de ville de Mons le festivalier, égaré dans Le Delta de Gaël Segalen. Parcours sonore sur les rives du Rhin et du Danube, là où l’est et l’ouest s’entremêlent, quitte à parfois s’entrechoquer, ces field recordings très cinématiques dénouent contrepoint les fils d’une histoire contemporaine de l’Europe, telle une volée de cloches en perspective d’un accordéon diatonique des Balkans. Heureux qui a fait un beau voyage, en quelque sorte.

Christopher McFall

christophermcfallOriginaire d’une banlieue industrielle de Kansas City, Missouri, l’artiste sonore Christopher McFall débusque dans les mille et un bruits qui entourent son environnement semi désaffecté les sons qui composent ses field recordings. Tel un Christian Fennesz de la révolution post-industrielle, celle qui a vu les ateliers quitter l’Occident pour des horizons plus rentables pour leurs actionnaires, il confronte ses enregistrements au regard d’un laptop, pour un résultat d’une remarquable acuité auditive. Elle n’exclut ni l’émotion, ni la réflexion.

 

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Un disque : Christopher McFall – Four Feels For Fire (Entr’acte)