11/07/2008

Matmos – Supreme Balloon

matmos-supremeballoonBonne nouvelle au rayon des jouets électroniques, le duo Matmos n’a pas perdu son sens de l’humour potache. Dès les premières secondes, ce sont des synthétiseurs sortis d’un catalogue Korg – ou Roland, ou Moog – des seventies qui lancent la machine, jonglant à merveille entre déglingue latino (cette rythmique presque salsa) et foutoir analogique (Rainbow Flogs), serait-ce donc la recette du bonheur ? Tout s’enchaîne sur le très pop Polychords, sorte de délire libidineux qui marierait l’Idiology des Mouse On Mars au binarisme d’Harmonic 313. Bien au-delà de son apparente facilité moqueuse, toujours en recherche de subtilités rythmiques que ne renierait pas le duo Jan St. Werner / Andi Toma déjà cité, ce nouvel effort de Martin Schmidt et Drew Daniel débusque les champs expérimentaux de leurs auteurs et tels deux grands enfants, ils s’amusent à relier entre eux des fils fantasmagoriques entre musique baroque (celle de François Couperin, dont ils reprennent Les Folies Françaises au Korg MS2000) et explorations électroniques allemandes à la Dopplereffekt. Un énorme bol d’air, pour le cœur et les neurones.

 

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Un mp3 : Matmos – Rainbow Flag

Un disque : Matmos Supreme Balloon (Matador Records)

 

En clip : Matmos Exciter Lamp And The Variable Band

 

10/07/2008

Silvia Fässler & Billy Roisz – Skylla

fassler-roisz-skyllaEntre monstre sonore et ovni stylistique, le Skylla des très alternatifs Viennois Silvia Fässler & Billy Roisz entre compteur Geiger et Andrei Tarkovsky. La suite sur Octopus.

 

En écoute sur Thrill Jockey

Un disque : Silvia Fässler & Billy Roisz – Skylla (Editions Mego)

09/07/2008

Gudrun Gut aux Bains de Minuit

gudrungut_bainsdeminuitLe jour où un blog élèvera une statue à la gloire d’un(e) artiste, nul doute que ces pages seront parmi les premières à lancer vers le ciel la figure de la grande Gudrun Gut. Véritable institution berlinoise à elle seule, la patronne de Monika sera en live ce samedi aux Bains de Minuit et c’est bien sûr incontournable.

 

Commodor – Driving Out Of Focus

commodor-drivingoutoffocusEn entendant le groupe Commodor, on se dit deux choses. Un, que cette musique n’a pas été composée sur les fameux ordinateurs qui faisaient la joie des ados dans les eighties. Deux, que ce rock couillu gorgé des énervements de Fugazi et de la rage de Shellac doit être américaine. Si le premier point ne fera pas débat, l’origine géographique en surprendra plus d’un, puisque c’est du pays des banques de l’argent sale et de Stéphane Eicher (de Genève, plus exactement) que nous provient cette formation à l’énergie brute et démoniaque. Certes pas toujours d’une très grande finesse (notamment au niveau de la ligne vocale), le son du trio helvétique se caractérise surtout par une puissance assez phénoménale, digne de McLusky et du Dub Trio (pour le jeu de basse de Tim Robert-Charrue), pour huit titres bien balancés. Comme un bon vieux coup de poing au foie.

 

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Un disque : Commodor Driving Out Of Focus (Distile Records)

00:05 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rock, critique, commodor, distile records |  Facebook |

08/07/2008

Stretchandrelax – …/Instead Of Buying Shoes

stretchandrelax-insteadPartenaire du grand Sylvain Chauveau sur le tout récent Roman Anglais (et son spoken word d’une immense délicatesse), Felicia Atkinson, ici complice d’Elise Ladoué, ne pouvait décemment nous décevoir pour sa première collaboration avec le label Nowaki. Disons-le tout de suite, le résultat dépasse toutes les espérances, fussent-elles intransigeantes et d’un accès d’aisance toute relative. Entre les expériences vocales d’une Half Asleep quand elle récite le Nowhere, Somewhere sur son Split LP avec SRX, les clochettes d’une Colleen revisitant l’univers parallèle d’Arca (tiens, encore Sylvain C.), Atkinson et Ladoué font preuve d’un sens absolument saisissant de l’essentiel, en témoigne un étonnant Ah, où tous les trucs les plus agaçants de Camille auraient été expurgés sur fond de quelques notes enregistrées sur dictaphone (comme tout le reste de l’album, du reste). Tout en empruntant à une diversité culturelle qui s’étend des débuts d’Encre jusqu’à l’univers magique du Vibracathedral Orchestra, en passant par le minimalisme dépoussiéré de Richard Crandell (dans sa version la plus bricolo), le duo Stretchandrelax prouve d’éclatante manière que la musique improvisée peut aussi avoir pour cadre une salle de jeux dépouillée pour grands enfants touche-à-tout, mi-sérieux, mi-polissons. Et nous disons encore.

 

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Un disque : Stretchandrelax …/Instead Of Buying Shoes (Nowaki)

03/07/2008

Poney Express – Daisy Street

poneyexpress-daisystreetToi aussi, tu veux te prendre pour Superbus qui veut faire du High Llamas en français? Alors, écoute le premier album des Poney Express et tu te rendras compte à quel point le contenu musical de cette rue aux pâquerettes, pour sympathique et gentillet qu’il soit, mise tout sur les clichés d’une pop music aux effets sixties poussés. Pourtant, c’est le grand Sean O’Hagan qui est aux commandes et de sa part, nous attendions autre chose que cette relecture poussive – et passéiste – des cordes de Burt Bacharach, des guitares d’un Stuart Murdoch tendance americana, conjuguées à des rythmiques gnangnan encore moins recherchées que celles de La Position du Tireur Couché (et oui, c’est possible). Pourtant, le chant doucereux d’Anna Berthe (ex-Têtard) possède son petit côté charmant, les mélodies tiennent globalement bien la route – relevons au passage les grandes réussites Poupée et Les Femmes de Milwaukee, c’est juste que le Louise Attaque Robin Feix (basse, banjo) et ses comparses Charlie Francis et Rob Allum leur fournissent un écrin délavé avant usage.

 

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Un disque : Poney Express Daisy Street (Atmosphériques)

 

En clip : Poney Express Paris De Loin

 

L'été dans le Gas

gas-nahundfernEpoque propice aux rééditions – tout le catalogue Dead Can Dance sur 4AD, par exemple – l’été 2008 rend hommage, il est magnifique, à l’immense musicien allemand Wolfgang Voigt. Figure essentielle de la musique électronique moderne, acteur majeur de notre époque caché sous une multitude de pseudonymes, l’homme de Cologne s’est un jour déguisé en Gas (‘le résultat d’une crise personnelle’ comme il le dit dans le magazine berlinois Mono.Kultur), produisant quatre albums milestones d’une IDM qu’aurait volontiers imaginée Brian Eno. Aujourd’hui réunies en un seul coffret, ces quatre œuvres sorties à l’origine sur le défunt, mais en voie de renaissance, Mille Plateaux (Gas, Zauberberg, Königsforest, Pop) trouvent tout naturellement refuge chez Kompakt, la fameuse structure fondée par Voigt, merci pour elle, merci pour nous.

 

En écoute sur Plong

Un coffret : Gas – Nah Und Fern (Kompakt)

01/07/2008

Cvantez – Yvettela Musipontaine

cvantez-yvettelamusipontaineLes grands espaces de l’Ouest américain chantés dans le français tantrique de Françoiz Breut et d’Autour de Lucie, ça se nomme Cvantez et c’est à lire sur Octopus.

 

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Un disque : Cvantez – Yvettela Musipontaine (Drunk Dog)

18/08 = Stereolab

stereolab-chemicalchordsTraditionnellement amorphe, la saison estivale des sorties attendra bien le 18 août et la sortie de Chemical Cords, le nouveau bébé de Stereolab. Et dire que ça fait passé quinze ans que ça dure.

 

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Un mp3 : Stereolab – Three Women

Un disque à venir : Stereolab – Chemical Cords (Duophonic / 4AD)

12:31 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mp3, pop, preview, 4ad, stereolab, psyche, duophonic |  Facebook |

28/06/2008

Helena & Masaki, Espers & Ghost

helenaespvallmasakibatohEn cette veille de vacances estivales, la paresse t’avait d’abord guidé sur les pas de Klaus Schulze et Lisa Gerrardfan que tu as toujours été de tout ce qui touchait à Dead Can Dance. Quelques ultra-prévisibles échos myspaciens plus tard, tu avais bien vite abandonné cette infâme soupe new age pour essayeurs de canapé Roche Bobois.

 

Puis vint le moment de cette petite voix, humaine et sensuelle, qui te souffla mot de l’imminence – oh, 22 juillet, pas de panique – de la collaboration Helena Espvall – Masaki Batoh. Oui, la violoncelliste suédoise des indispensables Espers et le guitariste (of course) japonais des torturés Ghost. Pour des chansons folk scandinaves dont la première (en mp3 ci-dessous) promet de beaux lendemains en toute humilité.

 

Un mp3 : Helena Espvall & Masaki Batoh – Uti Var Hage

Un disque à venir : Helena Espvall & Masaki Batoh – s/t (Drag City)