29/05/2008

Gustav II

gustav-verlassdiestadtUn décès dans la famille d’Eva Jantschitsch (aka Gustav) ayant provoqué l’annulation de son déplacement au Netwerk un soir de 2006, nous ne saurons jamais si le concert de la musicienne viennoise (à l’occasion de la sortie de son inépuisable premier album Rettet die Wale) méritait le détour. Deux bonnes années plus tard, l’artiste autrichienne change de crèmerie (de Mosz à Chicks On Speed) et c’est pour nous intimer l’ordre de quitter la ville. Rendez-vous le 2 juin pour l’escapade campagnarde.

 

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Un mp3 : Gustav – Verlass die Stadt

Un disque : GustavVerlass die Stadt (Chicks On Speed)

Les Wooden Shjips montent le Volume (1)

woodenshjips-vol1Quelques mois, le temps de te replonger dans un krautrock psyché à haute teneur salace, t’avaient suffi pour rendre les Wooden Shjips indispensables, à un point tel que tu te demandais comment tu avais pu vivre avant. Et pan!, voilà que tu voyais apparaître du bout de ta souris la compilation Vol. 1, un coup à – presque, n’exagérons rien – rétrograder ton intégrale Electrelane vs. Turzi au rang des pires niaiseries d’une certaine scène belge (qui a dit Montevideo ?). Déboulonneurs du No Neck Blues Band et du Drifting Bears Collective, en avant toute !

 

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Un mp3 : Wooden Shjips – Clouds Over Earthquake

Un disque : Wooden Shjips Vol. 1 (Holy Mountain)

 

En clip : Wooden Shjips Dance, California

27/05/2008

Teitur – The Singer

teitur-thesingerAussi surprenant que cala puisse paraître, c’est en ouvrant pour l’ex-staracadémicienne Nolwenn Leroy que le songwriter-songwriter Teitur (prononcez Taïtour) s’est fait un (petit) nom dans l’Hexagone, enregistrant même un duo (Only And One) avec la demoiselle aux splendides yeux bleus. Au départ, rien ne prédestine pourtant le chanteur des îles Féroé à transcender les foules adolescentes, si ce n’est un physique blondinet de jeune premier à faire craquer les plus rêveuses de nos jeunes filles en fleurs. Délicates et empreintes de cette sensibilité nordique qui seyait si bien au premier album de Sondre Lerche (le toujours recommandable Faces Down), les chansons de Teitur Lassen n’ont rien, ou alors si peu, de cette déferlante de guimauve prête à l’emploi que l’on prête généralement aux élevages de batterie industrielle sponsorisée par TF1. Relevée d’arrangements d’une finesse pop éprise de culture anglo-saxonne (Catherine The Waitress, ou comment j’ai présenté Belle & Sebastian à une armée de libellules), sa musique est ponctuée d’une grande propension au lyrisme, qui pourrait même virer à l’affliction si on n’y prenait pas garde (We Still Drink The Same Water). Reste qu’il serait bien sot de bouder un talent scandinave, un de plus diront certains, dont l’univers mi-sérieux mi-grinçant renferme bien des secrets d’alcôve sensuels.

 

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Un mp3 (via Max Bumps): Teitur – Catherine The Waitress

Un disque : Teitur The Singer (Edel Records)

26/05/2008

Ron Geesin, immanquable et réédité

rongeesin-electrosoundBien plus connu – toutes proportions gardées – pour ses activités d’arrangeur (notamment pour la fameuse Atom Heart Mother (suite)

des Pink Floyd), le musicien britannique Ron Geesin fait aussi partie – et c’est là que l’histoire devient intéressante – de ses fous d’électronique qui ont forgé au cours des sixties et seventies des capsules sonores d’une étrange beauté spatiale, aussi intemporelle que novatrice. Réalisé en 1970, Electrosound (dont le vinyl original vaut une petite fortune) fait partie de ses trésors exhumés par le label Glo Spot Records, à qui nous devons déjà l’essentiel Electrosonic de la grande Delia Derbyshire. Amateurs du BBC Radiophonic Workshop, beware…

 

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Deux mp3 : Ron Geesin – Enzymes In Your Ear

Ron Geesin – Duet For Choir And Tunnel

Un disque : Ron Geesin Electrosound (Glo Spot Records)

B R Oad Way – Enter The Automaton

broadway_entertheautomatonQue ce soit en dedans ou en dehors de The John Venture, le hiphoptronica de traviole de B R Oad Way fait encore mouche. La suite sur Octopus, pour un nouveau numéro où plus de 80 chroniques n’attendent plus que votre visite.

 

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Un disque : B R Oad Way Enter The Automaton (Jarring Effects / We Are Unique Records / 6am Prod)

Meg Baird, Sharron Kraus, Bruxelles, 31 mai

krausbairdschipÇa ne fait pas un pli dans la robe de Josephine Foster, il aurait fallu l'inventer, l'ami Maxime Lê Hung s'il n'avait existé. Sinon, qui aurait songé à inviter en nos terres bruxelloises (mieux, molenbeekoises) la splendide – vous lisez bien, splendide – double affiche Sharron KrausMeg Baird. Soit l’auteur du très récent – lisez touchant – The Fox’s Wedding et la magnifique chanteuse d’Espers. Vous avez dit incontournable ?

 

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Un mp3 : Sharron Kraus – Brigid

Deux disques : Sharron Kraus The Fox’s Wedding (Durtro)

Meg BairdThe Fox’s Wedding (Wichita Recordings)

23/05/2008

The Fall au sommet

Thefall-Quand des bandes de nouilles en short fluo se prennent pour des rock stars (hein BB Brunes, hein The Kooks), des vieux de la veille sortent leur 27ème – oui, vingt-septième album – et ils pètent une forme du feu du diable, un an après le toujours très übersexuel Von Südenfed. Et quand éternel rime avec essentiel, on peut compter sur l’indescriptible Mark E. Smith pour assurer le show. ‘Coz he still rules, baby.

 

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Un mp3 : The Fall – Wolf Kidult Man

Un disque : The Fall Imperial Wax Solvent (Sanctuary Records)

Lau Nau de retour

launau-nukkuuTa nostalgie, camarade, remonte à peine de quelques années, un bon millier de jours tout au plus, marqués de l’écoute régulière – et recommandée du seul et unique Kuutarha de la Finlandaise Laura Naukkarinen, alias Lau Nau. Une trentaine de mois plus tard, tu pouvais renaître à la réalité fantasmagorique made by Islaja (ou Marissa Nadler), le second opus de la demoiselle de Kemiö (par ailleurs membre de Kiila et Hertta Lussu Ässä) était tour prêt à débarquer dans ton salon. Où règne déjà une certaine Josephine Foster

 

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Un disque : Lau Nau Nukkuu (Locust)

 

En clip : Lau Nau Painovoimaa, Valoa

 

22/05/2008

GoGooo – Long, Lointain

gogooo-longlointainAlias de l'artiste sonore grenoblois Gabriel Hernandez, vingt-neuf ans à un compteur marqué du sceau de la liberté faite electronica, GoGooo et son premier opus Long, Lointain indiquera à l'auditeur en manque de Sébastien Roux la porte d'entrée du label Baskaru, dont il s'agit de la première sortie 'professionnelle' après quelques sorties sur le web et en CD-R. Profondément imprégné de l'esprit apaisant – ce qui ne signifie nullement que ce disque soit aseptisé – du splendide August de Giuseppe Ielasi, le disque récite entre moult field recordings et splendides traces de mélodies acoustiques (mélodica, guitare, piano, orgue) les randonnées sereines d’une fin d'après-midi aux nuages filandreux. D'un rythme étiré mais jamais complaisant dans son éther, le musicien drômois extirpe de son immaculée douceur – et de son laptop, employé d'une précision parcimonieuse qui frôle la perfection – les restes séduisants d'une musique folk entre F.S. Blumm et Colleen. Nouvelle preuve – depuis Anne Laplantine, en fallait-il vraiment une? – que les machines recèlent une part d'humanité que douze intégrales nouvelle chanson française n'atteindront jamais, les dix titres de l'album entretiennent de maîtresse façon les rapports subtils que l'être humain peut développer avec un environnement affranchi de toute pression urbaine. Sans jamais virer dans une ambient de seconde zone flirtant avec la lounge et, surtout, sans jamais oublier de développer des harmonies à la séduisante croisée des bruits de  la rue et des notes de studio, GoGooo manifeste dès son premier effort une maturité artistique confondante de précision musicale et hallucinante d'honnêteté intellectuelle. Un must en ces temps agités par un président de la république se prenant pour un charretier.

 

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Un disque : GoGooo Long, Lointain (Baskaru)

The Battle of Land and Sea – s/t

battleoflandandseaPour une révélation, c’est une fameuse que cette bataille de la terre et de la mer, duo de Portland, Oregon que maintes critiques dithyrambiques énoncent déjà comme les successeurs de Mazzy Star. Faut dire qu’il a de quoi gaver les gorges chaudes des fans de toutes les Sophie Michalitsianos – aka Sol Seppy – de la terre, le duo Sarah O’Shura (voix, guitare acoustique) et Joshua Canny (guitare électrique, banjo). Langueur intime de compositions qui prennent le temps d’explorer la fournaise qui sommeille sous les tourments ravageurs des Charalambides, calme précaire de mélodies certifiées cent pour cent naturelles, dont les harmonies frisent tantôt au très bon, tantôt au sublime (The Beautiful Ones). Parsemées d’une infime nuée d’indécision acide pour mieux nous faire atteindre l’inaccessible aura du groupe de Hope Sandoval, les huit chansons de ce splendide premier album – on épinglera juste l’une ou l’autre préciosité, histoire de chipoter - fréquentent par intermittence l’inquiétude diffuse des Bat For Lashes et c’est pour mieux atteindre une plénitude acoustique dont on risque de reparler encore longtemps.

 

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Deux mp3 : The Battle of Land and Sea – Saltwater Queen

The Battle of Land and Sea – The Beautiful Ones

Un disque : The Battle of Land and Sea s/t (Notenuf Records)

 

En clip : The Battle of Land and Sea You Are A Sailor